Décryptage : Désinformation climatique du Raptor

Cette vidéo est une analyse critique de celle du Raptor sur le changement climatique. Ce sera l’occasion de parler de la compréhension scientifique du changement climatique mais également de désinformation. Donc, même si vous n’avez pas vu ou ne souhaitez pas voir la vidéo du Raptor, cette vidéo peut vous être utile !

Bonjour à tous et bienvenue dans cette vidéo où on va discuter d’une autre vidéo, sortie début septembre : celle d’Ismaïl Ouslimani, alias le Raptor, sur le changement climatique. Ce sera l’occasion de parler de la compréhension scientifique du changement climatique mais également de désinformation. Donc, même si vous n’avez pas vu ou ne souhaitez pas voir la vidéo du Raptor, cette vidéo peut vous être utile !

Il y a déjà eu beaucoup de réactions à la vidéo du Raptor. Pour ma part, je vais me concentrer sur ce qu’une approche scientifique permet de dire aujourd’hui du changement climatique. Je vais me concentrer sur le fond du message et je couperai donc, dans les passages du Raptor, les digressions et insultes diverses. Quand je passerai un bout de sa vidéo, j’indiquerai le timer correspondant.

La vidéo du Raptor se base pour une grande partie sur le livre La part d’incertitude de Steven Koonin. J’ai lu le livre pour l’occasion et j’ai pu constater que certains passages sont lus quasiment mot pour mot par le Raptor. Je suis loin d’être le seul à avoir relevé ça et c’est la seule source que le Raptor revendique dans son document “Sources”, où il insulte au passage copieusement les personnes qui le lisent.

Le livre nous sera utile pour mieux comprendre certains passages de la vidéo. Je le mettrai aussi parfois à l’écran quand le Raptor parle. Il est sorti en 2021 et s’appuie sur des données parfois dépassées, on regardera donc des données plus récentes quand c’est pertinent. Sans plus attendre, intéressons-nous à ce que raconte le Raptor. Vous voyez ici le plan de sa vidéo. Je vais commencer par cette partie où le Raptor s’attaque au GIEC et, plus largement, à la production des connaissances scientifiques. Ça rappellera aux habitués de la chaîne, ma vidéo sur le GIEC.

Chapitre 6, comment la science a été détournée 6.1 : les filtres successifs du GIEC, du rapport original au résumé pour les décideurs. Le rapport du GIEC, c’est plusieurs milliers de pages super compliquées où des centaines de scientifiques de dizaines de pays différents vont tenter d’analyser et de synthétiser plus de quatorze-mille articles et études scientifiques. En clair, à moins d’être vraiment très très intéressé par le sujet et compétent intellectuellement pour encaisser quatre-mille pages d’analyse physique, personne qui a des choses à faire dans la vie ne va jamais prendre le temps de les lire.

Il est en effet assez rare de lire intégralement ces rapports. Mais, si vous vous intéressez à une question spécifique du climat, vous pouvez lire le petit bout sur ce sujet. C’est plutôt comme ça qu’ils sont utilisés. Après, ça nécessite quand même une bonne culture scientifique et une maîtrise de l’anglais.

Mais heureusement le GIEC nous propose un résumé à l’intention des décideurs de trente-six pages qui en gros est censé contenir ce qu’il faut retenir de toutes ces analyses. Évidemment, quatre-mille pages chiantes de geek de merde contre trente-six pages compréhensibles, bon ben c’est normal qu’on se base sur ce résumé dans tous les discours médiatiques et politiques, normal. 

Détail qui aura son importance, les rapports du GIEC disposent aussi de résumés techniques qui font une centaine de pages.

Mais quelle est la valeur de ce résumé ? Pour répondre à cette question, on va analyser chaque étape entre la rédaction du tout premier rapport long et chiant jusqu’à arriver à ces trente-six pages clés en main, pour les bonnets que nous sommes , enfin surtout vous puisque …. D’abord le GIEC, groupe intergouvernemental et le gouvernement américain affirment férocement que leurs rapports d’évaluation sont dignes de foi, car soumis à une révision rigoureuse avant publication. Parlons donc un peu de ce fameux processus de révision.

Comme je vous le disais, les rapports vont d’abord s’appuyer sur une sélection de milliers d’articles scientifiques qui pourraient être publiés ont été révisés par des pairs. Peer reviewed, c’est une méthode scientifique classique qui permet dans l’ensemble de repérer s’il y a des erreurs sérieuses dans l’étude et d’améliorer sa présentation. Mais qui selon les scientifiques eux-mêmes est loin d’être parfaite puisqu’elle ne garantit en aucune manière l’exactitude de ce qui est publié et peut être en plus influencée par des biais personnels ou des conflits d’intérêt. Il existe de très nombreux exemples d’articles scientifiques bourrés de conflits d’intérêt, recherches erronées et aux conclusions frauduleuses qui ont malgré tout été publiées, y compris dans des revues réputées et cela a été démontré.

La revue par les pairs est un processus clef de la production scientifique. En gros, pour être publié dans une revue scientifique, un article scientifique doit être examiné par des pairs, c’est-à-dire des experts du sujet abordé qui ne sont pas les auteurs. C’est pour ça que vous pouvez raconter ce que vous voulez à la radio, à la télé, dans un livre ou dans une vidéo YouTube. Mais il est, normalement, plus compliqué de raconter n’importe quoi dans une étude scientifique revue par les pairs.

Normalement ? parce que ça arrive qu’on puisse raconter n’importe quoi ?

Oui, il peut y avoir et il y a eu des erreurs voire des fraudes. Comme signalé par le Raptor, ces problèmes sont pointés du doigt par les scientifiques eux-mêmes. Et c’est une des forces de la production de connaissances scientifiques d’être critique y compris envers elle-même. Il y a de nombreux articles scientifiques sur ce sujet mais vous pouvez notamment lire ce qu’il se raconte sur la crise de la reproductibilité . Pour autant, ces critiques ne remettent pas en cause la revue par les pairs mais cherche plutôt à l’améliorer et à lutter contre certains biais. Cette étape de revue par les pairs, malgré ses imperfections, restera très probablement un élément fondamental de la production de connaissances scientifiques qui n’est pas parfaite mais qui fonctionne bien ; comme le démontre sa capacité à produire de nouvelles connaissances. Mais, où veut nous emmener le Raptor ?

Pour corriger cela et garantir que les articles sélectionnés soient scientifiquement exacts, les scientifiques du monde entier comme Steven Koonin ont proposé la mise en place d’une Red Team.

L’idée d’un exercice de Red Team vient de Steven Koonin et il en revendique la paternité. Il est faux de dire que c’est une idée portée par les scientifiques du monde entier… mais c’est clairement plus vendeur que d’avouer que c’est juste une idée défendue par un non-expert dans un livre.

Une équipe de scientifiques sans pitié qui serait chargée de confronter l’étude en la reproduisant de manière indépendante. Ce qui permettrait de renforcer la robustesse et la crédibilité du rapport qui synthétiserait uniquement les articles ayant passé le test. 

Ce que propose Koonin est en fait très différent de ce que propose ici le Raptor. L’idée de Koonin est de constituer un groupe de scientifiques afin qu’il critique un rapport comme celui du GIEC pour en identifier les points faibles et les évaluer. Il ne s’agit donc pas de corriger le processus de revue par les pairs de toutes les études scientifiques. Avant de parler de la proposition de Koonin, il faut comprendre le processus d’élaboration d’un rapport du GIEC, on reparlera donc plus loin de cette Red Team dont le concept a été mal compris par le Raptor.

Le Raptor, lui, propose de reproduire chaque étude scientifique. Sachant qu’il y a des centaines de milliers de papiers scientifiques sur le changement climatique, ce serait un travail colossal, coûteux et peut-être vain. Si le Raptor dispose de milliers de personnes qualifiées et des fonds pour financer la reproduction de centaines de milliers d’études, libre à lui de le faire. Mais je pense que même pour la science du climat, ce sont des compétences et de l’argent qu’on pourrait mieux utiliser autrement. Je ne connais personne qui défend l’idée du Raptor ou une idée similaire.

En fait, les hauts fonctionnaires des agences scientifiques et environnementales vont nommer et choisir eux-mêmes les auteurs scientifiques sur lesquels leur rapport va se baser. Ce qui implique que d’autres auteurs ou articles pourtant eux aussi peer reviewed seront écartés.

C’est partiellement faux. Pour la sélection des auteurs, le GIEC lance un appel à candidature auprès de ses 195 pays membres. Divers organismes comme des gouvernements ou des organisations scientifiques proposent des candidats qui doivent soumettre un CV détaillé mettant en avant leurs compétences scientifiques sur le sujet pour lequel ils se proposent de devenir auteurs. Les auteurs sont sélectionnés en premier lieu sur leur expertise scientifique. L’auteur d’un chapitre est donc un scientifique qui a apporté des connaissances précieuses pour le domaine sur lequel il écrit. 

D’autres critères de sélection sont pris en compte en plus de l’expertise puisque le GIEC s’efforce d’assurer une représentation équilibrée des régions du monde et des disciplines, de s’approcher d’une parité hommes-femmes et de ne pas avoir que des auteurs ayant déjà participé à d’autres rapports du GIEC. Une fois que ces auteurs principaux ont été sélectionnés, ils peuvent faire appel à d’autres experts pour qu’ils participent à l’écriture de parties spécifiques des rapports. Il y a, ainsi, plusieurs centaines d’auteurs collaborateurs en plus des auteurs principaux. Ce sont ces centaines d’auteurs qui font une revue critique de la littérature scientifique existante. Donc ce sont eux qui sélectionnent les articles

Et ces auteurs sélectionnés ne sont en réalité pas soumis aux contraintes liées au conflit d’intérêt. Ce qui ne veut pas dire que tout ce qu’ils puissent publier est faux, mais qu’un auteur peut à la fois travailler pour une entreprise de combustibles fossiles ou au contraire pour une ONG climatiste et servir de base à la rédaction de ce rapport. Ceci constitue déjà un premier problème d’objectivité, mais c’est rien vous allez voir. 

Ici, c’est simplement faux. Le GIEC dispose bien d’une politique de déclaration et de gestion des conflits d’intérêt. Cette politique est disponible en ligne et il y a même une version française que vous pourrez consulter.

Ensuite, un groupe de nombreux experts du monde entier se propose volontairement de réviser le texte préliminaire. Mais contrairement à la méthode du peer review, leurs remarques ici n’auront aucune valeur. Il n’y a pas d’arbitre ou de tiers parti pour juger qui a raison ou qui a tort : non l’auteur principal peut décider de rejeter toute critique sans aucun motif, c’est lui le boss. Ca c’est de la science scientifique qui scientise.

Ici, aussi, c’est faux et c’est l’occasion de rappeler comment sont construits les rapports du GIEC. Les auteurs partent de la littérature scientifique existante, pour l’essentiel d’études scientifiques revues par les pairs. Ils font ensuite une synthèse critique des éléments scientifiques existants dans le but de dégager ce qu’ils permettent de dire sur le changement climatique. Les incertitudes sont dûment quantifiées. 

Par exemple, on peut lire dans le sixième rapport d’évaluation qu’il y a un degré de confiance faible sur l’évolution de phénomènes climatiques comme la grêle, les pluies verglaçantes, les orages violents, les tempêtes de sable, les chutes de neige extrêmes et les glissements de terrain.

À l’inverse, il y a un degré de confiance très élevé sur l’augmentation de la sévérité des vagues de chaleur dans les villes à cause de la poursuite de l’urbanisation et de l’augmentation de la fréquence des extrêmes chauds.

Cette approche consistant à juger la crédibilité de différentes propositions n’est pas propre au climat mais est une approche scientifique classique.

Okay mais comment s’assurer que cette approche produise des connaissances fiables ?

On a déjà trois points intéressants au moment de l’élaboration du premier jet d’un rapport du GIEC. D’abord, on se base principalement sur des études revues par les pairs donc qui ont déjà passé un premier filtre. Ensuite, évaluer la littérature scientifique dans son ensemble permet d’avoir quelque chose de beaucoup plus robuste que de regarder des études isolées. Si il y a eu des problèmes avec certaines études, on peut en détecter une partie à ce niveau, notamment quand de nombreuses autres études existent. Enfin, il y a de nombreux auteurs qui doivent collaborer entre eux. On a donc quelque chose de plus solide que si on regardait le travail d’un auteur seul.

Oui c’est logique, si il y a divers biais parmi les auteurs, il y a plus de chance de les corriger si on a une grande équipe diversifiée que si on laisse juste quelques auteurs rédiger le rapport.

Mais ce n’est pas fini. Ce que les auteurs produisent, c’est un brouillon. Il y a deux revues par les pairs où ce brouillon est commenté par de très nombreux relecteurs. Et cette fois-ci le processus est beaucoup moins regardant sur la sélection. Quasiment n’importe qui peut être relecteur… D’ailleurs j’avais testé ça sur le sixième rapport d’évaluation et j’avais été accepté dans le processus même si je n’ai, ensuite, laissé aucun commentaire. Certes, j’ai un doctorat mais sur un sujet qui n’a pas grand chose à voir avec le climat !

Et le Raptor a raison quand il dit que les auteurs mettent ces  commentaires à la poubelle?

L’ensemble de ces commentaires, et je dis bien l’ensemble de ces commentaires, reçoivent une réponse des auteurs. Si une suggestion est refusée, il faut que ce soit dûment justifié. Et tout ça est intégralement disponible en ligne parce que tout le processus est transparent. Si il y a des points où ce processus a dysfonctionné, on pourrait donc le montrer. Et c’est ce que devrait faire des personnes qui remettent en question le contenu de ces rapports plutôt que de donner une vision fausse et biaisée de leur élaboration.

Donc, contrairement à ce que dit le Raptor, les remarques des relecteurs sont précieuses et permettent d’améliorer le rapport. Si il y a désaccord entre les relecteurs et les auteurs, ce désaccord doit être justifié et tous les commentaires et leurs justifications sont consultables.

Oui, et, d’ailleurs, ce n’est pas le cas de tous les processus de revues par les pairs. Souvent, les commentaires des relecteurs et leurs réponses ne nous sont pas accessibles. 

Enfin, je peux mentionner une dernière ligne de vérification même si ce n’est pas la plus importante. Le GIEC dispose d’un protocole pour corriger les erreurs . Ce protocole intègre tous les types d’erreurs. Par contre, il ne couvre que les erreurs qui auraient pu être évitées au moment de la publication du rapport et non celles qui sont induites par l’évolution des connaissances scientifiques. Pour avoir une actualisation des connaissances scientifiques sur le climat, il faut donc attendre le rapport suivant.

La revue par les pairs fait qu’il y a une revue critique de la synthèse critique d’éléments scientifiques eux-mêmes issus d’ exercices de revues critiques. On a quand même mis un paquet de barrières pour s’assurer d’avoir des informations crédibles.

Et c’est un long processus qui demande une quantité colossale de travail. Le sixième rapport d’évaluation du GIEC a été rédigé par 743 scientifiques sélectionnés à partir de 2827 candidatures.  Ils ont examiné plus de 66 000 publications scientifiques et tenu compte de plus de 200 000 commentaires écrits par des milliers de relecteurs . D’un point de vue scientifique, les rapports d’évaluation du GIEC sont l’aboutissement du plus vaste exercice de revue par les pairs conduit à ce jour. C’est sans doute le document qui a demandé le plus de travail scientifique. C’est un monument de la méthode scientifique telle qu’on la conçoit aujourd’hui.

Reprenons la vidéo du Raptor avec une dernière attaque.

Et enfin et c’est là que la magie opère, c’est l’heure du résumé à l’intention des décideurs. En fait, les versions finales des rapports vont être soumises à l’approbation du gouvernement et du groupe intergouvernemental qu’est le GIEC. Autrement dit, le résumé n’est pas seulement à l’intention des décideurs, il est carrément sous l’influence des décideurs eux-mêmes.

C’est encore faux. Pour le résumé à l’intention des décideurs, le contenu du résumé doit s’appuyer sur le rapport complet et les scientifiques ont le dernier mot. Les commentaires et leurs réponses sont accessibles en ligne comme le processus est, encore une fois, transparent. 

Allez, je vous mets un petit passage de Valérie Masson-Delmotte, ancienne co-présidente du groupe I du GIEC, interviewée sur Limit .

Mais le dernier mot, il est aux scientifiques, aux auteurs des rapports. Et d’ailleurs il y a des observateurs extérieurs qui sont présents lors de ces cessions d’approbations, qui en font des comptes-rendus qui permettent justement de voir ce qu’on dit en votre nom , ce que disent les représentants des différents pays en votre nom dans ce contexte là et à la fin il y a vraiment un atout, c’est que ces rapports du GIEC qui sont approuvés par un ensemble des pays, finalement cela constitue un socle scientifique commun reconnu par tous, et ça sépare en fait le processus pour établir les connaissances vis à vis du changement climatique de tout ce qui est négociations politiques sur le climat.

L’approbation du résumé par les États joue un rôle important. Leurs signatures impliquent que les États indiquent avoir pris connaissance de l’état des connaissances scientifiques sur le changement climatique. C’est cette base de connaissance qui sert dans les discussions internationales mais également au niveau national. Je peux demander des comptes sur l’action climatique du gouvernement français en partant du fait qu’il a admis les connaissances scientifiques contenus dans le résumé à l’intention des décideurs. 

Mais que répondre à quelqu’un qui a la  conviction intime de l’ingérence des États malgré la transparence du processus et le fait que les scientifiques ont le dernier mot ?

Et bien si vous doutez du résumé à l’intention des décideurs à cause de cette phase d’approbation par les gouvernements, ne les lisez pas et lisez les résumés techniques qui restent d’une longueur acceptable et qui ne sont pas approuvés par les gouvernements. Et si vous voulez aller plus loin vous pouvez lire les rapports complets voire les publications scientifiques sur lesquels ces rapports se basent. 

Mais attends, si le  résumé à l’intention des décideurs doit s’appuyer sur le rapport complet, ça se verrait très vite si les États écrivaient le résumé puisqu’il y aurait des différences entre ce résumé et le rapport complet.

Effectivement. Là encore, s’il y avait complot, ce serait facile de le montrer. Ceux qui choisissent d’insinuer une influence au lieu de la démontrer n’ont sans doute pas beaucoup d’éléments en leur faveur…

Dans cette partie, on a vu ce qui faisait la force de la méthode scientifique en général et des rapports du GIEC en particulier. J’ai commencé par ce point parce que ça va permettre de les utiliser dans la suite. Notons que le Raptor n’est pas cohérent dans sa vidéo puisqu’il dit également ça sur le GIEC :

Les gouvernements convoquent régulièrement des chercheurs pour apporter des réponses les plus satisfaisantes aux non initiés. le plus connu, les rapports du GIEC, ils sont le nec plus ultra de ce que la science du climat peut apporter à l’humanité  et dans l’ensemble, je vais vous surprendre c’est le cas.

Dans toute la suite, on va se baser sur les éléments scientifiques disponibles dont le travail du GIEC. Finalement la même démarche que celle que le Raptor annonce en introduction de sa vidéo ! 

Dans cette vidéo, nous allons ensemble aborder objectivement et avec toutes les données disponibles et fournies par le GIEC lui-même, le sujet du réchauffement climatique.

Mais, avant ça, j’aimerais revenir sur l’idée de Red Team proposée par Koonin parce que c’est révélateur de beaucoup de choses.

On a vu que l’idée de Koonin est de faire un examen critique d’un document, comme, par exemple, un rapport du GIEC ou, plus probablement, son résumé. 

Cette méthode ultra carrée est utilisée dans tous les domaines sérieux à conséquences importantes. Par exemple en aéronautique, dans le spatial ou même dans les services de renseignements. Mais visiblement, le climat ne fait pas partie suffisamment de ces domaines sérieux à conséquences importantes. Bien qu’on nous explique l’exact contraire puisque toutes les propositions de Red Team ont été rejetées.

Des exercices de Red Team sont parfois mis en place dans des domaines où il n’y a pas de revues par les pairs pour compenser ce manque. Dans le cas d’un rapport du GIEC, une Red Team est une proposition étrange puisque c’est déjà un examen critique qui a passé un examen critique. 

ça pousse à se demander à partir de combien d’examens critiques successifs ce serait considéré comme suffisant ?

On peut regarder dans le passé de Koonin pour essayer de répondre à cette question puisqu’il a déjà eu l’occasion de mettre en place un exercice de Red Team, ou, au moins, quelque chose qui s’en rapproche fortement bien qu’il ne s’étende, curieusement, pas dessus dans son livre. En 2014, il appartient à la société américaine de physique qui a une position sur le changement climatique en contradiction avec les convictions de Koonin sur le sujet. Il propose donc un réexamen de la position de la société américaine de physique et constitue pour ça une Red Team. Pour la composer, Il ne cherche pas les scientifiques les plus compétents mais ceux qui sont en accord avec sa vision du changement climatique : c’est-à-dire des scientifiques qui remettent en question l’origine majoritairement humaine du changement climatique en cours. On est déjà loin d’une approche scientifique rigoureuse !

Je ne suis pas sûr de comprendre ce point.

Parmi les personnes qui critiquent les rapports du GIEC, on peut trouver des personnes comme Koonin qui remettent en question l’origine humaine du changement climatique. Mais, à l’inverse, on peut également trouver des personnes qui considèrent que l’approche par consensus du GIEC minimise les risques ou que l’intérêt d’une décroissance économique n’est pas assez explorée. Koonin n’a pas cherché à présenter toutes les critiques mais à constituer la Red Team qui représentait et défendrait ses croyances.

Et cet exercice de Red Team, ça a donné quoi ?

Les arguments avancés par cette Red Team ne sont pas parvenus à créer une brèche dans la compréhension scientifique proposée par la Blue Team. À l’issue de l’exercice, la société américaine de physique reconnaît toujours, entre autre, que le principal facteur expliquant le changement climatique est l’émission de gaz à effet de serre par les sociétés humaines .

Les limites de l’exercice de Red Team sont évidentes : ça prend du temps, il est difficile de présenter l’immense étendue des connaissances dans un tel contexte, ce qui pose des questions de représentativité et ça peut laisser croire au public que des questions scientifiquement tranchées ne le sont pas. C’est même sans doute pour ça que Koonin pousse l’idée d’une Red Team. Il peut tout de même y avoir des débouchés positifs : montrer la résilience des conclusions scientifiques, anticiper la désinformation ou encore clarifier certains points. Mais, ces aspects positifs sont déjà plus ou moins intégrés dans la démarche de production des rapports du GIEC dans un cadre et à une échelle plus satisfaisante que ce que propose Koonin.

Et je suppose que Koonin n’a pas accepté le résultat de son exercice de Red Team ?

Non… et il continue de réclamer une Red Team parce que l’état actuel des connaissances scientifiques ne coïncide pas avec ses croyances sur le sujet. Notons que ça a quand même été un tournant dans l’approche de Koonin. Il a arrêté d’essayer de convaincre les experts et a commencé à se tourner vers le grand public, d’abord à travers les médias puis en produisant le livre sur lequel la vidéo du Raptor est basée. Incapable de convaincre les scientifiques, il s’est dit que ce serait plus facile de s’attaquer à un public de non experts.

Donc on peut penser que  son truc de Red Team, en fait, c’est du flan ?

Le problème n’a jamais été le processus scientifique de production de connaissances. Le problème c’est que ce qui en sort n’est pas ce que voudrait Koonin. Pour expliquer la divergence entre ce qu’il pense et ce que montre la science, il croit ou fait croire qu’il y a un problème dans l’évaluation des éléments scientifiques. C’est également la démarche dans laquelle semble s’inscrire le Raptor.

6.2, censure et pressions politiques, économiques, personnelles.

 Les stratégies de manipulation de l’information sont nombreuses dans les médias et suivent un schéma classique qui se répète sur bien d’autres thèmes différents du climat. La censure est comme toujours un pilier majeur qui repose sur un jeu pervers d’intérêts croisés d’acteurs de différentes catégories.

Les gouvernements et les politiques qui en tirent plus de contrôle, plus de pouvoir et plus de taxes. Les médias corrompus et totalement fanatisés idéologiquement, qui doivent capitaliser sur le fait d’être relevant, pertinents et cela tous les jours, plusieurs fois par jour, et qui avaient le choix entre dire des choses vraies complexes et chiantes aux spectateurs, ou plutôt dire de la merde qui fait le buzz parce que c’est bien plus efficace. 

Je ne pense pas qu’un sujet aussi compliqué et inquiétant que le changement climatique soit une merde qui fait du buzz.

Au passage, ils pourront se positionner du côté des gentils qui aiment le climat, de la nature et les arbres et en tirer quelques bons points moraux, des subventions et autres crédits ESG bien utiles vu que leur incompétence cumulée d’année en année les a conduits au flop d’audimat et donc au flop financier. Les influenceurs clownesques, qui eux aussi en tirent de la notoriété monnayable, sans prendre trop de risques, en se positionnant du côté de la propagande, dans l’espoir de capter l’attention d’un public composé de flipettes, donneurs de leçons en tout genre. C’est-à-dire de gonzesses à problèmes familiaux sous anxiolytiques et de geeks qui espèrent baiser en adoptant les mêmes idées que les meufs, au profit du psychiatrique calamiteux.

Drôle de stratégie. Un public de lâches qui se ronge par soumission dans le camp qui met les coups de pression, tout en se pensant très intelligent, très renseigné, bien loin des contes de complotistes qui n’ouvrent pas un seul livre et qui sont de toute façon des fachos anti-science. Les scientifiques eux-mêmes qui en tirent un bénéfice sur leur carrière, leur financement et qui éprouvent, il faut le dire, une ivresse du pouvoir qui confine un certain sadisme à l’idée de se dire que leur conclusion peuvent influencer le monde et le contrôle des sociétés. 

Alors là, il ne doit pas connaître beaucoup de chercheurs.

Les entreprises qui en suivant la tendance peuvent espérer tirer leur épingle du jeu avec des subventions, des crédits ESG, du profit et un transfert de richesses par capitalisme de connivence et bonus quelques bons points moraux avec un peu de greenwashing. 

Pas un mot sur les entreprises qui ont tout à perdre et, en particulier, les très puissantes industries fossiles.

Et enfin les ONG et associations qui elles aussi pourront bénéficier de subventions et de dons pour sauver la planète, vous imaginez :dons et subventions qui disparaîtraient si jamais on se rendait compte que l’apocalypse n’était finalement pas vraiment justifiée.

De l’autre côté, pour parfaire la méthode de la carotte et du bâton, toute voix ou opinion discordante s’éloignant un peu trop du narratif subira la censure, le shadow ban, la marginalisation. Les scientifiques indépendants reçoivent des menaces, voient leurs financements disparaître, leurs contrats être rompus, leurs propres universités les boycotter et les harceler jusqu’à leur départs forcés. Exprimer une opinion divergente vous vaut automatiquement le qualificatif  objectif de destruction sociale et économique, de climato-sceptique, complotiste, climato-négationniste d’extrême droite. En tant que créateur de contenus, vous connaîtrez le sentiment unique que les autres créateurs n’ont jamais ressenti, de vous demander si votre vidéo sera supprimée tout de suite, si elle tiendra vingt-quatre heures, si elle sera shadow ban et donc que tout votre travail ne sera probablement jamais vu et combien de groupes Facebook de merde de religieux du climat partageront tous vos réseaux pour les signaler et vous harceler en DM. Parce que le harcèlement quand ça vient d’eux, ce n’est pas vraiment du harcèlement.

Le sujet est devenu une religion. Il faut croire au-delà du rationnel et ne surtout pas discuter la parole d’évangile du GIEC. Sous peine d’être désigné comme hérétique, d’être banni de la nouvelle société théocratique. 

Le GIEC n’est pas une bible. On peut le critiquer avec des arguments pertinents et c’est ce qui est continuellement fait. Les rapports du GIEC, contrairement aux textes religieux, continuent de s’actualiser, de prendre en compte les critiques et l’évolution des connaissances scientifiques. Le sixième rapport du GIEC est très différent du premier.

Ne songez même pas à un débat, il n’existe tout simplement pas. Après tout on ne débat pas avec les climats sceptiques et puis bon, il y a consensus et, nous n’avons plus le temps de discuter, il faut agir immédiatement vite, donnez-moi votre argent.

Le Raptor a donc une idéologie assez triste qu’on peut résumer ainsi : tout le monde ment sur tout. Les chercheurs, les médias, les influenceurs, les ONGs, les politiques, les entreprises ont TOUS des intérêts convergents dans un gigantesque complot mondial qui a rien trouvé de plus malin pour se mettre en place que de feinter un problème environnemental complexe qui pousse à se passer de ressources fossiles sur lesquelles notre prospérité actuelle est basée. Drôle de stratégie.

T’exagères, le Raptor utilise le bouquin de Koonin tout le long, donc il ne doute pas de tout le monde, il croit Koonin à la lettre !

Ah oui, les milliers de scientifiques qui travaillent ensemble pour élaborer les rapports du GIEC sont des menteurs doublés de manipulateurs pervers mais M. Koonin lui est digne de confiance. Alors même que c’est un non expert et que son livre a été sévèrement critiqué pour ne pas dire complètement décrédibilisé. Est-ce que c’est parce que c’est un ancien salarié de l’industrie fossile ? Après tout, ça ne sent pas du tout le conflit d’intérêt pour parler de climat. Ou peut-être que c’est sa carrière politique qui le rend digne de confiance aux yeux du Raptor ?

Questions rhétoriques, je suppose ?

Oui ! On pourrait utiliser la rhétorique du Raptor pour discréditer Koonin et même bien plus  facilement qu’il le fait pour discréditer tout le monde. Si le Raptor se sert de ce livre, c’est juste parce que ça vient le conforter dans ce qu’il croit. C’est ici qu’il y a une divergence fondamentale entre une approche scientifique du monde et une approche qu’on pourrait qualifier de complotiste. 

L’approche scientifique revient à avoir un processus d’élaboration des connaissances les plus crédibles possibles qui repose notamment sur la perpétuelle remise en question des dites connaissances. Les individus qui y souscrivent sont continuellement en train d’ajuster leurs croyances ou, au moins, d’essayer de le faire. C’est coûteux cognitivement mais ça permet de maximiser ses chances de comprendre correctement le monde, ce qui peut être utile.

L’approche complotiste revient à considérer ses croyances comme des vérités supérieures et à ajuster les connaissances scientifiques en fonction. Une inadéquation entre les croyances d’un complotiste et ce qui est présenté comme crédible, démontre, pour lui, l’existence d’un complot. Si un complotiste ne croit pas que le changement climatique est d’origine humaine mais qu’un rapport scientifique comme celui du GIEC dit l’inverse. Ce rapport est faux et un réexamen amènera logiquement à s’en rendre compte. Si un réexamen amène à une autre conclusion, c’est qu’il y a eu encore manipulation et il faut un examen supplémentaire.

Imaginez quelqu’un qui est persuadé qu’un 7 peut être obtenu avec un dé à 6 faces et qu’il vous demande de le relancer jusqu’à obtenir un 7. C’est ça la logique de ceux qui demandent à ce que la science soit examinée jusqu’à ce que ça corresponde à leurs croyances.

Et ils le font en discréditant tout le monde :médias, politiques,scientifiques, sociétés civiles…

Et cette logique de défiance généralisée qu’incarne très bien ce passage du Raptor, est dangereuse. Ici, une citation d’Hannah Arendt est particulièrement à propos : « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez. ». 

Si un individu est persuadé que tout le monde ment, l’issue est la même. C’est pour ça que faire croire que tout le monde vous ment est une stratégie pour vous faire avaler n’importe quoi. Ce qui peut être une bonne stratégie pour un vendeur de compléments alimentaires. 

N :Mais comment on peut répondre à ça ?

Personnellement, je ne peux pas. Si quelqu’un met ses croyances au-dessus des éléments scientifiques les plus crédibles et pense que tout le monde ment, je ne peux rien y faire. Tout ce que je peux faire, et ce que je fais sur cette chaîne, c’est essayer de montrer ce que les éléments scientifiques et techniques permettent de dire du changement climatique, et c’est ce qu’on va faire dans la suite de la vidéo.

Quand même, je le trouve courageux le Raptor, il n’a pas l’air de juste faire face aux conséquences logiques de raconter n’importe quoi publiquement il a l’air d’être au prise avec  une terrible censure !

Mais quelle censure ? Sa vidéo est encore là et elle a fait beaucoup de vues. Mieux que ça, le livre sur lequel se base le Raptor a été un beau succès éditorial et s’est très bien vendu pour sa catégorie. Il a même eu le droit à sa campagne de publicité dans les gares et se retrouve souvent en tête de gondole d’enseignes culturelles comme la Fnac. Ce n’est pas un livre censuré mais, au contraire, de la désinformation pensée comme un objet de consommation de masse et poussé par des mécanismes capitalistes de recherche de profits.

D’ailleurs, ça peut être une des rares manières de défendre le Raptor. Il n’est finalement qu’une victime d’un système de désinformation pensé pour exploiter un public néophyte sur la question climatique. Certes, son idéologie en fait une proie facile. Mais ne devrait-on protéger les plus crédules d’entre nous ? À la place nous laissons la recherche de profits inonder le marché informationnel de contenus dont on peut facilement prouver le caractère faux et trompeur avec quelques connaissances sur le sujet.

Ok , il ne te reste qu’à regarder quelques points de plus près pour prouver ça !

Regardons par exemple ce que dit le résumé à l’intention des décideurs du dernier rapport du GIEC sur l’attribution du changement climatique. Vous voyez que l’influence humaine dans le réchauffement climatique ne fait aucun doute pour les scientifiques.

Le rapport technique et le rapport complet, qui ne sont pas approuvés par les gouvernements, disent, sans surprise, exactement la même chose. Et tout ça repose sur les nombreux articles scientifiques donc sur le travail de plusieurs années de nombreux chercheurs dans différents pays. 

Attends mais dans sa vidéo, ce n’est pas du tout ce que dit le Raptor. Comment il fait croire que ce point n’est pas clairement établi tout en prétendant se baser sur le GIEC?

Ce graphique montre la résultante du CO2 et de ses rétroactions en termes de flux énergétique. On observe donc en tenant compte à la fois des effets directs et indirects de l’émission de CO2, un bilan total positif en faveur d’un réchauffement. Mais ce qui ressort également de ce graphique, c’est que l’incertitude totale de ces estimations est de cinquante pour cent. 

On pourrait discuter de l’incertitude et de sa représentation mais allons à l’essentiel : est-ce qu’on nous montre une incertitude sur l’attribution du changement climatique, ici ?

Comme le bouquin de Kooning est bien nul il n’y a même pas de nom pour l’axe des ordonnées mais j’ai cru comprendre en lisant le texte, qu’on parle d’ un truc appelé le forçage radiatif.

Le forçage radiatif est un concept physique un peu compliqué sur lequel on ne va pas s’éterniser. Ce qu’il est important de savoir, c’est qu’il existe une littérature scientifique dédiée à identifier les causes du changement climatique en cours. Cette littérature ne repose pas seulement sur le forçage radiatif et permet des quantifications avec moins d’incertitudes que ce que Koonin a choisi de montrer. Et c’était déjà vrai quand il a écrit son livre. Par exemple, le rapport spécial 1.5°C sorti en 2018 existait déjà. On pouvait y lire que les activités humaines étaient responsables de l’ensemble de la hausse de température observée depuis la révolution industrielle avec une incertitude de plus ou moins 20%. Je ne vois aucune justification possible au fait de parler de l’attribution du changement climatique en ignorant les études scientifiques dont c’est précisément le sujet. 

Petit mensonge par omission donc. C’est sûr que si on ne parle pas des éléments scientifiques existants c’est plus facile d’augmenter l’incertitude et depuis 2018 est-ce qu’on a confirmé ça ?

Dans le sixième rapport d’évaluation du GIEC, on trouve cette figure qui synthétise les résultats de plusieurs études d’attribution. On voit que l’incertitude sur les facteurs humains affectant le climat n’est pas beaucoup plus grande que l’incertitude sur l’augmentation de la température globale constatée. Les incertitudes sur les facteurs humains réchauffants et refroidissants le climat sont plus grandes que celles sur la somme de ces deux facteurs parce que ces incertitudes se compensent en partie. On voit également représentés les facteurs naturels les plus influents, leur contribution au réchauffement climatique est nul plus ou moins l’incertitude. On retrouve que, plus ou moins l’incertitude, les activités humaines expliquent l’entièreté du réchauffement global observé depuis la fin du vingtième siècle. 

L’approche d’attribution par les forçages radiatifs, montre des incertitudes sur les nombreuses influences humaines affectant le climat. Mais même elles ne laissent aucun doute sur le fait que la majorité voire plus de la totalité du réchauffement observé est dû aux activités humaines et en particulier aux émissions de gaz à effet de serre.

Donc on est certain que le changement climatique est d’origine humaine.

Oui et ça a bien évolué au fil du temps. On avait vu dans ma vidéo sur le GIEC que le premier rapport d’évaluation, en 1990, concluait que l’ordre de grandeur du réchauffement constaté pouvait correspondre entièrement à la variabilité naturelle du climat. Depuis, le réchauffement a continué et les preuves scientifiques se sont accumulées. Aujourd’hui, que le changement climatique soit d’origine humaine est un fait indéniable.

Attends il y avait un autre bout dans la vidéo du Raptor.Cela m’a interpelé en plus, genre les activités humaines c’est que  1% ou un truc du style !

Avec une telle marge d’erreur et alors qu’on cherche à quantifier une activité humaine qui représente 1% de l’énergie qui circule dans le système climatique, il nous faut absolument comprendre et observer les 99% liés aux variations naturelles avec une précision extrême. C’est-à-dire non seulement être capable de connaître précisément l’impact de même, la plus petite influence naturelle, mais d’être capable de les prendre absolument toutes, en compte. Ce qui s’avère être vous allez le voir, un défi colossal.

99 % liés aux variations naturelles ? ça ne parait pas très compatible avec ce qu’on vient de dire ?

Tout ce passage est encore une fois largement inspiré du livre de Koonin. Mais il y a quand même une différence notable.  Voyons si tu la remarques si je te passe l’interprétation du Raptor en même temps que le passage du livre.

Avec une telle marge d’erreur et alors qu’on cherche à quantifier une activité humaine qui représente 1%  de l’énergie qui circule dans le système climatique, il nous faut absolument comprendre et observer les 99% liés aux variations naturelles avec une précision extrême. 

Ah bah oui, le Raptor dit qu’il y a 99% de variations naturelles, et ce n’est pas du tout ce que dit Koonin qui ne parle pas de variation ici !

Exactement ! Et dire que 99% de l’évolution du climat est lié à des variations naturelles est complètement faux, ne repose sur rien et même Koonin ne dit pas ça. Le Raptor ajoute des erreurs à la lecture d’un livre qui en contient déjà beaucoup.

Mais la question des 1% reste entière : que veut dire Koonin par là ?

Le réchauffement climatique est dû à une augmentation de l’énergie contenue par la Terre qui est la conséquence d’un petit déséquilibre entre l’énergie atteignant la Terre sous forme de rayonnement solaire et l’énergie rayonnée par la Terre vers l’espace. Ce petit déséquilibre est de moins de 1% de l’énergie totale atteignant le système Terre. Autrement dit, il est juste de dire que le réchauffement climatique est entièrement causé par les activités humaines et il est également juste de dire que ces activités humaines ont modifié de moins d’un pourcent l’énergie qui circule dans le système climatique.

Par contre, ce fait n’implique pas que nous sommes encore loin d’avoir tout compris. Cette phrase n’a  aucun sens.  On pourrait avoir une compréhension parfaite du système climatique, que les influences humaines ne représentent que 1% de l’énergie qui circule dans le système climatique et que ce 1% explique entièrement le changement climatique en cours.

Plus globalement, il y a un argument implicite ici du type “1% ce n’est pas beaucoup donc c’est pas grave” mais cet argument est irrationnel. Il existe, par exemple, de nombreuses substances qui vous tueront en très petite quantité. La toxine botulique est mortelle en dessous du milligramme donc 0,01% de votre masse corporelle sous forme de toxine botulique suffirait à vous tuer.

Et quand il raconte qu’il faut connaître les 99% restants,ça c’est aussi une arnaque ?

C’est une double arnaque. D’abord, Koonin sous-entend qu’on ne connaitrait du climat que les influences humaines mais c’est faux.

Surtout, même si on ne comprenait pas entièrement le système climatique on pourrait s’intéresser uniquement à ce qui change dans ce système pour comprendre son évolution. Si un facteur naturel ou humain n’évolue pas du tout, il n’a aucune raison d’expliquer une partie de l’évolution du climat. Le raisonnement présenté ici est encore une fois irrationnel.

En résumé de cette sous-partie : la science a largement établi que le changement climatique en cours est entièrement, plus ou moins une incertitude modérée, dû aux activités humaines. Pour désinformer sur ce point, Koonin ignore les éléments les plus pertinents, exagère l’incertitude, propose un raisonnement irrationnel et, là-dessus, s’ajoute une belle erreur du Raptor.

Dans les parties suivantes, le Raptor s’efforce, en reprenant l’argumentaire de Koonin, de mettre à mal les modèles climatiques utilisés par les scientifiques pour reconstruire le climat passé et présent mais aussi pour faire des projections climatiques selon différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre.

Ces parties de la vidéo du Raptor sont très longues et montrent une telle incompréhension des modèles climatiques qu’il faudrait repartir de zéro, ce qui demanderait trop de temps. 

Alors on ne parle pas des modèles ?

Je vais quand même en parler un peu mais sans même passer par la vidéo du Raptor. Commençons par regarder ce qu’est un modèle inutile. François Gervais, dont on a déjà décortiqué la désinformation sur la chaîne, avait proposé dans un livre puis dans une publication scientifique, un modèle, d’après lui plus fiable que le GIEC. C’est simplement une courbe qui épouse à peu près l’évolution observée de la température globale. Est-ce que ce modèle a eu une valeur prédictive ? Non, tu peux voir que l’évolution a très vite divergé de ce qu’anticipait ce modèle. Vu qu’il ne reposait sur aucune base physique, il était évident que sa capacité prédictive était nulle et qu’il se planterait ; surtout qu’il supposait un caractère partiellement cyclique à partir d’à peine deux périodes, ne faites jamais ça.  

Et ce truc a réussi à être publié parce que fitter une courbe sur des données même moi je sais le faire ?

Oui, certes dans une revue qui n’a pas le climat pour spécialité. Mais, ça illustre également ce qu’on a dit plus tôt sur les potentiels accidents de la revue par les pairs. Le temps a montré l’absurdité du modèle mais il n’était pas beaucoup plus défendable au moment de sa publication.

Et j’espère que  les modèles utilisés par le GIEC sont plus crédibles ?

Ce n’est pas du tout la même chose. Les modèles utilisés par les climatologues sont des modèles numériques basés sur notre compréhension physique du climat. Mais, n’essayons pas de les comprendre et jugeons les à leurs résultats. Tu peux voir ici la dernière génération de modèle et tu vois que les observations en rouge sont bien contenues dans l’enveloppe des modèles. La médiane des modèles reproduit bien l’évolution observée des températures.

Et même si on prend des générations plus anciennes de modèles, ils ont été plutôt bon sur l’évolution de la température globale . Ici, ce sont des modèles qui ont une vingtaine d’années. Et tu vois que le climat s’est réchauffé ces vingt dernières années comme attendu par ces modèles. Ils permettaient donc d’anticiper l’évolution du climat en faisant des hypothèses, notamment, sur les émissions de gaz à effet de serre par les sociétés humaines. Ils ne prédisent pas l’avenir mais en donnent une idée pour des scénarios donnés.

Pour l’anecdote, il y a même des modèles bien plus vieux qui se sont révélés plutôt bons. Par exemple ceux développés par l’entreprise pétrolière et gazière Exxon Mobil. Évalués 40 après leur publication, vous voyez qu’ils ne s’en sont pas mal sortis. On regarde ici d’anciens documents privés puisqu’après avoir correctement simulé le climat, cette entreprise a caché ces éléments et dépensé beaucoup d’argent pour répandre de la désinformation. Cette anecdote permet de voir que même des approches relativement simples permettaient d’anticiper l’évolution du climat il y a plus de 40 ans. Mais, elle permet aussi de rappeler que des groupes d’individus désinforment sur la question du changement climatique. En premier lieu, et sans surprise, les riches et puissantes industries qui extraient charbon, pétrole et gaz. C’est d’elles dont on devrait, logiquement, se méfier.

Mais les modèles climatiques n’ont pas pour seule utilité de comprendre l’évolution de la température globale et d’estimer celle-ci dans différents scénarios futurs. Ils arrivent également à reproduire des observations précises du système climatique. Par exemple, vous regardez ici, en noir, l’évolution de la température de la stratosphère à trois altitudes différentes. La stratosphère est la couche de l’atmosphère située, en gros, entre 12 km et 50 km du sol. Vous voyez que la moyenne de 9 modèles reproduit bien l’évolution passée et ont anticipé l’évolution future. Et si j’ai choisi de vous montrer ce point particulier, ce n’est pas totalement un hasard. Le refroidissement de cet endroit précis de l’atmosphère est la conséquence attendue et comprise de l’augmentation de l’effet de serre à cause de nos émissions. Ça fait partie des observations physiques qui participent à notre compréhension des causes du changement climatique.

Les modèles reproduisent également d’autres observations comme la répartition spatiale ou temporelle du changement climatique. Ils permettent également de mener des expériences numériques. Par exemple, de simuler le climat en retirant l’influence des activités humaines. Dans ce cas, on voit que le climat n’aurait pas dû se réchauffer. À l’inverse, quand on prend en compte l’influence humaine,telle qu’on la comprend, on voit que les modèles reproduisent plutôt bien les observations. Et c’est pratique d’avoir des modèles pour faire ce type d’expériences parce qu’on ne peut pas étudier notre planète sur une paillasse de laboratoire.

N :En bref, est-ce que je peux faire confiance à ces modèles sans prendre le temps de comprendre leur subtilité ?

Même sans comprendre la manière dont il fonctionne, on voit rapidement que les modèles ont été plutôt bons pour reproduire des observations passées et anticiper le réchauffement actuel. Il y a des questions ouvertes et des incertitudes avec les modèles climatiques mais ça n’empêche pas qu’ils sont déjà extrêmement utiles. Ils permettent d’apporter de nombreuses informations précieuses et de confirmer que la science a aujourd’hui une bonne compréhension du système climatique et de l’influence humaine. Il ne s’agit pas de croire bêtement tout ce qui en sort mais de reconnaître que ce sont des outils scientifiques extrêmement utiles dans la compréhension du changement climatique et l’anticipation de son évolution et de ses conséquences.

Maintenant revenons justement à ce que dit la vidéo du Raptor sur les conséquences.

Cette partie de sa vidéo vise à remettre en question la gravité des conséquences du changement climatique.

On a plein de signes actuels de l’apocalypse : la montée des eaux  liées aux armes antiques les feux de forêts ,les ouragans de plus en plus nombreux, les rendements agricoles et les espaces verts qui s’effondrent, on va tous mourir  non? Chapitre 5 : Apocalypse, propagande VS réalité

Regardons un passage sur l’élévation du niveau des mers.

Comme toujours, dézoomons l’axe temporel. Cette figure présente les estimations géologiques de l’évolution du niveau de la mer durant les quatre-cent-mille dernières années. En raison de cycles très lents liés aux variations de l’orbite de la Terre et de l’inclinaison de son axe, le rayonnement solaire absorbé varie quantitativement donnant lieu à une alternance entre une période de glaciation qui dure cent-mille ans et une période interglaciaire de vingt-mille ans. Ainsi dans une période d’environ cent vingt mille ans, le niveau des eaux passe de moins cent vingt mètres à plus 6 mètres par rapport à aujourd’hui.

Peut-être découvrirons-nous l’empire perdu de l’Atlantide d’ici vingt mille ans. En tout cas, ce qui est certain, c’est que le niveau de la mer monte depuis vingt-mille ans. Mais à quel rythme Et a-t-il subitement accéléré ? Depuis l’explosion de l’activité humaine en mille-neuf-cent-cinquante, c’est sûr, non En zoomant sur le début de l’ère holocène actuelle il y a douze-mille ans, on observe une montée vertigineuse du niveau des eaux, de douze millimètres par an, jusqu’à il y a sept-mille ans, pour ralentir nettement depuis. 

De nos jours, les mesures sont réalisées précisément par des marégraphes et des satellites. Depuis mille-neuf-cent, le niveau moyen de la mer monte en moyenne de un virgule huit millimètres par an, loin des douze d’il y a douze-mille ans. Mais là aussi on observe des périodes de vitesse différentes. Entre mille-neuf-cent-vingt-cinq et mille-neuf-cent-quarante, la hausse était de trois millimètres par an. Entre mille-neuf-cent-cinquante et mille-neuf-cent-soixante-cinq d’environ un millimètre par an et actuellement elle est de nouveau à trois millimètres par an. 

Comme je suis taquin, je souligne que le visuel utilisé ici par le Raptor est en contradiction avec son propos et ses quantifications puisqu’il montre une élévation du niveau des mers plutôt constantes. Peut-être une simple expérience sur la crédulité de son public.

Autrement dit, la vitesse de montée des eaux semble être cyclique, au moins depuis qu’on a des mesures officielles depuis mille-neuf-cents oscillant entre moins d’un millimètre par an et trois millimètres par an, soit je le rappelle quatre fois moins que les douze millimètres par an d’il y a douze-mille ans. Comme on l’a vu, le niveau des eaux monte lorsque la planète se réchauffe, naturellement ou avec un peu d’aide, en entraînant la fonte progressive de la glace et la dilatation des océans 

Et justement, on peut mesurer précisément la contribution des glaciers fondus à cette hausse des eaux. On s’attendrait évidemment à ce que cette contribution augmente, explose avec l’activité humaine n’est-ce pas Pourtant les résultats sont curieux. On observe sur cette figure que cette contribution après avoir diminué de mille-neuf-cent-cinquante à mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix est aujourd’hui la même qu’en mille-neuf-cent-quarante, ce qui rend très difficile finalement de la justifier par l’activité humaine par rapport à l’évolution naturelle. 

Donc je résume, la montée des eaux, c’est le cas depuis douze-mille ans, c’était quatre fois plus rapide jusqu’à il y a sept-mille ans et aujourd’hui c’est sinusoïdale.

Vu qu’il insiste sur cette histoire de sinusoïde. Regardons la figure sur laquelle il semble baser cette affirmation. Si je prends ce qui ressemble vaguement à une période et que je décale ce signal, on voit que ça colle très mal. Surtout, on voit que si ce signal était effectivement sinusoïdal, on devrait être au plus bas aujourd’hui. Une vérification des données les plus récentes montrent qu’au contraire, la vitesse d’élévation du niveau des mers n’a jamais été aussi élevée et est en accélération sur les dernières décennies. Bref, les données disponibles ne confirment pas du tout  l’idée d’un caractère sinusoïdal. Et de toute manière, le niveau des mers n’a fait que monter sur la période représentée, qu’il soit monté plus ou moins vite à certains moments ne changent pas grand-chose à la question.

Et maintenant qu’on a vu ce qu’en dit le Raptor, est-ce qu’on peut voir ce qu’en disent les études scientifiques ?

Il est clairement établi que l’élévation du niveau des mers du siècle dernier a été plus rapide que celle de n’importe quel autre siècle des derniers millénaires. Les données récentes montrent également une accélération de cette élévation du niveau des mers. Il est également établi que l’influence humaine est le principal facteur de cette élévation du niveau des mers, au moins sur les cinq dernières décennies. 

Mais il a quand même raison quand il dit  que le niveau de l’eau montait plus vite pendant la sortie de la dernière période glaciaire.

Cette information est exacte mais quelle est sa pertinence ? Si c’est pour souligner qu’il y a eu des évolutions naturelles du climat. Très bien ! Mais personne ne conteste ça. Qu’est-ce que ça change que le niveau des mers soit monté plus vite quand la Terre s’est rapidement réchauffée il y a 10 000 ans ? C’est simplement qu’il y avait beaucoup plus de glace à fondre à l’époque. Est-ce que ça remet en question la gravité des conséquences observées aujourd’hui ou celles à venir ?

Tiens, c’est vrai que c’est bizarre ça, le Raptor prétendait attaquer la gravité des conséquences mais il n’en parle même pas , c’est quoi les conséquences de l’élévation du niveau des mers ?

L’élévation du niveau des mers amène, entres autres, des submersions de régions côtières de plus en plus fréquentes. Il y a donc des entrées d’eau salée dans les terres. Ces entrées d’eau affectent l’infrastructure mais peuvent également saliniser les terres et les nappes phréatiques. Ce qui peut avoir des conséquences importantes pour l’accès à l’eau ou pour certains systèmes agricoles, par exemple dans les deltas comme le delta du Mékong.

Imaginez que vous soyez un agriculteur affecté par ce phénomène. Votre père a pu cultiver ces terres et son père avant lui mais elle se dégrade maintenant à cause de la salinisation induite par le changement climatique. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre affectent directement votre existence. Et là, le Raptor débarque et explique que le niveau de l’eau montait plus rapidement, il y a 10 000 ans. Ce fait ne change rien à l’existence de votre problème, à sa cause ou aux éventuelles solutions. À l’époque, il n’y avait juste pas d’agriculture.

N :ok, En fait, les éléments avancés ne remettent pas en question la gravité des conséquences !

Exactement. Il n’y a aucun doute que l’eau monte dans un climat qui se réchauffe. C’est de la physique élémentaire. Le changement climatique dû à l’homme engendre donc une élévation du niveau des mers due à l’homme. Le Raptor ne présente aucun élément permettant de remettre en question la gravité des conséquences vu qu’il ne les mentionne même pas. Il essaye, à la place, de faire comme si cette élévation avait une origine inconnue. C’est faux mais, même dans le cas inverse, les sociétés humaines seraient confrontées à des conséquences et mettraient en place des mesures pour limiter les dommages.

Et est-ce que c’est comme ça pour les autres conséquences qu’il évoque ?

Oui. Koonin et le Raptor ignorent la majorité des conséquences, minimisent les autres et font comme si on ne pouvait pas les attribuer à l’influence humaine. Tout ça relève simplement de la désinformation. Je n’ai pas envie de rentrer dans leur jeu et de relever toutes les erreurs parce que ce serait mettre le focus sur un sous ensemble très réduit de conséquences.

Et est-ce qu’on pourrait en donner une vision plus juste des conséquences du changement climatique ?

Il y a tant à dire que je pourrais y passer des heures. Le plus synthétique pour comprendre la diversité des conséquences est peut-être cette figure du rapport du GIEC. On voit différentes conséquences pour les différentes zones du monde. Dans certains cas, il y a des impacts positifs et négatifs. Dans beaucoup d’autres, il n’y a que des évolutions négatives. Le nombre de petits points correspond au degré de confiance de l’attribution des conséquences observées au changement climatique d’origine humaine. Si la confiance dans ce lien est faible, ça peut être parce qu’on n’est pas capable de démontrer un lien ou parce que l’augmentation des conséquences est due à d’autres facteurs que le changement climatique.

Okay, on a plein de conséquences différentes mais il y a des trucs là dedans qui peuvent faire peur mais ça reste un peu abstrait !

C’est un peu le problème de ce sujet, les conséquences sont variées, ont lieu partout dans le monde et à diverses temporalités donc il est dur d’en donner une vision juste et impossible d’en donner une vision exhaustive. Mais je peux essayer de détailler plusieurs points.

Sur les évènements extrêmes on peut lire que les éléments de preuves se sont renforcés depuis le cinquième rapport, ce qui rend obsolète ce qu’en dit Koonin et donc le Raptor. C’est le problème quand on a dix ans de décalage avec l’état des connaissances. Il est aujourd’hui quasi certain que les extrêmes chauds sont devenus plus fréquents et plus intenses dans la plupart des terres émergées depuis les années 1950, le changement climatique d’origine humaine étant, avec un degré de confiance élevé, le principal facteur de ces changements. 

Cette augmentation des canicules a des effets sanitaires parce qu’elles entraînent une surmortalité des personnes les plus fragiles. Mais, c’est aussi quelque chose qui dégrade notre qualité de vie. Je ne connais pas grand monde qui apprécie les canicules.

On a également une augmentation de la fréquence et de l’intensité des précipitations extrêmes et des sécheresses. Cette fois-ci l’attribution au changement climatique d’origine humaine se fait avec un degré de confiance moyen.

Il y a un faible degré de confiance sur l’évaluation de la fréquence des cyclones tropicaux de toutes catégories mais un degré de confiance élevé dans le fait que les précipitations extrêmes associées aux cyclones s’intensifient, ce qui est évidemment problématique du point de vue des sociétés humaines qui subissent ces évènements.

La moitié de la population humaine vit dans des zones vulnérables au changement climatique. L’augmentation des événements extrêmes a exposé des millions de personnes à une insécurité alimentaire aiguë et à une diminution de l’accès à l’eau, les impacts négatifs les plus importants ayant été observés dans de nombreuses régions d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, dans les pays les moins développés, les petites îles et l’Arctique, ainsi qu’à l’échelle mondiale pour les peuples autochtones, les petits producteurs alimentaires et les ménages à faible revenu. Comme toujours, ce sont les plus vulnérables qui subissent les dommages les plus importants.

Le changement climatique affecte déjà les écosystèmes terrestres et aquatiques partout dans le monde. Ce qui a déjà des impacts sur de nombreuses activités économiques qui dépendent de ces écosystèmes. On peut penser par exemple à la pêche ou à l’exploitation du bois. Certains écosystèmes sont particulièrement vulnérables. Par exemple, les récifs coralliens se dégradent rapidement et continueront de le faire avec l’augmentation des températures. Quand je suis né, ces écosystèmes étaient globalement en bonne santé. À la fin de ma vie, ils pourraient avoir quasiment disparu.

Le changement climatique a réduit la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau. Les effets négatifs sur la production agricole sont concentrés dans les régions tempérées et les basses latitudes alors qu’il y a des effets positifs aux hautes latitudes. Le réchauffement de l’océan et son acidification ont des impacts négatifs sur la pêche et l’aquaculture. La moitié de la population mondiale connaît de graves pénuries d’eau en raison d’une combinaison de facteurs climatiques et non-climatiques. 

Des dommages économiques liés au changement climatique ont été observés dans des secteurs exposés au climat, tels que l’agriculture, la sylviculture, la pêche, l’énergie et le tourisme. Les moyens de subsistance individuels ont été affectés, par exemple, via la destruction d’habitats et d’infrastructures, la perte de biens et de revenus, ainsi que des impacts sur la santé humaine et la sécurité alimentaire, avec des effets négatifs sur l’équité entre les sexes et la justice sociale.

Dans les zones urbaines, le changement climatique a provoqué des impacts négatifs sur la santé humaine, les moyens de subsistance et les infrastructures essentielles. Les épisodes de chaleur extrême se sont intensifiés dans les villes. Les infrastructures urbaines, y compris les systèmes de transport, d’eau, d’assainissement et d’énergie, ont été affectées par divers évènements entraînant des pertes économiques, des interruptions de services et des impacts négatifs sur le bien-être. Les impacts négatifs observés sont particulièrement concentrés parmi les résidents urbains économiquement et socialement marginalisés. Tiens, encore les plus vulnérables en première ligne.

Et ici, je ne parle, superficiellement, que des conséquences constatées. Tout ça va s’aggraver, et pas linéairement, au fur et à mesure que le climat se réchauffe. Et oui, on a également plein d’éléments scientifiques sur l’évolution future des conséquences en fonction de l’évolution future du climat et donc, entres autres, de nos émissions futures de gaz à effet de serre.

Je pense que c’est bon on a assez d’éléments pour montrer le décalage entre ce que dit la science des conséquences du changement climatique et ce qu’en dit le Raptor.

Pour résumer très vite tout ça : le changement climatique a déjà de graves conséquences sur les sociétés humaines et les écosystèmes. On sait que ces conséquences vont continuer de s’aggraver avec la poursuite du réchauffement climatique. Ce n’est pas pour rien que les personnes qui s’intéressent à ces sujets ou travaillent dessus sont inquiètes. L’ampleur des conséquences est ce qui rend anxiogène la question du changement climatique. 

Même si on les a survolées ici, les conséquences ça jette un froid, ça fait un peu peur quand même…

Heureusement, on peut quand même faire des choses !

Donc le Raptor, quand il dit que les solutions proposées c’est de la merde , il se moque encore de nous ?

Le Raptor explique effectivement dans une section que les solutions proposées sont de grossières arnaques. 

Chapitre 7 neutralité carbone, êtes-vous prêts 7.0 rappel des faits. Pour rappel, la concentration atmosphérique de CO2 augmente chaque année d’à peu près la moitié de son émission. Notre moitié étant captée par la verdure et les océans. Et comme cette concentration atmosphérique en CO2 stagne durant plusieurs décennies, voire siècles, avant d’être éliminée, réduire les émissions humaines du CO2 permettrait simplement de ralentir le processus et de le repousser plus ou moins légèrement. Pour l’arrêter et le stabiliser, il faudrait donc réduire à zéro les émissions de CO2 dans le monde entier. C’est la naissance de l’idée logique et brillante de la neutralité carbone, aussi appelée net 0.

Tout ça est exact. Et c’est important de le souligner. Réduire les émissions permet de ralentir le réchauffement climatique, ce qui serait déjà une bonne chose. Mais la neutralité carbone est une condition nécessaire à la stabilisation du climat. Il faut donc réduire à 0 les émissions nettes de CO2, c’est-à-dire les émissions moins les éliminations de CO2 par des activités humaines. Et ça implique effectivement d’abandonner la majeure partie de nos utilisations des ressources fossiles comme le Raptor le souligne plus loin. Par contre, dans le développement qui suit, ça déraille sévèrement et je vais me contenter de commenter la conclusion de cette partie qui résume bien son propos.

En d’autres termes, les énergies renouvelables sont pour l’instant encore un mirage idéologique rempli de promesses impossibles à tenir au vu des technologies actuelles et pourtant encouragées et forcées à grands coups de subventions volées aux contribuables pour finir dans la poche d’entreprise, de lobby, d’ONG, de politiques intéressées, prêts à sacrifier le monde pour un peu plus de pouvoir, de contrôle et d’argent. 

Éolien et photovoltaïques attaqués ici sont des moyens efficaces et rentables de produire de l’électricité. En deux décennies, leur coût s’est considérablement réduit jusqu’à être inférieur à celui des ressources fossiles. Éolien et photovoltaïque se déploient actuellement à un rythme exponentiel dans de nombreux pays du monde. Le photovoltaïque, en particulier, se déploie plus rapidement qu’anticipé par beaucoup. Si on regarde la vitesse de déploiement de différentes technologies de production d’électricité à partir de la production du premier exajoule, on voit que le photovoltaïque est la technologie qui s’est déployée le plus rapidement dans le monde.

Okay mais je crois que le Raptor expliquait que les renouvelables c’était  pas grand chose aujourd’hui et que le nucléaire fait beaucoup mieux.

Je n’ai rien contre le nucléaire, cette chaîne en témoigne largement mais il ne faut pas opposer entres elles les technologies bas carbone. Le nucléaire constitue actuellement 9% de l’électricité mondiale, l’hydroélectricité 15% et éolien et photovoltaïque réunis 13%. Éolien et photovoltaïque ne sont plus négligeables et la dynamique est plutôt de leurs côtés.

L’objectif du net zéro est l’obsession d’une Europe responsable de dix pour cent des émissions mondiales et pas du tout partagée par les puissances indiennes et chinoises de demain et d’aujourd’hui. 

10% n’est pas négligeable et on a dit qu’on veut réduire les émissions de CO2 à 0 donc il faut les réduire partout. Surtout, la lutte contre le changement climatique se fait au niveau international et de nombreux pays ont pris des engagements de réductions de leurs émissions voire de neutralité carbone. C’est effectivement le cas de l’Union Européenne mais également de la Chine et de l’Inde. L’Union Européenne s’est engagée à atteindre la neutralité carbone en 2050, la Chine en 2060 et l’Inde en 2070. Encore une fois, une simple recherche internet permet de se rendre compte que le Raptor dit quelque chose de complètement faux, qu’il en soit conscient ou non.

Pire encore, la transition écologique scamesque en plus d’être irréalisable hors de prix et contre productif sur le plan des émissions CO2, confierait la majorité de notre souveraineté déjà bien amenuisée à la Chine qui n’en a rien à branler du CO2 et qui d’un claquement de doigts pourrait nous faire tapiner à vie pour avoir le droit de produire de l’électricité pas verte du tout et beaucoup trop cher.

On vient de voir que la Chine a également pris des engagements climatiques. Mais, c’est exact que la Chine produit massivement des technologies d’intérêt écologique : voitures électriques, photovoltaïque, batteries ou encore éoliennes. Elle en produit pour son marché intérieur mais également pour l’export. Elle a fait le choix politique de faire reposer son industrie sur des technologies d’avenir. Rien n’empêche l’Europe d’essayer d’en faire autant. Les États-Unis par exemple ont déployé des mesures protectionnistes pour relocaliser la production de ces technologies clefssur leur territoire. 

Enfin, notons que l’Europe ne deviendra pas dépendante à des puissances extérieures pour son approvisionnement énergétique puisqu’elle l’est déjà. La France et ses voisins dépendent de puissances étrangères pas toujours sympathiques pour leur approvisionnement en pétrole et en gaz. Et c’est pour ça que le moindre soubresaut de la politique internationale peut avoir des conséquences économiques catastrophiques. Donc si il est exact que l’industrie européenne n’est pas à la pointe du photovoltaïque et des voitures électriques, ce n’est pas une fatalité et nous sommes déjà extrêmement dépendants de puissances étrangères pour notre consommation énergétique.

Et le GIEC dit quoi de potentielles actions ?

On peut séparer ça en deux. L’adaptation qui vise à réduire les dommages induits par le changement climatique. On peut lire sur le sujet que l’adaptation apporte de nombreux bénéfices et que de plus en plus de pays et de villes ont des plans d’adaptation. Il y a également des exemples d’adaptation et des preuves de leurs efficacités. 

Malheureusement il y a également des exemples de mauvaises adaptations, l’adaptation est encore insuffisamment développée et les rapports du GIEC identifient également les barrières à l’adaptation.

Il faut aussi savoir qu’il y a des limites à l’adaptation dont certaines seront difficiles voire impossibles à dépasser. L’adaptation ne peut pas prévenir toutes les pertes et c’est aussi pour ça qu’il faut limiter le changement climatique et réduire les émissions de gaz à effet de serre le plus vite possible.

Et du côté des réductions, on peut lire quoi ?

On peut lire qu’il existe des mesures efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dont certaines sont déjà déployées. Au moins 18 pays ont vu leurs émissions de gaz à effet de serre se réduire sur plus de 10 ans même en prenant en compte les importations. Les leviers de réduction des émissions sont nombreux. Le rapport du GIEC note par exemple que des options de réduction coûtant moins de 100$ la tonne de CO2 pourraient réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre mondiales en une dizaine d’années. Là encore, les actions sont très insuffisantes aujourd’hui et c’est un potentiel théorique qui est peu mis en pratique.

Bon, je crois que sur le fond, on a traité les axes principaux  de la vidéo du Raptor, il serait peut-être temps de conclure ?

On peut le faire en écoutant le Raptor nous parler de consensus.

Vous avez probablement entendu qu’il y avait consensus sur la question climatique jusqu’à quatre-vingt-dix-sept pour cent des scientifiques tous d’accord sur tout. Bon, d’abord l’étude à l’origine de ces quatre-vingt-dix-sept pour cent était un énième scam qui était discrédité après coup par la communauté scientifique et qui ne spécifiait même pas d’ailleurs sur quoi portait le dit consensus. Sur le fait que le climat change, oui tout le monde le sait c’est pas nouveau. Sur le fait que le CO2 est un gaz à effet de serre et que l’activité humaine émet du CO2, oui on est tous d’accord. Mais sur tout le reste que ce soit l’attribution précise des raisons naturelles ou anthropiques, la pertinence des modèles ou encore l’apocalypse annoncée qui ne correspond à rien aux observations, il ne peut pas y avoir  consensus et ne parlons même pas des solutions giga merdiques qu’on va aborder juste après, non ça c’est une farce. 

Ce passage s’appuie encore sur le livre de Koonin. Notons que Koonin fait planer le doute sur l’objet du consensus alors que la seule étude à laquelle il fait indirectement référence explique très clairement que le consensus évalué porte sur l’origine humaine de la majorité du réchauffement climatique. Il se moque vraiment de ses lecteurs  et le Raptor répète sans vérifier.

En réalité, il y a plusieurs études sur le sujet qui montrent toutes un large consensus parmi les scientifiques du climat sur le fait que le changement climatique existe et qu’il est causé par les activités humaines . Ce consensus est d’autant plus fort que ce sont des experts du sujet.Ces études n’ont pas été discréditées par la communauté scientifique. Au contraire, elle les a répétées et l’existence d’un consensus sur l’origine humaine du changement climatique est donc très bien établie. 

Et le consensus sur l’origine humaine du changement climatique, on le voit  aussi dans les rapports du GIEC.

Oui, et en se basant sur les apports, on peut même argumenter que le consensus est bien plus large que ça. Si vous voulez retenir ce qu’il faut savoir sur le changement climatique, ça tient en 5 points qu’on a vus dans cette vidéo :  
1) On observe un changement climatique.

2) Il est d’origine humaine.

3) Il a de graves conséquences.

4) On peut en limiter les dommages.

5) Il y a un consensus entre les experts sur ces points.

Sur ces 5 points, Koonin et le Raptor en remettent 4 en questions de manière très peu convaincante.

N Et ça c’est cool c’est synthétique et ça va me permettre de retenir les principaux points sur le changement climatique. Mais ce qu’il manque maintenant c’est une petite histoire 

Essayons d’avoir une approche positive de cette question du changement climatique. L’humanité parvient à modifier la physique de la Terre au point d’en modifier le climat. Entre nous, c’est déjà une prouesse considérable, ça demande une organisation de grande échelle et le déplacement d’énormes quantités de matière. Ce que nous parvenons à faire en tant que sociétés est physiquement impressionnant.

Malheureusement, ça s’accompagne de graves dommages environnementaux dont le changement climatique. Mais, certains des plus brillants individus de l’humanité ont détecté correctement ce problème et des leviers d’actions pour en réduire les dommages. Mieux, ils se sont organisés pour fournir publiquement un document qui synthétise tout ça pour permettre à l’ensemble de l’humanité de prendre des décisions pertinentes. Et si il est impressionnant de causer le problème, réussir à l’identifier et à proposer des actions pertinentes est également une belle prouesse.

Ne reste plus qu’une dernière étape : que les médias, la société civile, les entreprises et les politiques s’emparent de tout ça et agissent en conséquence. Est-ce qu’on y parviendra ? La question reste ouverte.

Mais, vous imaginez si on échoue parce que des influenceurs sans qualification sur le sujet parviennent à convaincre une partie du public que l’état des connaissances scientifiques est, en fait, une énorme arnaque. Ce serait quand même ridicule. Imaginez si des extra-terrestres regardent notre petit cirque et constatent que si on n’agit pas c’est parce qu’on a décidé de ne pas croire nos experts, on passerait quand même bien pour des cons.

J’ai dit ce que j’avais à dire sur le climat, je vais finir par une partie plus générale sur la désinformation climatique.

D’abord, et c’est une excellente nouvelle, il y a eu beaucoup de réactions, dont certaines très rapides aussi bien sous forme écrites, avec par exemple les articles du média Vert et de l’AFP factuel que sous formes de vidéo avec la réaction à chaud de Bon Pote ou l’analyse plus politique de Blast. La chaîne YouTube Limit avait rapidement sorti une vidéo de réponse et elle vient de publier une analyse plus poussée qui décortique chronologiquement de manière détaillée la vidéo du Raptor et constitue donc un excellent complément à ma vidéo. Je vous recommande d’aller la voir et je salue les collègues qui viennent de passer les 100 000 abonnés. À l’époque où j’avais décortiqué des discours climato-sceptiques sur cette chaîne, cet écosystème n’existait pas et je suis bien content qu’il se soit étoffé.


Dans les bonnes nouvelles, on voit également pas mal de commentaires sous la vidéo du Raptor qui critiquent sa vidéo mais également son travail sur les sources, ou plutôt, son absence de travail sur les sources. Une partie de son public est exigeant et refuse d’avaler simplement ce que le Raptor raconte.

Concernant le livre de Koonin, un truc qui m’a étonné, c’est qu’il cherche surtout à exagérer l’incertitude. Mais, sur le  plan logique, c’est une approche qui est très faible. Si votre garagiste vous dit qu’il y a une chance que vos freins lâchent et que vous ayez un accident mortel, il est probable que vous les changiez que cette chance soit de 10% ou de 80%. 

Pire que ça, l’incertitude nous force souvent à mettre en place des actions plus ambitieuses. Si je bois un demi litre par heure de randonnée pour rester en forme, j’emporterai un litre si je sais que je pars deux heures. Mais si je ne suis pas certain d’être rentré aussi vite, j’emporterai plus d’eau pour être sûr de ne pas avoir de problème. Dans une approche rationnelle, l’incertitude pousse plus naturellement à prendre plus de précautions qu’à en prendre moins.

La stratégie du doute déployée par Koonin est utilisée parce qu’elle fonctionne pour désinformer le grand public. Et les stratégies de doute déployées par différentes industries, dont l’industrie du tabac, le montre bien. Mais, elle est irrationnelle et ne fonctionnera pas sur un public d’experts.

Une autre chose étonnante c’est que ni Koonin, ni le Raptor ne proposent d’explications alternatives au réchauffement climatique observé. Pendant longtemps, les climato-sceptiques ont essayé de nous faire croire que si le climat changeait c’était à cause des nuages, des volcans, du Soleil, ou encore, des rayons cosmiques. Mais, rien de tout ça ne tenait la route. Aujourd’hui, ils ne s’embarrassent même pas de proposer des explications alternatives mais se contentent de faire croire que des dizaines de milliers de publications scientifiques ne nous apprennent rien et qu’on n’a aucune idée de l’influence des différents facteurs. Si ça montre que les climato-sceptiques n’ont vraiment plus beaucoup d’arguments. Ça montre aussi que produire un argumentaire scientifiquement convaincant n’est pas nécessaire pour désinformer, ce qui est une moins bonne nouvelle.

Sur les points inquiétants, j’ai l’impression qu’à défaut de parvenir à remettre en question la réalité physique du changement climatique, de ses origines et de sa gravité, les attaques des climato-sceptiques sont de plus en plus des discours de remise en question de la pertinence d’une transition énergétique. Les attaques ne concernent pas que l’origine du changement climatique mais également des leviers d’adaptation ou de réduction des émissions. Et ces attaques continueront de nous occuper sur la chaîne, qu’ils viennent des climato-sceptiques ou d’ailleurs.

Au passage, petit aparté pour les habitués de la chaîne, il me paraît extrêmement clair que le respect des éléments scientifiques est une base indispensable pour une réflexion utile et constructive sur les problèmes environnementaux en général et sur le changement climatique en particulier. Je pense qu’il est utile de tracer une ligne rouge de ce style : on ne ment pas sur les éléments scientifiques en général et sur le contenu du rapport du GIEC en particulier. Si la critique est bienvenue, elle doit être convenablement étayée. Quelqu’un qui attaque les éléments issus d’un processus comme celui du GIEC sans justifications adéquates ne mérite pas d’être écouté. 

Dans cette vidéo, on a vu ce qui faisait la force de l’approche scientifique. On a également vu ce qui faisait qu’un rapport du GIEC était crédible et pourquoi il est logique de s’y fier. Au passage, il paraît sain d’arrêter de se fier aux individus qui désinforment sur le contenu des rapports du GIEC.

J’ai pris le temps de regarder de près quelques passages de la vidéo du Raptor et du livre de Koonin sur lequel il se base. Dans ces passages, on a constaté de nombreuses erreurs, approximations, mensonges par omissions et raisonnements irrationnels.

Concernant le changement climatique, on a vu 5 points importants : il existe, il est d’origine humaine, il est grave, on peut faire des choses et les experts sont d’accord sur ces points. Aujourd’hui, nous n’en faisons pas assez pour réduire les dommages du changement climatique, mais nous avons la possibilité d’en faire davantage. Alors, au boulot !

J’espère que cette vidéo vous a plu et que vous avez appris des choses. J’ai longtemps hésité à la faire parce que je ne sais pas si c’est utile. En particulier, je doute que des personnes convaincues par la vidéo du Raptor puisse changer d’avis en regardant la mienne. Je suis curieux de savoir ce que vous en pensez. Est-ce que cette vidéo valait le coup d’être faite ?

J’espère aussi que cette réaction ne sera pas trop tardive pour être pertinente mais les analyses de discours climato-sceptiques que j’ai déjà produit sur la chaîne étaient également sorties longtemps après les discours auxquels ils répondaient et je les pense tout de même utiles.

Pour ne pas y passer un temps fou, j’ai travaillé tout seul et relativement rapidement. Ce script a été moins relu par rapport à d’autres et j’ai fait le montage moi-même en y passant un temps limité. J’ai également couvert en priorité les parties de la vidéo que je trouvais les plus problématiques et que je connaissais déjà plutôt bien. Désolé pour ces limitations ! 

Un immense merci à ceux qui me soutiennent financièrement et permettent à ce contenu d’exister et d’être accessible à tous ! C’était Le Réveilleur et à bientôt sur le net !

Cette vidéo est une analyse critique de celle du Raptor sur le changement climatique. En description, il donne des sources (en insultant copieusement le lecteur)

Sur le livre qui sert de base au Raptor

La vidéo du Raptor a été critiquée ailleurs (liste non exhaustive !) :

Sur le GIEC et la production scientifique :

Sur la “Red Team” tel qu’imaginé par Steven Koonin.

Sur les modèles climatiques

Sur le consensus scientifique sur l’origine humaine du changement climatique

Il y a un consensus entre les experts sur ces points.

C’est un sujet qui est clos depuis déjà plusieurs années et le consensus scientifique sur l’origine humaine du changement climatique est largement établi. Voir, par exemple, The Consensus HandbookThe Cook et al. (2013) 97% consensus result is robust et The 97% consensus on global warming.

La seule étude à laquelle Koonin (et le Raptor) fait indirectement référence est : Cook, J., Nuccitelli, D., Green, S. A., Richardson, M., Winkler, B., Painting, R., … & Skuce, A. (2013). Quantifying the consensus on anthropogenic global warming in the scientific literature. Environmental research letters, 8(2), 024024.

Cinq points à retenir sur le changement climatique :

On observe un réchauffement climatique.

Il est d’origine humaine.

Il a de graves conséquences.

On peut en limiter les dommages.

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