1929 – Surproduction = crise économique !? Comment c’est possible ?

La Grande Dépression des années 1930 n’est pas seulement une conséquence du krach boursier de Wall Street. Elle est le reflet d’un déséquilibre fondamental : une production industrielle en plein essor, mais une consommation qui ne suit pas.

Les années 1930, marquées par la Grande Dépression, plongent le monde dans une crise économique sans précédent. Une dépression globale qui dure une décennie, laissant des millions de personnes sans emploi et des économies dévastées.

Les indicateurs économiques disponibles à l’époque, bien que rudimentaires et parfois incertains, montrent une situation désastreuse. La crise de surproduction est au cœur du problème : l’industrie se développe à un rythme effréné, mais la population ne peut pas suivre en termes de consommation.

Un capitalisme aveuglé par la production de masse.
Le fordisme et le taylorisme, qui dominent alors l’économie, prônent une production de masse. Mais cette expansion industrielle oublie un facteur crucial : les salaires stagnent, rendant impossible une consommation de masse capable d’absorber cette surproduction.

La reprise des activités économiques en Europe après la Première Guerre mondiale, alors que d’autres pays avaient pris le relais de la production mondiale, aggrave encore la situation. Une surabondance de matières premières s’ajoute à une production industrielle en pleine explosion, menant à un déséquilibre économique de plus en plus difficile à gérer.

Le krach de 1929 : symptôme, non cause.
Le krach boursier de Wall Street en 1929 n’est pas la cause principale de la Grande Dépression, mais plutôt le révélateur d’une crise économique latente. La spéculation à Wall Street a amplifié les failles du système, mais elle n’en est pas à l’origine. Le vrai problème réside dans une surproduction que les consommateurs ne peuvent absorber, faute de moyens.

Un siècle plus tôt, des économistes comme Sismondi et Malthus avaient déjà pointé du doigt un danger : la volonté d’acheter n’est pas toujours synonyme de capacité d’achat. Cette mise en garde, largement ignorée à l’époque, trouve une résonance particulière durant les années 1930. La loi de Say, selon laquelle toute offre crée sa propre demande, s’avère en réalité insuffisante pour expliquer les crises de surproduction.

Les théories économiques en échec.
Les théories économiques dominantes à l’époque, qu’elles soient marxistes ou fondées sur les cycles de Kitchin, Juglar, et Kondratiev, adoptent une posture fataliste. Ces théories considèrent les crises comme des phénomènes inévitables du capitalisme, des événements naturels qu’il faut simplement traverser.

Cette approche laisse les économies démunies face à la crise. Sans outils pour contrer les effets destructeurs des cycles économiques, les nations se retrouvent piégées dans un marasme dont elles ne savent comment sortir.

Les leçons amères de la Grande Dépression.
Cependant, cette décennie sombre a permis de tirer des leçons cruciales. Les décideurs économiques comprennent peu à peu qu’il est impératif de développer des politiques contra-cycliques, capables de prévenir et d’atténuer les crises. Il devient aussi évident que certaines décisions politiques, comme la préservation de l’étalon-or, peuvent aggraver les crises plutôt que de les apaiser.

Un tournant dans la régulation économique.
La Grande Dépression a révélé les fragilités d’un modèle économique basé sur une production de masse déconnectée de la réalité des consommateurs. Elle marque un tournant dans l’histoire de l’économie, poussant à repenser les théories et à mettre en place des régulations plus fines. L’objectif est clair : éviter que de telles catastrophes ne se reproduisent.

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