Le 8 juillet 2025, la conclusion de la commission d’enquête sur “l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants” à été rendue publique. On y apprend que ces aides sont d’un moment de 211 milliards d’euros.
TEXTE INTÉGRAL
M / G – Bon bah voilà, grâce a vous Argent Magique ca continue.
G – Vous avez vraiment assuré au niveau du financement participatif. A la fin de la vidéo on vous refait un point sur cette saison 2 !
M – Ouais, mais vous savez qui d’autre à besoin d’argent maintenant ? Qui a du mal à financer sa saison 2026, bah le gouvernement de la France.
G – Pis là il manque des milliards donc… Je recommanderai bien un financement Ulule mais je suis pas optimiste
M – Ou alors… Chais pas ils pourraient couper dans les dépenses comme ils font toujours mais avec un twist. Tient pendant l’été j’ai vu passer ce chiffre 211 milliards ! C’est la somme est allé dans les aides aux entreprises en 2023.
G – 211 milliards ! Ah oui là y a de la marge !
Partie 1 : C’est pas un scandale (c’est quoi une aide aux entreprises ?)
Mise en perspective des 211 mds
M – Alors oui, en juillet, la commission d’enquête du Sénat “sur l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants” a rendu son rapport. Après six mois de travaux, et pas moins de 33 dirigeants de grandes entreprises interrogées, on y apprend notamment que cette commission conclu que les dépenses d’aides publiques aux entreprises (pas que les grandes entreprises finalement, toutes les entreprises) s’élèvent, pour 2023, à 211 milliards d’euros.
Sénat : Aides publiques aux grandes entreprises : conclusions de la commission d’enquête (08/07/2025)
Fabien Gay – Sénateur PCF, Rapporteur de la commission d’enquête sur les aides publiques aux grandes entreprises
10:04 : “Donc aujourd’hui, pour la première fois, les parlementaires et l’ensemble du public peut dire que le un des premiers budgets de l’État, c’est les aides publiques à travers 211 milliards.”
M – Alors, mettons un peu les choses en perspectives. Si on sait où chercher, le site de l’INSEE peut nous donner l’ensemble des dépenses publiques ventilées par fonction. Attention, là dedans il y a pas que l’Etat ! Les “Administrations publiques” c’est l’Etat + la Sécu + les communes, départements et régions.
G – Et là forcément, vous avez envie de chercher la ligne à 211 milliards. Sauf que… Eh ben elle est pas là ! Alors, est-ce qu’il manque une ligne ? L’INSEE a-t-elle oublié de compter des dépenses ? Non, pas du tout. Les 211 milliards sont bien là simplement ils sont répartis un peu partout dans les postes existants.
M – Si on donne des sous à des entreprises pour la transition énergétique par exemple. Ben l’aide sera probablement comptée dans “protection de l’environnement” et pas dans “aides aux entreprises”. Pourquoi ?
G – Tout simplement parce que la catégorie “aides aux entreprises” n’existe pas.
M – Imaginez que quand vous faites vos comptes vous avez les lignes suivantes : transport, logement, courses, loisirs, impôts. Vous n’avez pas de ligne “dépenses polluantes”. Est-ce que ça veut dire pour autant que vous n’en avez pas ? Ou que vous avez mal fait vos comptes ?
G – Non évidemment ! Juste, comme la ligne n’existe pas, ben vous ne pouvez pas répondre à la question. Le Sénat a découvert que c’était pareil pour les “aides aux entreprises”. La ligne n’existe pas. Donc il fallu tout une enquête pour aller fouiller dans toutes les lignes et découvrir ce fameux chiffre de 211 mds d’aides aux entreprises pour l’année 2023
M – A ça il faut rajouter que la majeure partie des “aides” ne sont en réalité pas des “dépenses” mais plutôt un manque de “recettes”. Si on regarde la décomposition faite par le Sénat, il n’y a que 7 milliards de subventions aux entreprises. Le reste ce sont surtout des “dépenses fiscales”, donc des crédits d’impôt ou des taux d’imposition réduits. Et aussi, des “allègements de cotisations sociales”. Donc des autorisations pour les entreprises à payer moins de cotisations que ce qu’elles devraient.
G – Ce que ça veut dire c’est que sur notre schéma, on a “que” 7 milliards d’aides aux entreprises qui se répartissent dans les différents postes de dépenses. Pour voir le reste, il faut faire apparaître les recettes des administrations publiques. 75 milliards correspondent à des cotisations sociales que les entreprises ne paient pas. Et 88 milliards à des taxes et impôts que les entreprises ne paient pas non plus.
M – Voilà ! Donc on “aide” les entreprises principalement en créant des niches fiscales plutôt qu’en donnant des sous.
G – Et si on parle de “dépenses fiscales” plutôt que de “manque à gagner fiscal”, c’est pour souligner qu’on a affaire à une décision politique et pas à un accident de parcourt indépendant de notre volonté.
M – Par exemple si l’année prochaine le gouvernement français décide qu’il n’y aura pas d’impôt sur le revenu, on va parler de “dépense fiscale” parce qu’il y a eu une décision politique, il s’agit d’une forme de subvention des ménages. Par contre, s’il y a une crise économique tellement balèze que plus personne ne peut payer ses impôts sur le revenu alors là, on pourra parler de “manque à gagner”.
G – A noter enfin que les 41 milliards répertoriés en “intervention financières de Bpifrance” sont des prêts accordés par Bpifrance (qui est un genre de fonds d’investissement public). Donc, en fonction du secteur d’activité de l’entreprise “aidée”, la dépense est probablement comptabilisée dans “loisir et culture” ou dans “protection de l’environnement” ou ailleurs. Et dans les recettes, le financement de la dépense vient de “autres”. Parce que, même si la BPI a reçu de l’argent de nos impôts pour démarrer son activité en 2013, ce ne sont plus nos sous qui la financent désormais. Elle réinvestit ce qu’elle gagne et surtout, elle emprunte à moindre coût sur les marchés financiers en utilisant la garantie de l’état. Oui parce que, si ses investissements tournaient mal, c’est bien sûr l’état qui viendrait la sauver.
M – Donc pour récapituler : 41 milliards prêtés par un fonds d’investissement public qui n’est plus directement lié à nos impôts (en tout cas tant que tout va bien). Et 170 milliards d’aides directement financées par l’état. Là ce sont directement nos sous. 7 milliards de dépenses et 163 milliards de “recettes en moins”.
Comparaison aux autres pays
G – Maintenant, la France est-elle la seule à aider ses entreprises ?
M – Pas du tout ! Tous les états du monde font pareil. Aux États-Unis il y a le Inflation Reduction Act ou encore le CHIPS Act qui a permis, par exemple, de verser 8,5 milliards de dollars à INTEL pour construire une nouvelle usine de semi-conducteur sur leur territoire. 28′ Et ce n’est qu’un des nombreux dispositifs mis en place par les Etats-Unis.
G – On sait aussi que la Chine aide à mort ses entreprises. Par exemple, elle a un plan appelé “Made in china 2025” qui a démarré en 2015 et qui – même si on n’a pas de chiffrage précis – a très certainement représenté des centaines de milliards de dépenses publiques injectées dans leurs secteurs industriels chaque année, avec par exemple des aides sur la production d’acier, les voitures électriques, les panneaux solaires et tout un tas de chose !
M – Et nos partenaires européens ne sont pas en reste. On le sait parce qu’il y a un “ministère” rattaché à la commission européenne – la DG concurrence – qui s’occupe de suivre toutes les aides accordées par les états européens à leurs entreprises. Elle a publiée ce graphique pour 2023.
G – Sans compter les aides liées à la crise du COVID, on voit que c’est l’Allemagne qui arrive en tête des aides publiques aux entreprises avec 35 milliards d’€ contre 31 milliards pour la France.
M – Mais attendez, les plus attentifs d’entre vous on peut être remarqué quelque chose.[marquer la pause]
Là sur ce graphique c’est écrit 31 milliards d’aides aux entreprises en 2023 pour la France, mais on vient de dire qu’au Sénat, eux, ils ont trouvé 211 milliards ! J’ai l’impression que c’est pas le même chiffre…
G – Ca c’est parce qu’il y a “aides publiques” et “aides publiques”… C’est pas pareil.
M – Et oui, en fait la DG Concurrence à Bruxelles n’a qu’un seul objectif : le bon fonctionnement de la concurrence en Europe. Donc, par rapport à sa mission, une “aide publique” digne d’être suivie et recensée c’est uniquement un dispositif qui perturbe la concurrence.
G – On va prendre quelques exemples pour que ce soit clair.
M – Le crédit impôt recherche en France c’est un truc qui “coûte” 7 milliards d’euro par an. C’est un crédit d’impôt accordé aux entreprises qui font de la recherche…
G – Ouais enfin “font de la recherche”… c’est connu que les boites n’hésitent pas à frauder tranquillement(21). Et puis on a pas mal de rapports qui montrent que de toute manière ce CIR est relativement inefficace, il ne booste pas tant que ça la recherche… Bref 5′
M – Donc c’est classé comme aide par l’inspection des finance et par la commission du Sénat mais pas par la DG Concurrence de l’UE ! Pourquoi ? Parce ce sont des aides dites “transversales”.
G – Eh oui ! N’importe quelle entreprise qui “fait de la recherche” peut en bénéficier. Puisque ça ne cible pas un secteur d’activité en particulier – genre ça n’aide pas l’automobile aux dépend du train ou de l’avion – et bien ce n’est pas une perturbation de la concurrence.
M – Autre exemple : le CICE annoncé en 2012 par François Hollande
Public Sénat – Conférence de Presse de Jean-Marc Ayrault sur la compétitivité (06/11/2012)
Jean-Marc Ayrault – Premier ministre sous François Hollande (2012-2014)
9:31 : “le gouvernement a décidé de retenir une première mesure massives et sans précédent l’allègement de 20 milliards d’euros du coût du travail”
10:01 : “il portera sur les salaires compris entre 1 et 2,5 fois le smic cela représentera l’équivalent d’une baisse de 6 % du coût du travail
il prendra la forme d’un crédit d’impôt le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi avec un effet immédiat sur les impôts des entreprises”
10:36 :
il incitera les grands groupes dont la réussite fait la fierté de la France à créer et maintenir les emplois en France”“ce crédit d’impôt aura un impact sur toute la chaîne de production en France dans l’industrie comme dans l’agriculture et dans les services est
G – Ce dispositif a été pérennisé par Macron en 2019, ça ne s’appelle plus CICE mais, c’est toujours là, et ça génère un manque à gagné de 20 à 30 milliards d’€ par an pour les recettes de la sécurité sociale.
M – Et bah pareil c’est pas compté dans le graphique de l’UE qui, vous l’avez compris maintenant, ne ressence pas du tout l’ensemble des aides publiques aux entreprises en Europe.
G – Et en fait, et c’est assez dingue, on a personne pour faire ça, ni pour le monde, ni pour l’Europe, ni même pour la France ! La catégorie “aide publique” en elle-même n’a jamais été considérée comme suffisamment importante pour qu’on la crée. Et c’est pour ca que le travail des sénateurs et sénatrices est important.
M – Ils sont parti d’une idée simple : la population a le doit savoir ce qu’on fait des sous qui sont utilisés en son nom. Donc, dès que l’état aide financièrement une entreprise d’une manière ou d’une autre, il s’agit bien d’une “aide” qu’il faut absolument recenser, suivre et évaluer. En suivant ce principe, ils ont relever 2 252 dispositifs d’aides public pour un total de 211 milliards d’euros pour l’année 2023.
Les détails du sénat
G – Et cette superbe démarche de transparence démocratique, vous vous en doutez, a été extrêmement bien reçue, comprise et expliquée au grand public, par – c’est leur métier – certain de nos grands journalistes économiques.
RTL – François Lenglet : 211 milliards d’aides publiques aux entreprises ? « Chiffre complètement bidon » (27/12/2025)
François Lenglet – Journaliste économique
0:22 : “ce chiffre de 211 milliards est complètement bidon. C’est bidon parce que c’est une addition de dépenses complètement hétéroclites. C’est des chou, des carottes et des ognons. […] Les allègement de charges, on peut les voir comme un cadeau, un dû, fait aux entreprises qui ne veulent pas payer la protection sociale, ou comme une aide à l’emploi qui profite à la collectivité, et en premier lieu aux bénéficiaires. C’est la même chose pour les taux de TVA réduite : qui en profite sinon le consommateur ?”
G – Eh ouais… François toujours au top !
M – Nan mais attends… avant de parler de TVA et autres :
[prendre l’air de refaire la liste sans y croire]
“Des choux, des carottes et des oignons…” Pourquoi faudrait pas les compter ensemble en fait ? Genre si tu veux savoir combien coûte ta soupe, il faut bien faire l’addition des dépenses !
G – Ah nan mais Francky n’est pas à une contradiction près. Ce qu’il nous dit en somme c’est qu’une même dépense peut rentrer dans plusieurs catégories. Mais ok… C’est exactement ce que dit le Sénat en fait. On a plein de catégories différentes pour regarder, commenter et analyser ce qu’on dépense. Et ben pour pouvoir faire ça correctement, on voudrait bien une catégorie “aide publique aux entreprises”.
M – Mais donc revenons sur son exemple de la TVA réduite, pourquoi est ce que ça pourrait être compris comme une “aide publique aux entreprises” ?
📺https://www.youtube.com/watch?v=C8BOU0bLTMs
RTL – François Lenglet : 211 milliards d’aides publiques aux entreprises ? « Chiffre complètement bidon » (27/12/2025)
François Lenglet – Journaliste économique
C’est la même chose pour les taux de TVA réduite : qui en profite sinon le consommateur ?”
G – On va détailler ce point parce que ça permet de comprendre pourquoi – même du point de vue du sénat – on peut avoir plusieurs définitions de ce qu’est une aide publique. Vous la savez peut-être, les restaurants bénéficient d’une TVA réduite depuis 2009. Vous regarderez sur votre ticket, vous ne payer pas 20% de TVA quand vous mangez au resto. Normalement, cette TVA réduite est une aide pour les consommateurs. Le restaurateur est supposé vous facturer le prix qui couvre ses dépenses et lui assure sa marge, disons 20€. Et par dessus se rajoute une TVA (pour l’exemple de 20% donc de 4€) qui s’en va dans les caisses de l’état. Du coup, si la TVA passe à 10%. Le restaurateur devrait garder ses 20€ et facturer 22 au total au lieu de 24.
M – Sauf que, en vrai, les restau ont plutôt maintenu les prix à 22€ et ils ont empoché les 1€ de réduction de TVA en bonus dans leur marge, comme l’indique un rapport de l’IPP 30′ Et vous savez qui a déjà pointé ça du doigt en 2020 ?
📺https://www.tf1info.fr/politique/video-faut-il-baisser-la-tva-pour-relancer-la-consommation-la-mise-au-point-de-francois-lenglet-2159129.html
TF1 – JT du 20h (12/07/2020)François Lenglet – Journaliste économique
1m00 : “Le problème c’est qu’on a déjà essayé, en baissant la TVA sur la restauration, c’était en 2009 en pure perte. à l’époque la baisse avait largement profiter aux restaurateurs mais pas à l’emploi qui n’avait pas sensiblement progressé, et pas davantage au client qui n’avait pas vu leur adition diminué”.
M – Quand François tacle François. J’adore.
M – Donc selon François Lenglet de 2020, les baisses de TVA peuvent être comptabilisées dans les “aides aux entreprises”. Mais histoire d’être bon joueur, la commission propose quand même une définition plus restreinte dans laquelle elle a enlevé notamment les baisses de TVA et les prêts de BPI France. Là on tombe sur 108 milliards d’aide. Pourtant, et c’est très important de le rappeler, malgré les différences d’opinions des membres de la commission…
[à dire lentement]G – On a quand même un président LR… qui a bossé avec un rapporteur Communiste… Joli grand écart !
M – Exactement ! Malgré ces différences donc, c’est bien le chiffre de 211 milliards qui a fait consensus parce que c’est lui qui permet au mieux de faire l’inventaire d’une ligne de budget jusque là non répertoriée ! Avec on le rappelle, pas moins de 2 252 dispositifs différents d’aides aux entreprises identifiés.
G – Mais attention, ces milliards et cette complexité, c’est pas une spécificité française. On l’a vu, tous les pays aident leurs entreprises. La vraie question c’est : quels objectifs cherche-on à atteindre et est-ce qu’on y parvient ? (ça c’est la question de l’efficacité). Et également, combien ça nous coûte d’atteindre nos objectifs ? (Ca c’est la question de l’efficience).
M – Bon, on va couper court, l’une des grande découverte de la commission d’enquête – qui a choqué tout le monde – c’est qu’il n’y a ni suivi, ni évaluation systématiques des dispositifs d’aide.
G – Donc dans la plupart des cas, on ne sait pas dire si nos aides sont efficaces. Et encore moins si elles sont efficientes. On reviendra sur ce point mais forcément : suivi et évaluation des dispositifs d’aide figurent en gras dans les recommandations faites par le sénat.
M – Pourtant, d’après les grands chefs d’entreprises qui ont été auditionnés…
G – Oui parce que les sénateurs et sénatrices ont entendu une trentaine de chefs d’entreprises de grands groupes français et internationaux.
M – …Voilà donc d’après eux, il n’y a pas besoin de tergiverser. Les aides aux entreprises n’ont de toute manière qu’un seul objectif… Je suis sûr que vous l’avez… : la réduction de l’immense fardeau que représente en France le… coût du travail.
G – Eh oui y a pas besoin d’évaluer quoi que ce soit : embaucher en France, ça coûte trop cher à cause des charges sociales
M – Tu veux dire cotisations non ?
Sénat – Aides aux grandes entreprises : audition de Bruno Le Maire (07/05/2025)
Bruno Le Maire – Ancien ministre de l’économie (2017-2024)
Bruno Lemaire – “Oui, je connais le débat sémantique sur les charges et les cotisation. L’entrepreneur que je suis devenu trouve que c’est des charges.”
G – Donc pour être compétitifs par rapport aux autres pays, il faut que l’état aide les entreprises. Tant qu’on est pas plus compétitif que les autres, faut continuer d’aider voilà.
Partie 2 : Pourquoi on aide nos entreprises
a) Mais peut-on leur faire confiance !?
M – Oui voila, c’était d’ailleurs tout l’objectif du CICE. Réduire les cotisations sur les bas salaires, donc plus de marges pour les entreprises, et donc…. Et donc quoi déjà ?
La musique commence en même temps que le discours de Hollande à bas volume. https://youtu.be/NRN2shsEDJg?si=MDW4JGpLyK4aqPUY montage référence https://www.youtube.com/watch?v=-golirx8xBIhttps://youtu.be/NQPJGWrB8sQ?si=oRex8wF62fRQBGl0&t=85
📺 Public Sénat – Clôture de la rencontre sur le thème « L’Etat se mobilise pour l’emploi” (28/04/2014)
François Hollande – Ancien Président (2012-2017)
https://youtu.be/AfRAS1BONFs?t=313
5:05 “Dans deux semaines, au plus tard, le crédit impôt compétitivité emploi sera versé, certaines entreprises avaient pu en obtenir un préfinancement dans l’année 2013 ; là au plus tard le 15 mai – et je vous demande d’ailleurs de faire les vérifications utiles – au plus tard le 15 mai, toutes les entreprises bénéficiaires, c’est-à-dire toutes celles qui ont un ou plusieurs salariés auront le versement de 4% de leur masse salariale sous forme de crédit impôt compétitivité emploi, le seul plafond étant posé à deux fois et demi le SMIC. Cela sera une amélioration immédiate des marges des entreprises avec cette question qu’a évoquée le Premier ministre : que vont faire les chefs d’entreprise de ce soutien qui n’est pas une aide ponctuelle mais qui est une aide structurelle. Vont-elles augmenter leurs investissements ? Ce serait bon pour la compétitivité et donc pour l’emploi. Vont-elles augmenter les salaires ? C’est une option. Ce serait bon pour le pouvoir d’achat. Vont-elles créer de l’emploi ? Ce serait bon pour la lutte contre le chômage. Il peut y avoir des usages qui méritent d’être ici surveillés mais ne commençons pas à avoir un principe de suspicion. Parce que ce qui compte, c’est le mouvement, c’est l’investissement, c’est l’exportation, c’est l’embauche et la montée en régime du CICE se poursuivra en 2015.”
G – Wow, c’est imparable comme raisonnement… Toute ces questions qui trouvent des réponses ! Il est fort
M – Eh oh ! Il a pas parlé des dividendes là !
G – Les quoi ?
b) La contradiction interne aux aides publiques pour les entreprises
M – Bon d’après ce tableau de France Stratégie, le CICE était supposé agir suivant trois canaux, vous allez voir il y a à manger pour tout le monde :
[Musique qui change pour accompagner le pitch]G – Premier canal “L’effet de trésorerie” : Votre entreprise est à deux doigt de licencier parce que vos marges sont faibles ? Ne vous inquiétez pas. Le CICE apporte de la trésorerie en plus ce qui permet d’éviter le pire et conserver les emplois !
M – Deuxième canal, “la baisse du coût du travail”. La main d’œuvre étant moins chère, votre entreprise peut baisser ses prix tout en conservant ses marges ! Du coup, baisse des prix donc – théoriquement – hausse des ventes. Donc augmentation de la production (pour vendre plus il faut produire plus). Mais pour produire plus il faut embaucher. Et paff : plus d’emplois !
G – Dernier canal : “travail moins cher = plus de marges”. Là on ne baisse pas les prix mais on se sert des marges supplémentaires pour innover. Le “made in France” devient plus désirable, les carnets de commande se remplissent, et les entreprises françaises doivent construire de nouvelles usines et donc, il faut embaucher !
M – De nouvelles usines au Bengladesh, bien sûr, toujours viser le moins cher possible !
[Musique entrainante qui se fige d’un coup après le chut.]G – Non non chuuut… En France les usines
M – Ah on va interdire les délocalisations ?
G – Non mais… “interdire” tu te rends comptes, liberticide ! Faut faire confiance un peu, ne commençons pas a avoir principe de suspicion.
[Musique qui revient]M – Donc vous avez compris c’est infaillible : les entreprises françaises sont rendues plus “compétitives” parce qu’elles reçoivent un booste de bénéfices. Au pire ça préserve des emplois et au mieux ça en crée, vous êtes convaincus ? Nous oui.
(fin du roleplay commercial)
G – Bon allez et si on était un peu suspicieux quand même, où sont les failles de ce raisonnement ? Ben en fait il manque deux canaux. Celui du : plus de marge donc plus de sous de côté pour le “au cas où”, donc ça part en épargne d’entreprise. Et surtout celui du : plus de marges donc plus de dividendes pour les actionnaires. Et bon, vu que les entreprises du CAC40 battent des records de versement de dividendes et de rachat d’actions quasi tous les ans depuis 2014… C’est un canal qui à l’air de pas mal fonctionner quand même, c’est dommage de l’avoir oublié.
source : https://x.com/sebtixier/status/1914670792815661499/photo/1
M – Mais en fait, en plus de ces oublis de canaux, il y a un problème plus profond de compréhension de la théorie économique. C’est ce que nous explique l’unité de recherche de l’Université de Lille du Clersé, dans son rapport “un capitalisme sous perfusion”.
G – Reprenons depuis le début : Pourquoi on veut de l’innovation ?
M – Parce que d’après le modèle de Solow-Swan, la croissance économique viendrait de là. On ne va pas rentrer dans le détail – c’est pas le but de la vidéo – sachez simplement qu’il existe un modèle économique très théorique qui dit que : plus d’innovation = plus de croissance économique. Donc, si les entreprises voulaient de la croissance, elles devraient avoir naturellement envie d’innover. Si elles ne le font pas, c’est surement qu’elles n’ont pas les moyens. D’où le CICE pour les aider.
G – Sauf que ça ne marche pas comme ça ! Les entreprises ne veulent pas la croissance économique du pays, ce qu’elles cherchent c’est plus de profits. Et l’outil qu’elles utilisent pour l’atteindre c’est l’augmentation de la productivité par la réduction des coûts. Les entreprises sont des machines à essayer de réduire les coûts pour maximiser les profits.
M – Bon mais pour réduire les coûts on n’est pas obliger d’innover ! On peut aussi exploiter les travailleurs jusqu’à la corde : augmenter le temps de travail, réduire les salaires, menacer de licenciement toussa toussa… Et si la loi ne le permet pas, on peut délocaliser pour aller le faire là où c’est autorisé.
G – Innover est le chemin le plus long et le plus incertain vers la réduction des coûts. Il faut dépenser des fortunes en R&D, Recherche et Développement, sans aucune certitude de trouver quoi que ce soit d’utile. C’est pour ça que les entreprises ont besoin d’être poussées au fesses et en partie aidées pour y aller. Mais, d’après la théorie, ce qui les incite réellement à choisir cette voie, c’est la perspective de pouvoir substituer du travail cher par des machines moins chères.
M – Eh oui, si ce qui coûte cher ce sont les employés, les salaires à payer, alors pour réduire les coûts et augmenter les marges, on a tout intérêt à viser l’automatisation. Il faut dépenser en R&D pour – on l’espère – réussir à innover afin de remplacer des travailleurs chers par des machines moins chères.
G – Autrement dit, si on veut que ça innove dans tous les sens, il faut bien signifier aux entreprises que la dynamique à l’œuvre, la tendance de fond, c’est la hausse des salaires, la hausse du coût du travail. Dans ce cas, si c’est pas possible de surexploiter, si c’est pas possible de délocaliser, alors il n’y a qu’une seule solution pour augmenter les profits : innover !
M – La promesse d’un coût du travail moins important, ici ou ailleurs, n’est donc pas du tout une bonne incitation. En revanche, il est certain que pour innover il faut pouvoir investir. Mais dans ce cas, la solution est peut-être davantage à chercher du côté d’un système financier capable d’avoir une vision de long terme, capable de prendre le risque de financer la très incertaine et coûteuse R&D.
c) la compétitivité une course perdante.
G – Donc l’argument des patrons selon lequel c’est le “coût du travail” élevé qui – parce qu’il réduit les marges – empêche l’innovation n’est pas fondé. S’il faut certainement aider les entreprises à innover, un “coût du travail” élevé demeure une excellente incitation.
M – Maintenant, les patrons ont un autre argument qui revient très souvent : pour que les entreprises françaises innovent, encore faut-il qu’elles existent. Parce que les entreprises françaises seraient sur-taxées et sur-reglémentées, et que du coup face à la concurrence internationale, sans ces aides de l’état, les entreprises françaises fermeraient tout simplement boutique.
Sénat – Aides aux grandes entreprises : audition de la DG Concurrence (15/05/2025)
Fabien Gay – Sénateur PCF, Rapporteur de la commission d’enquête sur les aides publiques aux grandes entreprises
29:53 “mais notre problème, la concurrence elle est surtout féroce à l’extérieur, mais la pardon, mais j’ai l’impression que nous n’en disons jamais un mot ?
AUcun barrière protectrice n’est mis !“
M – On va en dire plus qu’un mot nous ! Alors… Je sais pas si vous avez remarqué… mais tous les 2 ou 3 ans, on a un mouvement agricole qui explose. A chaque fois, le discours est à peu près le même : “Si on autorise l’importation de “Poulets du Brésil”, alors pour rester compétitif, il faut aussi importer la “législation du Brésil”. Mais on peut remplacer “poulets du brésil” par “bovins d’Argentine” ou “noisettes de Turquies”. Les combinaisons sont infinies. Alors, comment on fait face à des pays qui exploitent leurs travailleurs, leur sols et traitent leur production avec des produits plus que douteux.
G – Depuis les années 60 et jusqu’aux années 1990, gagner la concurrence agricole c’était “facile”, on pouvait faire de plus en plus de libre échange sans trop de dommage parce que les fermes françaises avait un avantage technologique massif. Il était possible – en achetant des tracteurs et autres engins mécaniques – d’être plus compétitif que la majorité des fermes étrangères qui retournaient la terre à la main.
M – Du coup, la France, malgré un territoire plutôt petit était le deuxième exportateur mondial de produits agricoles derrière les États-Unis jusque dans les années 2000, aujourd’hui le classement de 2019, montre que la France est 9eme.. 32′
G – Ce qui s’est passer c’est que l’avantage technologique écrasant des fermes françaises n’existe plus. Les brésiliens, ou les chinois, qui nous sont passés devant, ont la capacité d’acheter les mêmes tracteurs, les mêmes robots, les mêmes engrais. La seule différence entre tous ces pays, ce sont leur politiques économiques : l’imposition, les aides publiques, les normes sanitaires ou environnementales et les salaires.
M – Du coup, ce seraient sur ces critères qu’il faudrait jouer pour gagner la bataille de la concurrence internationale. Et on arrive à notre choix impossible…
[en mode qui veut gagner des millions]
Gilles, Pour préserver l’agriculture française… faut-il :
- Réponse A : Abolir les normes sanitaires, rétablir l’esclavage dans l’agriculture et doper nos bovins au 17-béta œstradiol ?27′
- Réponse B – Créer une aide publique massive pour compenser la non compétitivité de nos normes de hippies.
G – Marino… c’est compliqué… mais je vais partir sur la Réponse B. Préserver nos normes de hippies à coup de milliard d’euro ? Après… c’est vrai que pour ceux qui sont pas contre l’esclavage mais qui sont vent debout contre l’impôt et les dépenses publiques, je peux comprendre que la réponse A soit convaincante…
[reprise comme si de rien était]M – Et c’est le même raisonnement qui s’impose quand il s’agit de lancer une nouvelle filière industrielle. Par exemple, pour la fabrication de batteries qui sont aujourd’hui surtout produites en Chine.
Sénat – Aides aux grandes entreprises : audition de la DG Concurrence (15/05/2025)
Olivier Guersent – Directeur Général de la DG Concurrence
1:06:27 “J’entends, par exemple, des propositions visant à octroyer des aides opérationnelles aux fabricants européens de batteries.
“à ce rythme, dans quelques années, l’Etat aura versé l’équivalent de 200 %, 300 %, voire 400 % de la valeur de certaines entreprises. Et le jour où ces entreprises deviendront profitables, il y a fort à parier que 100 % des bénéfices seront captés par les actionnaires privés.” 24′De quoi parle-t-on ? Concrètement, cela revient à ce que l’Etat couvre les pertes d’exploitation”……
G – Soit on abandonne l’idée d’avoir des usines de batteries, soit on donne des milliards à des entreprises qui ensuite, feront de “l’optimisation fiscale” et verseront à balle de dividendes.
M – C’est comme si les aides aux entreprises n’étaient pas le bon outil. Comme si on était en train d’utiliser une soupe hétéroclite chou, carotte, oignon pour éteindre un feu de forêt.
G – Et ça pourrait bien fonctionner… Après tout… En versant vraiment plein plein de soupe. Mais est-ce qu’on aurait pas un truc plus efficace ? Est-ce qu’il n’y a pas moyen d’être plus rationnels dans l’usage de nos milliards d’euros d’argent public ? Voyons voir ça.
Les aides aux entreprises ne sont pas un outil suffisant.
G – Lancer une usine de batteries en France, c’est pas possible pour le privé tout seul. Pourquoi ?
Tout simplement parce que les batteries seraient trop chères à la vente par rapport à celles produites en Chine. En plus, il y a un retard technologique et d’infrastructure. Les chinois sont meilleurs que nous. Et plus les années passent, plus le retard s’accroit. Alors comment on fait ? Est-ce qu’on aurait pas des économistes qui ont bossé sur la manière de faire naître une industrie dans un pays ?
M – Eh ben si ! Au 18e Siècle déjà, Alexandre Hamilton, en plus d’avoir sa tête sur les billets de 10 dollars – a inventé le terme “Infant Industry”, les industries naissantes. Selon lui, pour qu’une une industrie qui vient de naître puisse arriver à maturité, il faut la protéger en la sortant de la compétition internationale. Il faut lui laisser la possibilité de grandir sans être dans une lutte permanente pour la survie.
G – Plus récemment, c’est l’économiste Sud Coréen Ha-Joon Chang dans son livre “Bad Samaritans”, publié en 2007, qui a montré que cette idée d’Hamilton a été suivie dans de multiples pays ! Le Royaume-Uni d’abord puis les États-Unis ont développé leur toutes puissance industrielle après des décennies de protectionnisme et la Corée du sud, le Japon ou la Finlande sont les principaux succès économiques des dernières décennies. Tous on protégé des pans entiers de leur économie de différentes manières. Et c’est seulement une fois leurs entreprises nationales ultrasolides qu’elles sont allées se frotter à la concurrence mondiale et qu’elles ont tout défoncé ! Vous pouvez penser à Toyota, Nokia, Samsung et même la l’industrie de la K-POP !
M – A partir des années 60, 70s, du côté des US et de l’UE, bah cette théorie, elle apparaissait aussi inutile que contre productive. Quand la compétition c’est : tracteurs versus bêche… Bah y a rien à protéger, au contraire, le libre échange permet d’exporter à mort. Du coup, pendant des décennies, la France, l’UE et les Etats-Unis (celles d’avant Trump) se sont convaincus – à coup de théories économiques pompeuses et mathématisées – que le libre échange était tout le temps vertueux.
G – Mais on l’a dit, le libre échange – qui nous apparaît comme la norme aujourd’hui – est en réalité une démarche tout à fait extrême d’un point de vue historique. Comme le remarque Ha-Joon Chang, c’est une réécriture de l’histoire par les vainqueurs qui ont voulu que tout le monde se mette à faire du libre échange au moment où ça les arrangeaient eux.
M – Sauf que maintenant, tout ça se retourne un peu contre nous. On se retrouve empêtré dans nos théories économiques qui ont été inscrites dans les lois, incapables ni de soutenir efficacement le développement de nouvelles industries, ni de protéger nos modèles sociaux, face à une concurrence internationale qui tire tout vers le bas.
G – Le refus de penser les limites de la mondialisation, c’est ça qui conduit à ces 211 milliards d’aide publique. Parce qu’on refuse de remettre en question le libre échange, on laisse un boulevard politique à ceux qui veulent le faire de la pire manière possible : à coup d’autoritarisme, en cassant notre modèle social et en augmentant les inégalités.
M – C’est la même problématique pour l’industrie du textile en Europe. Ces dernières années en France on a vu le secteur du prêt-à-porter en grande difficulté33′ , pendant que des géants internationaux ont inondé le marché a coup de vêtements à 3€, fabriqués en polyester cancérigène, par des travailleurs exploités.
G – Qu’est ce que la France a proposé face à ça ? Pas grand chose, et surtout trop tard, malgré les demandes de plus en plus pressante des industriels européens pour être protégés.
M – , y a même un ancien ministre de l’intérieur de Macron, ancien du PS, qui à été recruté par Shein pour défendre ses intérêts en France.
G – Dans ce cas là, on se rend bien compte que c’est pas une idée à la noix du style “ho faudrait créer une nouvelle aide spécifique pour baisser légèrement le cout du travail” qui va nous sortir des ronces. Ou alors sinon, proposition de rupture : bah on s’aligne. C’est parti, les français qui bossent 12h par jour pour 10€, dans des bâtiments insalubres et sans protection sociale. Et comme ça d’ici 30 ou 40 ans, p’tet qu’on aura la chance de vivre dans un pays riche.
CONCLUSION
M – Bon du coup, si les aides aux entreprises à gogo c’est pas la solution miracle, qu’est ce qu’on peut faire si on veut réellement soutenir et conserver nos industries, et même améliorer notre modèle économique et social ?
G – D’abord, on pourrait regarder du coté des recommandations du Sénat. Faire un suivi régulier et systématique des dispositifs “d’aides publiques” – ceux qu’on lance, ceux qu’on arrête – selon une définition bien établie. La commission demande à l’INSEE – en poursuivant le travail du Sénat – de mettre à jour le chiffre des 211 milliards pour les années à venir. Elle propose également d’évaluer l’impact attendu des aides avant de les mettre en place. Comme ça, une fois l’impact réel connu, on peut comparer les deux et mettre à jour nos modèles et nos théories. Il faudrait aussi tenir les entreprises responsables si les aides reçues ont servit à verser des dividendes ou bien à délocaliser des usines.
M – Le deuxième point, c’est qu’un gouvernement et / ou un chef d’état, se doit d’être un minimum suspicieux par rapport aux entreprises. Parce que le discours de Hollande, il a quand même sacrément mal vieilli. Alors oui on peut justifier une aide publique en se basant sur la théorie économique, mais encore faut-il que cette théorie soit bien comprise et vérifiée. Par exemple, la course à la réduction du coût du travail, on l’a vu, n’est pas particulièrement recommandée par la théorie invoquée pour booster l’innovation et la compétitivité.
G – Enfin, les aides aux entreprises ne sont pas le bon outil pour compenser l’absence de politiques industrielle et commerciale. Filer des milliards de thune publique qui se retrouve transformés en optimisation fiscale, en emploi bas salaire, en délocalisation et en dividende n’est pas une solution d’avenir.
M – Mais bien sûr pour décider ce que l’on considère comme la meilleure politique industrielle, on a besoin d’un débat éclairé.
M – Et pour ça, il nous faut des journalistes politiques et économiques qui prennent le temps d’expliquer ce qu’est le travail du Sénat et ce que représentent les 211 milliards, plutôt que de nous servir cette histoire de soupe hétéroclite.
G – En même temps… quand la plupart des médias sont la propriété de milliardaires qui bénéficient de ces 211 milliards… peut être qu’ils n’ont pas vraiment d’intérêt à embaucher des journalistes qui feraient bien leur taf ?
M – Ah mais c’est de là que ça vient l’expression “servir la soupe !“
M – En tout cas, plus sérieusement, merci beaucoup pour votre réactivité pour le financement de cette émission. Agent Magique c’est reparti, et c’est grâce à vous ! Du coup, pour cet épisode, il est diffusé sur les deux chaines : Heu?reka et Stupid Economics. Pour les prochains, on se pose encore la question de comment faire : Est ce qu’on poste chaque épisode sur les deux chaines, ou bien est ce qu’on fait un épisode sur une chaine puis le suivant sur l’autre, pour pas vous spammer, au risque que vous les loupiez… N’hésitez pas a nous partager vos avis en commentaire, ca nous intéresse vraiment de savoir ce que vous en pensez !
G – Evidement dans le doute, n’hésitez pas a vous abonner à nos deux chaines pour ne pas louper les prochains épisodes ! Encore merci pour votre soutien, à dans un mois !