EMMANUEL MACRON : Candidat de la dérégulation financière ?

Emmanuel Macron est souvent critiqué pour son passé de banquier d’affaires. Il affirme cependant que cette expérience lui a permis de comprendre la grammaire des affaires françaises et ne souhaite pas être résumé à ces quatre années passées dans la banque d’affaires Rothschild.

Comprendre Bâle III

Bâle III est un document rédigé par les banques centrales de 28 pays. Son objectif est de proposer des recommandations pour réguler les banques. Cependant, ces recommandations ne sont que des propositions et il revient aux pays signataires de les transposer dans leur législation nationale.

La crise des subprimes en 2008 a souligné la nécessité d’une réglementation accrue du secteur financier. Les recommandations de Bâle III visent en partie à éviter le scénario du « trop gros pour faire faillite » qui a compliqué la crise de 2008. En cas de crise, ces recommandations demandent aux banques d’immobiliser une fraction de l’argent prêté à leurs clients à l’intérieur de la banque. Ce montant immobilisé, appelé fonds propres, permet à la banque d’absorber les pertes potentielles. Toutefois, la part des fonds propres au bilan des banques demeure très faible, représentant au maximum 5% du total du bilan.

Bâle III et les règlementations européennes qui en découlent demandent aux banques européennes d’augmenter progressivement leurs fonds propres. Cependant, de nombreuses banques ne sont pas favorables à ces réglementations qui, selon elles, réduisent les crédits et la croissance économique.

La position d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron soutient que les PME françaises rencontrent des difficultés de financement en raison de ces réglementations. Il estime qu’elles visent uniquement à réduire les risques et ont découragé les banques et les assureurs à financer l’économie. Il propose donc de réduire les exigences en termes de fonds propres afin de permettre aux banques de prêter davantage aux entreprises.

Cependant, cette vision ne correspond pas aux observations de Jézabel Couppey Soubeyran, économiste et chercheuse à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle affirme que les banques les plus solides financièrement sont également celles qui accordent le plus de crédits.

Remettre en question les réformes qui ont été adoptées depuis la crise financière, voire les défaire, expose davantage à un risque de crise financière et à ses conséquences.

Bâle III et la réglementation des fonds propres sont donc des enjeux majeurs dans le débat sur la régulation financière, et Emmanuel Macron se positionne en faveur d’une dérégulation financière.

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