Vous avez sans doute déjà entendu parler du forum de Davos, la rencontre au sommet. Le forum de Davos, ou le forum économique mondial de son vrai nom, est un rendez-vous annuel qui rassemble à la fin janvier des milliers de personnes parmi les plus influentes du monde.
Une rencontre au sommet
En 2018, il y a eu 3000 participants, dont 1900 chefs d’entreprise et 70 chefs d’État. Pendant une petite semaine, les participants discutent, organisent des rendez-vous d’affaires, participent à des conférences ou font du ski.
Cette rencontre a été le lieu de quelques événements marquants, mais elle est aussi très critiquée. Chaque année, on peut se demander quelle est réellement l’influence de ce type d’événement.
La fondation qui organise ce forum écrit que sa mission est d’améliorer l’état du monde. Mais une vidéo de présentation précise que ce forum est en réalité destiné à accueillir 400 dirigeants d’entreprises pour discuter de nouvelles techniques de management et trouver des solutions pour que les entreprises européennes puissent rattraper leur retard par rapport aux entreprises américaines.
Depuis sa création en 1971, l’événement a évolué et ne se limite plus à Davos. Il existe des formats similaires dans différentes régions du monde, comme le forum économique pour l’Amérique latine ou plusieurs forums réservés aux leaders de demain.
Une influence controversée
L’événement de Davos a commencé à prendre de l’importance dans les années 80 avec l’arrivée de personnalités politiques. À partir de là, le forum mondial est devenu plus qu’une simple conférence spécialisée, c’est devenu un lieu de rencontre médiatique.
Le forum de Davos est critiqué car la réunion des élites au même endroit au même moment illustre la volonté des capitalistes de passer au-dessus des décisions des États. Davos est vu comme le centre de l’hyper-libéralisme et de la pensée unique.
Du côté des participants et des organisateurs, le discours est forcément différent. On parle de magie et de changer le monde grâce aux idées échangées sur les meilleures pratiques ou sur la responsabilité sociale des entreprises.
L’effet de Davos sur l’état d’esprit des élites est graduel et transformateur. L’illustration la plus puissante de l’effet de Davos est l’infatigable désir d’avoir un impact de la part des leaders d’industries. L’important n’est plus de savoir qui est le plus riche de la salle, mais qui a sauvé ou amélioré le plus de vies.
Pourtant, selon Branko Milanovic, un économiste spécialisé dans l’étude des inégalités, le forum de Davos peut être vu comme un paradoxe. Les invités répugnent à payer des salaires décents, mais ils vont financer un orchestre philharmonique. Ils vont interdire les syndicats, mais ils vont organiser un groupe de travail sur la transparence gouvernementale.
A première vue, cela ressemble à un paradoxe, mais cela peut expliquer les nombreuses autocongratulations qui ont lieu lors du forum de Davos. La recherche en psychologie récente explique qu’un bon comportement dans un contexte peut permettre d’en justifier des plus médiocres dans un autre.
Au final, le forum de Davos peut être rien de plus qu’une séance de talk et d’organisation de rendez-vous en buvant du champagne au bord d’une piste de ski. Il y a sans doute de bonnes intentions et des idées intéressantes, mais une fois le forum terminé, il n’y a plus rien. Aucune institution ne fait réellement le travail de transformer ces idées en actions concrètes.