Trade Republic, Finary… Les fausses promesses de l’éducation financière [ARGENT MAGIQUE]


Que se cache-t-il derrière les promesses des vidéos “d’éducation financière” ? Est ce qu’il suffit de savoir épargner pour devenir riche ? Quel est le vrai modèle de société promu par Trade Republic ?
Et si le secret de la richesse était déjà devant nous depuis tout ce temps…

SCRIPT

Intro : 

G – Bon Marino, j’ai re regardé nos anciens épisodes, y a un truc qui va pas du tout là.

M – Ah oui quoi ?

G – Bah si on continue comme ca on sera jamais riches ! Surtout toi. Regarde, on n’est pas proprio, on n’a visiblement pas de gros héritage dans les tuyaux, et on n’aime pas la réussite.

M – Ah oui vu comme ça… Pis on a pas choisi le métier qui paie le mieux !

G – De toute manière, j’ai regardé pas mal de vidéos le weekend dernier, il semblerait que le secret de la richesse ce soit : “l’éducation financière” : Faut qu’on apprenne à gérer notre thunasse Marino !

M – Mais… Le problème c’est pas justement qu’on en a pas !?

G – Erreur de débutante ! Mauvais diagnostique. De toute manière en France on n’a vraiment pas la culture de l’investissement, contrairement à je sais pas moi, l’el dorado… les Etats-Unis. 

Mireille Weinberg – Journaliste indépendante, spécialiste de l’épargne

3:23 : L’américain il se lève le matin, il regarde le cours de bourse pour savoir ou en est sa retraite. En france, c’est vrai qu’avec les fonds garantis en euro, les livrets A, on a pas trop l’habitude de ce genre de trucs. Et c’est dommage ! 

G – Et alors Marino ?! Me dit pas que t’es une risk averse! T’as pas envie de te lever le matin la boule au ventre pour voir si t’auras une retraite ou non ?

M – Ben si ! Moi j’adore l’adrénaline ! En ce moment je me délecte du stress de voir peut être bientôt démarrer la 3ème guerre mondiale, c’est vrai que si on pouvait rajouter celui de voir sa retraite s’effondrer en direct avec la bourse. Comment dire non à ça ! 

G – Et ben t’inquiète pas ! Il est pas trop tard pour sauver les français et leur épargne. On va plonger dans le monde : des conseils d’investissement… Sur YouTube ! 

Finary – Guide débutant : Investir 10 000 € de manière intelligente ! (30/11/2023)

00:07 : dans cette vidéo je vous donne ma feuille de route pour investir cette somme de façon optimale c’est parti

Hasheur – Générez des intérêts sur vos cryptomonnaies | Tutoriel débutant 2025 #4 (31/082025)

0:00 : Bonjour et bienvenue dans ce 4e tutoriel sur les cryptonnaies. Aujourd’hui, on aborde selon moi l’une des notions les plus importantes, ce qui différencie souvent l’investisseur qui est perdant et celui qui sur le temps long arrive à constituer un capital et à générer des profits dans le monde des cryptos.

M – Puis il y a Trade Republic aussi, alors eux ils sont partout hein. Déjà il y a les sponso pour leur app qu’on retrouve chez pas mal de monde [penser à faire des pauses au cas ou si incrustation exemple entre les phrases] : par exemple là 5 vidéos d’Hugo Décrypte sponsorisé par eux, il a aussi fait des sponso sur son compte insta en story, puis on a aussi ces deux vidéos de Micode aussi ;

G – D’ailleurs dans cette même vidéo sponso par Trade Republic, on a son directeur Général, Matthias Baccino, qui est invité sur la vidéo en tant qu’expert sur le sujet, sous un format d’interview classique. 

M – Ce même Matthias, il a aussi été invité plusieurs fois sur l’émission Legend de Guillaume Play, pour parler investissement et gestion de budget en tant que ancien trader, mais toujours en mettant en avant le nom de son appli, avec un petit lien en description pour y ouvrir un compte. 

G – Puis il passe même à la télé, Bref, on a de la matière

SQOOL TV – Pourquoi l’éducation financière n’est-elle pas enseignée ? (09/11/2022)

Matthias Baccino

00:08 : la première chose qu’on peut dire sur ce sujet c’est quand même que c’est pas de la faute des jeunes françaises des jeunes Françaises si le seul endroit où ils peuvent recevoir une éducation financière décente c’est sur les réseaux sociaux. Je veux dire, à l’école on a de l’éducation sexuelle, de l’éducation civique, l’éducation sportive, on apprend à disséquer des grenouilles. On n’apprend pas à investir pour protéger sa retraite on n’apprend pas à gérer un budget familial on n’apprend pas ce que c’est que les intérêts composés on n’apprend pas comment on gère un crédit on n’apprend pas tout ça.

G – Allez c’est parti Marino ! Aujourd’hui, on reprend le pouvoir sur notre avenir… Surtout le tient ! On apprend à investir notre argent ! Fini la pauvreté !

(Ajouter du sarcasme pour faire comprendre les points négatifs qu’on va soulever dans l’épisode ?)

__________________ 

Partie 1 : Le discours de Matthias Baccino

G – L’éducation financière c’est pas si compliqué. Tous les influenceurs sur le sujet disent plus ou moins la même chose.

M – Par exemple Matthias Baccino, directeur commercial chez Trade Republic. 

G – Alors spoiler, on va pas mal décortiquer le fonctionnement de cette banque en ligne, c’est surement l’une des plus connue, on la voit partout sur Internet… elle va nous servir de cas d’école. Parce que toutes ces “néo-banques” qui se focalisent sur la bourse – d’ailleurs du côté des régulateurs ils les appellent des “néo-broker” – en fait elles tiennent toutes le même discours. 

M – Bon, Matthias Baccino,  c’est un ancien trader de chez BNP qui aujourd’hui s’est donné pour mission d’expliquer aux gens, surtout les jeunes, comment prendre le contrôle de leur argent pour… devenir riche. Rien que ça.

G – Les mauvaises langues diront certainement que le vrai moyen pour devenir riche c’est d’avoir le salaire d’un trader chez BNP. Mais, ce sont des jaloux qui n’ont rien compris.

M – C’est pas ce que t’as fait toi ? Trader chez BNP ?

G – Oui… C’était y a longtemps

M – Mais c’est un complot là, pourquoi tous les gens qui parlent de finance ont été trader chez BNP ? 

G – De toute manière la vraie méthode pour devenir riche c’est pas tant d’avoir un super taff hyper bien payé. Nan, la vraie solution c’est : l’éducation financière ! Et l’éducation financière c’est pas compliqué. Les finfluenceurs disent tous à peu près tous la même chose ! On a identifié 9 règles… 9 pilliers… 9… Comment on pourrait les appeler ? Les… nazguls de l’éducations financière.

M – Qui ça ?

G – Les nazguls ! Le seigneurs des anneaux ?! Les 9 anneaux de pouvoir… Nan ?

M – OK ! On va dire des règles si tu veux bien

G – Faisons comme ça

M – Règle numéro 1 : L’éducation financière, c’est pour tout le monde.

PARADOX sans filtre – Les conseils de Matthias Baccino

12:30 “la première chose à comprendre à accepter plutôt que de comprendre c’est c’est plus l’enjeu c’est plus d’accepter ça c’est que c’est simple épargner faire un budget investir pour ta retraite c’est simple c’est pas difficile du tout c’est un truc je peux te l’expliquer en 30 minutes tu le sauras toute ta vie et c’est pas compliqué si tu veux 

  • donc changer rapport au côté de ou là c’est lourd c’est dur je vais jamais y arriver qui en fait une une forme de histoire que je me raconte alors qu’en fait ça peut être vraiment simple
  • c’est simple c’est pas ça peu c’est c’est simple les principes de bonne gestion financière c’est simple comme une page A4”

G – Voilà, ne commencez pas à vous exclure du groupe pour je ne sais quelle raison de fausse modestie de gôche ou manque d’argent… Non ! Il faut y croire. Gagner de l’argent avec de l’argent, même si on n’a pas d’argent : non seulement c’est possible mais en plus de ça, vous allez voir, c’est simple !

M – Règle numéro 2 : attention, c’est pas intuitif, on ne dépense pas plus que ce qu’on gagne !

PARADOX sans filtre – Les conseils de Matthias Baccino

36:40 : la première grande vérité c’est qu’il faut dépenser moins que ce que tu gagnes c’est le point de départ si tu fais pas ça tu fais tu fais rien d’autre la clé c’est de dépenser moins que ce que tu gagnes et de commencer comme ça avec ton tout premier salaire si tu commences comme ça avec ton tout premier salaire tu le feras toute ta vie

G – Voilà… Pour avoir de l’argent quand on en a pas il suffit de… se serrer la ceinture. C’est tout bête. Beaucoup de gens oublient cette règle d’or, et en même temps en France on est tellement nul en finance… Bref, si vous gagnez 1,500€, il faut pas dépenser plus que 1,500€ par mois. C’est tout.

M – D’ailleurs… Vous savez les agios !? C’est relou ça non ? Et ben petit hack, pour pas en avoir, il suffit de ne pas dépenser plus que ce que vous avez sur votre compte.

G -Voilà ! Vous sentez le pouvoir de l’éducation financière qui commence à infuser là déjà un peu ?

M – règle numéro 3 : On ne se compare pas aux autres. 

PARADOX sans filtre – Les conseils de Matthias Baccino

38:58 : “deuxième chose avec l’argent on ne se compare pas aux autres c’est ton argent c’est ta vie c’est il y a aucune raison de te comparer aux autres […] la chose qui peut être intéressante pour se motiver c’est éventuellement de se comparer à la moyenne des gens ça ça peut être intéressant parce que ça permet de se situer ok donc tu sais par exemple qu’en France les gens en moyenne ils mettent 16 % de ce qui gagne de côté ça s’appelle le taux d’éparne ok c’est pas mal quand même desjà tu sais par exemple qu’il y a euh 120000 personnes qui sont surendetté en France tu sais qu’il y a 500000 personnes en France qui sont en difficulté financière c’est qu’il y a l’immense majorité des Français qui ont déjà payé des Agos sur leur découvert donc si tu le fais toi aussi tu te sens moins coupable si tu sais que c’est l’immense majorité des Français qui font ça tu vas plus facilement en parler si tu en parles tu vas recevoir de l’aide tu vas recevoir des conseils tu vas recevoir un des encouragements tu vas recevoir de la force en fait tout simplement donc ne dépenser moins que ce qu’on gagne ne pas se comparer si tu te compares pas tu vas oser en parler d’accord oser en parler ne pas se comparer c’est vraiment hyper important

G – On a tendance à avoir un rapport émotionnel à l’argent : on se compare aux autres qui ont mieux réussi, on a honte, parfois on est jaloux mais… Il n’y a aucune honte à être riche ou pauvre. Parce que finalement l’argent c’est quoi ?

“l’argent c’est un outil, c’est un outil et c’est un outil qui sert à une chose développer le progrès humain”

G – Et le progrès humain, c’est bien ! Donc, arrêtons de nous comparer bêtement les uns aux autres, de pinailler sur des questions de “justice sociale” ou de “qui mérite quoi ?”… Progressons ensemble.

M – Parce que, moins les pauvres auront honte d’être pauvres, plus ils seront en mesure de parler de leur pauvreté avec leurs proches, de glaner des conseils ici et là, de regarder leurs finances bien en face, d’arrêter de se surendetter bêtement pour un écran plat dont ils n’ont pas besoin et de se mettre enfin à acheter des produits financiers.

G – La transition est parfaite pour la suite

M – Règle numéro 4 : Ne pas spéculer, investir 

G – Il ne s’agit pas de jouer en bourse, de spéculer… pour se payer un écran plat le mois prochain tient… Non ! L’investissement c’est du long terme… Il s’agit d’être rigoureux et surtout patient… Les rendements boursiers seront au rendez-vous mais… Pas tout de suite.

M – Il faut commencer par mettre de côté une épargne de réserve, qui correspond à 3 à 6 mois de salaires. Ca, c’est le matelas de sécurité s’il faut réparer la voiture ou aider un proche. On ne l’investit pas en bourse.

G – Par contre, tout ce qui vient après ça oui, on l’investit mais… Avec pour objectif de le récupérer dans 30 ans, pour la retraite. Ce qui nous amène à la règle suivante… Encore une excellente transition.

M – Règle Numéro 5 : La retraite par répartition est morte, alors c’est à vous de vous prendre en main ! 

48:12 : “Y a un réalité qui est certaine aujourd’hui, si vous ne faites rien individuellement, à partir de 2045, vous allez vous appauvrir. Parce que malgré ce vous disent les populistes politiques, les pensions de retraites, à partir de 2045, elles vont baisser sévèrement. Le déficit du système français, il est confirmé par tous les économistes, au moins jusqu’en 2070. Donc les prévisions les plus raisonnables, c’est pas catastrophisme. J’suis pas là à faire du complotisme hein ! C’est les prévisions les plus raisonnables d’économistes. La retraite aujourd’hui, c’est à peu près 80% de ton dernier salaire d’accord ? A partir de 2045, ce sera 60%.”

M – Wow trop flippant ! C’est vrai ce qu’il dit !?

G – Mmmmmm… règle suivante, s’il te plaît

M – Règle numéro 6 : Les banque traditionnelles jouent contre vous, il faut s’en défaire.

Finary – Comment investir en bourse ? Le guide pour débutant (2026) (13/11/2024)
1:54 : “le compte courant qu’on a tous sur ce compte courant vous ne touchez aucun intérêt mais votre banque elle se sert de cet argent pour le placer et gagner des intérêts avec pendant ce temps-là vous vous perdez du pouvoir d’achat à cause de l’inflation”

(Je préfère celui là : ) 

Matthieu Louvet – S’investir – J’ai infiltré les pratiques (cachées) des banques… c’est grave. (09/03/2026)

2:22 : Frais de tenue de compte, frais de carte bancaire, incident sur 40 ans de vie active, c’est 9156 €. Mais ça c’est juste ce que vous voyez parce qu’en réalité votre banque prélève bien plus sur votre crédit immobilier, sur votre épargne et sur beaucoup d’autres choses.

G – Alors, moi non plus je suis pas complotiste ! Mais : est-ce que vous saviez que le compte courant de BNP Paribas, Société Générale, de toute les banques en vrai… il est rémunéré par la Banque Centrale ? Et vous, votre compte courant… Il est rémunéré ou pas !?

M – C’est vrai ! Les banques ont elles même une banque, la banque centrale, qui rémunère leur compte courant au taux de 2% en ce moment. Ca fait parti de ce qu’on appelle les “taux directeurs”… Et effectivement, les banques classiques ne transfèrent pas cette rémunération à leurs clients.

G – Parce qu’elles savent que vous n’en savez rien ! Alors que chez Trade Republic – et chez d’autres néo-broker – ils sont honnêtes ! Non seulement ils vous donnent l’info mais en plus ils vous filent les sous. Le compte courant de Trade Republic est rémunéré à 2%. Or, vous vous souvenez de votre épargne de réserve ? Les 3 à 6 mois de salaire là. Eh bien il faut ABSOLUMENT protéger cette épargne de l’inflation qui vous fait perdre du pouvoir d’achat.

M – Et quoi de mieux pour la protéger que le Livret Développement Durable et Solidaire d’une banque classique rémunéré à 2.5% ?

G – Marino… Bah non là !!!

M – Ah oui non ! Quoi de mieux pour la protéger que le compte courant de TR rémunéré à 2% ?

G – Oui merci… On a perdu le flow là… Bon, règle suivante

M – Règle numéro 7 “Aux États-Unis tout le monde investit.”

[Extrait vidéo]

G – Et comme les états-unis c’est mieux que la France. Les inégalités y sont plus importantes, l’espérance de vie plus basse, la mortalité infantile plus élevées, le taux de pauvreté des retraités plus important, celui des plus jeunes aussi, le patrimoine médian est plus faible qu’en France… J’pense que c’est incontestable, c’est THE exemple à suivre. Donc faisons comme aux Etats-Unis quoi !

M – Règle numéro 8 : ETF Monde + Long terme = pas de risque, mais gros rendements

[Extrait ETF c’est simple et ça fait que monter]

Finary – Comment investir en bourse ? Le guide pour débutant (2026) (13/11/2024)

12:15 : “une alternative simple et efficace pour investir en bourse sont les ETF vous avez sûrement déjà entendu ce sigle quelque part peut-être sur ma chaîne les ETF ou Exchange Traded funds ce sont des paniers d’action côté en bourse il répliquent la performance d’un indice boursier comme le CAC40 le SNP 500 ou le MSI World en investissant dans un ETF vous diversifiez immédiatement votre portefeuille car vous détenez des parts dans des dizaines d’entreprises voire des centaines cela réduit votre risque tout en vous offrant une exposition beaucoup plus large au marché”

G – Bref… C’est diversifié donc c’est sans risque et en même temps c’est performant…

“ les chiffres sont simples, depuis 120 ans, la bourse du monde entier, c’est 5 et demi % par an, en moyenne”

G – Bon, l’indice “MSCI World” a été créé en 1986 donc… On va faire confiance à Matthias avec son chiffre de 5.5%… J’sais pas trop d’où il sort mais… OK… Nous on a réussi à récupérer les données de l’indice jusqu’en 1998 et la performance moyenne elle est de 6.3%. Donc voilà… C’est performant et en plus, c’est sans risque, tout le monde sait bien que la bourse… À long terme, ça ne fait que monter.

M – Et comme le disait Keynes, grand économiste anglais spécialiste de la bourse : “À long terme, on sera tous mort”

G – Marino ?!…

M – Ah mince non, pardon… Oubliez Keynes !

G – Bon, on est obligé de passer deux secondes sur ces histoires d’ETF quand même. Il s’agit d’un outil financier qui à beaucoup gagné en popularité ces dernières années. Plutôt que de sélectionner les actions des entreprises qui – selon vous – devraient performer… faut être un expert, et même eux se plantent… c’est mieux d’investir dans un peu toutes les actions en même temps. C’est comme parier sur “la hausse de toutes les bourses partout dans le monde”… MSCI World par exemple, c’est un indice permet de faire la moyenne de la performance de toutes les bourses des pays développés. En pariant là-dessus, même si y a une ou deux bourse qui baissent pour des raisons… de crise économique nationale…, ben avec les autres qui montent, ça compense.

M – Et le gros avantage c’est que est-ce que – comme chacun sait – toutes les bourses du monde ne peuvent pas s’effondrer en même temps. Regardez le MSCI World… Vous voyez des moments où ça baisse vous ? Oui bon si on ignore les deux trois moments ou ça baisse, eh bah on voit clairement que ça n’a jamais baissé ! Eh oui on invente rien

G – Sans risque on vous dit… Règle suivante…

M – Finalement règle numéro 9 : “L’éducation financière va faire de vous un homme ou une femme libre.”

G – Libre de respirer, de voir votre argent travailler pour vous, de voir que la finance c’est du positif… Oui vous vous êtes privé de la soirée resto avec les potes ce mois-ci pour mettre des thunes dans des ETF mais regardez, dans 30 ans… Vous pourrez vous en payer… 6 des restau… Bon après ça dépend de l’inflation parce que dans 30 ans…

M – 6 restau dans 30 ans ! Alors, c’est pas beau d’être libre ?

Partie 2 : Le problème c’est le manque de revenu

  • Les idées de la partie : le problème avec ces règles, c’est qu’en fait, la première n’est pas vraie. Ce n’est pas pour tout le monde. Il faut de la thune. l’éducation financière est un projet anti-pauvre

Exemple concret (les plus pauvres auront du mal et récupèreront peanuts)

G – Bon, tout ça était un peu dense, on va prendre le temps de récapituler. Vous commencez par arrêter de dépenser plus que ce que vous gagnez. Il suffit d’un peu de motivation. Vous faites un tableau Excel de vos dépenses, vous faites un budget, vous vous serrez un peu la ceinture. Si votre loyer est trop cher par exemple, c’est souvent ça le souci… on l’a largement montré dans un épisode précédent sur le logement… bon bah la solution elle est évidente…

M – Vous militez pour une définanciarisation du logement.

G – Mais non… Vous déménagez bien-sûr, là où c’est moins cher…

M – Nan mais attends. Et si je peux pas déménager parce que je suis déjà dans un logement social ? Ou si je suis déjà dans le logement le moins cher pas trop loin de mon taff ? Parce qu’après, déménager ça rajoute des coûts de transport… Et puis y a l’école des enfants, leurs activités, déménager c’est pas toujours possible…

G – Marino… Mets y du tiens, sinon on ne va pas s’en sortir ! Règle de base : quand on veut, on peut… Donc… Je reprends : on commence par dépenser moins que ce qu’on gagne pour dégager une petite capacité d’épargne. Par exemple : 50€ par mois. Ensuite, on accumule petit à petit un truc comme, 6 mois de salaire… Ça va permettre d’avoir une réserve de sécurité. En cas d’imprévu, perte d’emploi, besoin d’aider un proche, la voiture qui tombe en panne… Et c’est seulement une fois que cette réserve est en place, qu’on va pouvoir commencer à investir en bourse.

M – Attend mais… 6 mois de salaire. Si je gagne 1200€ par mois, ça veut dire qu’il faut atteindre 7200€ d’épargne… En mettant 50€ de côté tous les mois… Ça va me prendre 12 ans !!!

G – Oui beh… C’est pour être en sécurité Marino ! Il faut être rigoureux.

M – Je serai en sécurité dans 12 ans ! Et qu’est-ce qui se passe si j’ai une galère avant ça ? Qu’est-ce qui se passe si le prix de l’essence dépasse les 2€ et que mon salaire ne suit pas ?… Parce que ça arrive des fois ! Et puis, là, si j’ai pas le droit d’y toucher, ça veut dire quoi ? 12 ans sans partir en vacances ? 

G – Écoute… Euh… Tu te débrouilles d’accord ? “Quand on veut on peut” on a dit. Si tu ne “veux pas assez” fort, c’est peut-être que tu mérites pas de t’en sortir. Est-ce que tu m’entends me plaindre de mes revenus moi ?

M – Mais toi t’as été trader !

G – On ne se compare pas aux autres ! Règle numéro 3 ! Marino ! Ressaisie toi un peu.

M – Ouais désolé… Je peux le faire !

G – Bon, il faut bien penser à déposer ton épargne sur un compte qui te protège de l’inflation. Oui parce qu’on le rappelle, les banques classiques vous arnaquent ! Elles ne rémunèrent pas votre compte courant alors que leur compte courant à elles, celui à la banque centrale, il est rémunéré.

M – C’est ce qu’on appelle la facilité de dépôt. En ce moment elle est de 2%, ce qui correspond à peu près à l’inflation en France. Et l’inflation c’est la vitesse à laquelle les prix augmentent. Donc la vitesse à laquelle votre épargne – et en fait surtout votre salaire 

G – L’épargne Marino ! L’épargne ! 

M – Oui OK la vitesse à laquelle votre épargne perd son pouvoir d’achat.

G – Tu te rends compte un peu du scandal ! Les banques voient leur compte courant rémunéré par la banque centrale ! Est-ce que ton compte à toi il est rémunéré Marino ?

M – Mon compte courant non mais pour protéger mon épargne de l’inflation j’ai un livret épargne populaire rémunéré à 2.5% et plafonné à 10,000€… J’ai le temps avant de les atteindre… Et puis les intérêts sont exonérés d’impôts… Comme pour le livret A, le livret jeune et le Livret Développement Durable et Solidaire d’ailleurs…

G – Bon… Bah le compte courant de Trade Republic il est rémunéré à 2% et y a pas de plafond ! Donc… euh… C’est quand même un sacré avantage !

M – Mais puisque de toute manière j’ai que 7,200€ à mettre de côté avant de commencer à investir en bourse. Mon Livret d’Epargne Populaire il est suffisant. Il est mieux même ! Je gagne plus et je suis exonéré d’impôt. En vrai, là où l’inflation est problématique c’est plutôt par rapport à mon salaire ! Autant je peux protéger mon épargne grâce aux livrets d’épargne réglementés, autant je peux pas être sûr que mon salaire va augmenter autant que l’inflation.

G – Tu t’égares Marino. Ce qui compte c’est la protection de tes 50€ d’épargne, pas de tes 1,200€ de revenus ! Donc… Euh… reprenons “tu commences par mettre 6 mois de salaire de côté sur un compte qui te protège de l’inflation”.

M – 12 ans d’effort… Et le plus avantageux c’est utiliser mon LDS.

G – Si tu veux… Ensuite, tu commences à utiliser tes 50€ d’épargne mensuel pour acheter des ETF ! Tu vises un périmètre très large, comme par exemple l’indice “MSCI World”, est c’est parti pour les 5.5% par an pendant 30 ans jusqu’à la retraite.

M – Mais… S’il m’a fallu 12 ans pour constituer ma réserve de sécurité… En partant du principe que j’ai jamais eu à m’en servir en plus… Parce que j’imagine que si je pioche dedans, il faut la reconstituer ?

G – Ah oui c’est crucial ! Il faut être rigoureux ! Si on pioche dans la réserve, on la reconstitue en priorité. La bourse c’est uniquement si la réserve est pleine.

M – Ouais voilà… Donc… 12 ans de compte épargne sans vacances, sans accidents et sans que le prix de l’essence dépasse les 2€. Plus encore 30 ans de bourse derrière ! Ca fait 42 ans à se serrer la ceinture. Si je démarre à 25 ans, ça veut dire que je commence à en profiter à 67 ans !

G – Oui bah c’est parfait pour la retraite ça ! 67 ans… En partant du principe que tu mourras 20 ans plus tard, grâce aux gains cumulés et réinvestis, tu vas pouvoir bénéficier – à partir de 67 ans – d’un revenu supplémentaire de 300€ par mois ! C’est pas beau ça ?!

M – 300€ par mois ! Mais je peux pas vivre avec si peu…

G – Nan mais c’est 300€ en plus de ta retraite

M – Je croyais que le système de retraite français allait s’effondrer ?

G – Nan… Il sera moins généreux on a dit. On était parti sur une perte de revenu de l’ordre de 20%.

M – Chiffres qui sont faux mais on en parlera après…

G – Bon ben, 20% de 1,200€ ça fait 240€ par mois en moins… Nous on te propose d’en récupérer 300… Donc, hausse de ton pouvoir d’achat par rapport à un retraité d’aujourd’hui ! C’est pas beau ça ! Et pis si ça se trouve la bourse fera encore mieux que 5.5%. On sait pas !

M – Mouais… Ou alors elle fera moins bien !

G – Mouais… D’ailleurs en parlant de ça, en cas de crise financière ou de “vie plus longue que prévue”… Ça vaut le coup de pas partir sur 300€… Après faut faire des scénarios… Bon, pfff tu verras ça plus tard… Mais, c’est p’tet plus prudent de tabler sur du 240€ pas mois au lieu de 300… Voilà c’est une sécurité supplémentaire parce que bon, les crises tout ça. Après, si tout se passe comme dans le plan – si y a pas de crise et que tu meures à l’âge prévu – ben comme t’auras dépensé un peu moins, ça permettra de laisser un peu de sous en héritage à tes proches.

M – 240 !!! C’est vachement moins que 300 là quand même ! 20% de moins !

G – Ne t’embrouilles pas avec des pourcentages Marino, c’est trop compliqué pour toi.

“le premier problème c’est que tout est exprimé en pourcentage” “il y a à peu près 70 75% des gens en France qui naturellement s’arrêtent de réfléchir c’est dire… c’est pas de leur faute d’accord c’est parce que la France est pas très bonne pour enseigner les mathématiques aux enfants ça se voit dans tous les classements d’ailleurs et du coup ils ont un blocage par rapport à ça”

G – Bon du coup, 60€ de moins que prévu mais y a pas le choix, si y a une crise financière façon 2008, l’indice “MSCI World” avait baissé d’environ 20% deux années de suite… Donc, dans ton scénario de retrait, c’est bien de faire comme si une crise similaire allait arriver histoire que si jamais ce soit le cas, tu te retrouves pas avec seulement 180€ par mois.

M – Mmmm… Et si y a une crise financière plus balèze que celle et de 2008 ? Et si, en plus de ça, je vis plus vieille que 87 ans ?

G – Et ben… Il faut retirer encore moins que 240€… Bon, mais tu verras ça plus tard ! Alors, elle est pas belle la solution de Trade Republic !? 50€ deviennent 240€ ! Et tout ce qu’on te demande, c’est un peu de rigueur et de maîtrise de soi. Pendant 42 ans.

M – Mais je croyais que c’était une solution pour devenir riche ? 240€ par mois quand je serai vieille ? C’est ça la richesse ?

G – Bah… C’est 20% de ton revenu actuel… C’est pas énorme ça !?

M – Tu sais bien que je comprends pas les pourcentages… Et puis… Par rapport à ce qu’un trader de chez BNP a pu mettre de côté… Je suis encore loin de faire le poids quand même. 

G – Tu oublies encore la règle numéro 3 : on ne se compare pas aux autres. Tu te mets des bâtons dans les roues Marino !

Multiplication de l’épargne mais grosse incertitude

M – Bon, vous l’avez compris, la bourse – si elle ne baisse pas – peut transformer des petites sommes en grosses sommes. Mettre 50€ de côté tous les mois pendant 30 ans ça permet d’accumuler 18,000€. Mais avec les rendement de la bourse – encore une fois, s’il sont positifs comme prévu – vous pouvez rajoutez par-dessus 27,000 €. Votre épargne se retrouve 2.5 fois plus grosse que si vous n’aviez rien fait. En plus de ça, une fois à la retraite, si d’un côté vous piochez dans vos économie pour vivre, mais que de l’autre, les économies restantes continuent de faire des petits en bourse. A la fin, vous pouvez récupérer encore 27,000€ de plus.

G – Encore une fois, ça c’est en anticipant une hausse constante de la bourse de +5.5% par an. Si jamais une crise financière vient casser cette belle mécanique, et/ou que les rendements de la bourse sont plus faibles qu’attendu, les montants peuvent être beaucoup plus faibles. Et le truc, c’est que l’impact n’est pas le même en fonction de la “taille de la crise” et aussi du moment où elle frappe : pendant que vous épargnez ou pendant vous êtes à la retraite en train de retirer. Tout ça est très anxiogène. Au final, vous ne saurez jamais exactement combien vous pourrez effectivement récupérer.

La bourse ne rendra pas riches les pauvres, l’enjeu c’est le salaire

M – Bon mais admettons : tout se passe bien. Au mieux du mieux, en ayant mis 50€ tous les mois, vous récupérez 300€ par mois pour votre retraite. Ce qui correspond à 25% de votre dernier salaire. Maintenant imaginez une personne qui gagne 5,000€ par mois et qui réussi à en épargner 1,000€. Déjà, son épargne de sécurité est constituée en 2 an et demi. Vous ça vous a pris 12 ans… Donc elle va bénéficier de 10 ans de hausse de la bourse de plus que vous. Finalement, elle pourra récupérer 11 mille 400 tous les mois pour sa retraite. Soit 230% de son dernier revenu.

G – Est-ce que vous voyez un peu le délire d’inégalité que ça génère ? Vous, avec votre petit salaire, vous êtes serrez la ceinture pendant 42 ans pour récupérer 300€ par mois à la retraite mais une personne aisée, qui n’a pas réellement eu besoin de faire d’effort… L’épargne s’est faite toute seule… Aucun serrage de ceinture nécessaire, vacances à l’étranger tous les ans… Va récupérer 11 mille 400 balles par mois ! 38 fois plus que vous !!! 

M – Cette personne avait déjà un revenu 4 fois plus élevé que le votre quand elle travaillait mais grâce à la bourse, son revenu va exploser à la retraite et il va devenir devenir 38 fois plus élevé que le votre ! 

G – La règle d’or dans toute cette affaire c’est effectivement de ne surtout pas se comparer aux autres ! Sinon y a moyen d’avoir envie de sortir les fourches !

M – En fait, les clefs de la richesse avec les histoires de rendements qui s’accumulent c’est… La durée d’investissement, il faut démarrer tôt, et les montants investis, il faut qu’ils soient importants dès le début. Qui a les moyens d’investir – très tôt dans sa vie – des montants significatifs ? 

G – Ceux qui sont déjà riches ! Ceux qui ont hérités ! Ou ceux qui démarrent leur carrière avec des revenus importants ! Comme les traders chez BNP par exemple. Oui, la bourse peut multiplier votre épargne – si tout se passe bien – mais non cette multiplication ne sera jamais assez importante pour transformer les pauvres en riches. Pourquoi ? Parce que les riches auront toujours l’avantage, la multiplication de la bourse les favorisera toujours plus que vous ! Ils démarrent plus tôt, ils déposent des plus gros montants et aussi… Ils sont bien mieux conseillés ! 

M – Le seul véritable moyen pour réduire l’écart entre les riches et les pauvres c’est… La redistribution. Soit en fixant des salaires maximum indépassables, soit en taxant toujours d’avantages les hauts revenus. Le véritable enjeu pour 99% de la population ce pas la rémunération de l’épargne, qui ne représente qu’un petit morceau de ce que vous touchez tous les mois, c’est justement CE QUE VOUS TOUCHEZ et utilisez tous les mois via : le salaire, les aides sociales et les services publics.

G – C’est d’ailleurs un truc que l’on voit tout le temps dans les vidéos, par exemple ici. Dans cette vidéo de Finary, on voit une miniature qui promet un truc de ouf. Une personne qui à un salaire de 1,700€ par mois mais qui à réussi à se faire un patrimoine de 56k€ « certifié sans héritage » ! C’est énorme ça ! 

M – Et le présentateur est bien là pour nous dire qu’il n’a jamais vu une telle rigueur financière ! Croyez-moi, je gère un truc de rigueur financière !

G – Et le secret, c’est quoi ? Bah c’est de gagner plus de 1,700€ En fait, son revenus quand on ajoute les primes, la participation, les aides sociales, avantages divers de l’entreprise, on arrive à plus de 2,200€ par mois. Pas besoin de payer la mutuelle non plus, en tout cas il n’y a pas de dépense de mutuelle… En vrai, rien dans le budget de cette personne n’indique de privation ou de gestion ultra ouf. C’est une personne qui à une voiture, un chat, un abonnement netflix, enfin qui à la vie normal de quelqu’un de 27 ans qui fait un peu attention à sa thune. Si elle peut se faire un patrimoine c’est pas parce qu’elle se prive d’un budget vacances pour 1000€ par an. C’est quelqu’un qui vit normalement, qui à un revenu moyen, ne cherche pas à flamber sa thune et qui du coup, à comme beaucoup de français qui a ce niveau de revenu une épargne.  

(enchaîne sur le fait que par contre elle va arriver très vite au 6 mois. Donc en fait elle va pouvoir faire de l’argent sur l’argent plus vite. mais que quelqu’un qui gagne 4k€ va le faire encore plus vite.)

La vraie nature du surendettement

G – L’importance du revenu, on le voit quand on s’intéresse au problème du surendettement. J’avais fait une vidéo sur le sujet, je vous encourage à aller la voir. Mais en gros, les surendettés ne sont que très rarement des personnes qui ont un problème de dépenses, il s’agit plutôt de personnes à qui il arrive un accident de revenu !

M – Eh oui, le cliché du surendetté qui gère son budget avec les pieds et qui dépense tout au casino – ou qui perd tout en bourse… – est très répandu mais c’est complètement faux. On en veut pour preuve “l’enquête sur la typologie des ménages surendettés” de la Banque de France – qui est en charge des dossiers de surendettement. On peut y lire que si la catégories des “ménages aux comportements budgétaires imprudents” existe belle et bien, il s’agit de cas qui sont très minoritaires.

G – Encore une fois, la véritable cause du surendettement c’est la perte de revenus : une perte d’emploi, un divorce, un accident… La diminution du revenu, donc du niveau de vie, déclenche une situation de serrage de ceinture – avec potentiellement aussi une utilisation de l’épargne – qui n’est pas tenable sur le long terme. L’erreur qui mène à la catastrophe, c’est le pronostic malheureusement erroné dû “les choses vont revenir à la normale d’ici quelques mois”. Le crédit est perçu comme un moyen de “tenir quelques semaines de plus”, le temps de retrouver son revenu d’avant. Sauf que le revenu d’avant ne revient pas, ou il revient trop tard, les intérêts des crédits se sont accumulés. Voilà, ce qui provoque le surendettement.

M – D’ailleurs, les associations qui s’occupent d’aider les personnes surendettées disent bien que la solution pour s’en sortir c’est d’en parler. A un ou une assistante sociale, à une association comme crésus, mais aussi à son conseiller bancaire qui – s’il fait bien son métier – connaît la situation et les pièges dans lesquels ne pas tomber.

G – Or, un conseiller bancaire, c’est justement ce que des applications comme Trade Republic ne proposent pas ! Vous accès à la bourse en 3 clics certes, mais le conseiller bancaire qui pourrait réellement aider les gens qui galèrent, lui, il n’est pas présent. Vous vous retrouvez seul face à “votre argent”, ou plutôt, face à votre manque d’argent… Enfin vous pouvez peut-être tenter de parler au chatbot de Trade Republic, voir ce qu’il va vous dire…  

Les “pauvres” savent parfaitement gérer leur dépenses

M – Si vous lisez le livre du sociologue Denis Colombi “Où va l’argent des pauvres ?”… Vous allez vous rendre compte que bien sûr que les ménages les plus précaires savent parfaitement gérer un budget ! C’est d’ailleurs une charge mentale immense parce que chaque dépense est conscientisée. Pas question de se prendre un café parce que “oh regarde il fait beau, vient on va se poser en terrasse”. Non. Si le café n’est pas dans le budget du mois, y a pas de café !

G – Et si vous vous demandez pourquoi on voit parfois des enfants de “pauvres” avec des Nike aux pieds… Et bien c’est parce qu’entre épargner sur 40 ans et acheter des Nike aux enfants pour qu’ils ne soient pas rejetés par les autres dans la cour de récréation… Les parents ont tranché, ils ont choisi le bien-être de leurs enfants. Les dépenses que les “plus aisés” perçoivent comme superflues ne se rendent pas compte de ce que ça fait réellement de vivre sans. Ses dépenses sont associées à un besoin de dignité et de maintien du lien social.

M – Seuls les plus riches – parce qu’ils gagnent suffisamment – ont le luxe de percevoir l’argent comme un outil de projection dans l’avenir. Comme de l’investissement ou de l’épargne potentielle. Pour les plus pauvres, l’argent est une ressource rare qu’il faut gérer au quotidien. Si on a la chance d’en avoir un peu plus que nécessaire ce mois-ci, on pourra peut-être relâcher un peu la pression le mois prochain. Mais se serrer la ceinture pour dans 40 ans… C’est tout simplement impossible.

G – Donc non, Trade Republic, où n’importe quelle autre application qui vous permet d’accéder aux marchés financiers, n’est pas une solution à la pauvreté ou aux inégalités. Les gens ne sont pas pauvres parce qu’ils manqueraient de connaissances ou d’offres financières adaptées à leur “besoins”. Ils sont pauvres parce que leurs revenus sont faibles.

Les retraites

M – Trade Republic n’est pas là pour réduire la pauvreté ou les inégalités ou encore pour protéger votre pouvoir d’achat. On l’a dit, le vrai enjeu pour 99% des gens, c’est le salaire, les aides sociales et les services publics.

G – D’ailleurs en parlant de service public, faisons un point rapide sur les retraites. J’ai déjà fait une vidéo sur le sujet sur ma chaîne, je vous y renvoie… Osons Comprendre a aussi des super vidéos très bien expliquées. Et puis sinon, vous pouvez écoutez l’économiste Michael Zemmour qui est spécialiste du sujet. Il est faux de dire que le système de retraite français est financièrement à la ramasse. La dépense de retraite est stable, autour de 14% du PIB. Il n’y a aucun problème de dépenses qui s’envolent !

M – Le souci vient des revenus. On manque de recettes. Mais, augmenter les cotisations, notamment sur les très hauts revenus voire sur les bénéfices que certains accumulent grâce à la bourse, ce serait tout à fait possible ! 

G – Et puis les chiffres de Matthias Baccino sont faux ! Quand il dit qu’aujourd’hui, la pension correspond à 80% du dernier revenu, c’est ce qu’on appelle le “taux de remplacement”, et que ce chiffre va descendre à 60%, c’est totalement faux ! Voilà deux graphiques issus du rapport annuel du Conseils d’Orientation des Retraites. Oui, les taux de remplacements devraient baisser – sauf si réforme majeure ou autres hypothèses erronées… Je vous invite à lire les petites lignes sous les graphiques pour les hypothèses – mais l’ordre de grandeur c’est 5 points de moins pas 20 points ! Donc Matthias Baccino qui fait pas de complotisme… Ben si un peu quand même !

Partie 3 : Le vrai business de Trade Republic

Ils sont là pour les épargnants classiques

M – Bon mais alors, c’est quoi le business model de Trade Republic ? Qu’est-ce que application pareil peut réellement faire pour vous ? Et comment elle en tire un revenu ?

G – Pour les revenus c’est facile… Trade Republic charge des commissions. C’est plus ou moins dissimulé, certains ordres ont l’air gratuit mais en fait, l’application vous connecte à un trader qui lui charge des frais, et ensuite il en rétrocède une partie à l’application. Bon… Peu importe. Pour le moment ce qu’en disent les régulateurs financiers c’est que y a pas l’air d’avoir de loup. Les commissions sont basses. Vous ne vous faites par arnaquer.

M – Par contre, il faut bien comprendre que l’intérêt de Trade Republic c’est pas de vous rendre riche, c’est simplement de vous faire régulièrement interagir avec la bourse. Ils veulent que vous achetiez ou vendiez régulièrement, sur le long terme. Peu importe que ça monte ou que ça baisse, eux il gagnent de l’argent via les flux. Plus il y a de flux, plus ils gagnent des sous.

G – Et sinon, par rapport à une banque traditionnelle, le but c’est de réduire les coûts en réduisant au maximum les services. Eux leur angle, c’est la bourse. A part ça, vous n’avez le droit à rien : pas de conseiller bancaire, pas d’autorisation de découvert, pas de prêt à la consommation ou immobilier, quasi pas de service client et des systèmes de sécurité – notamment contre les arnaques en ligne – très faibles… 

M – Trade Republic vous donne un moyen de paiement et un accès à la bourse et après… Démerdez vous. 

G – Maintenant, des accès à la bourse pour les particuliers, ça existe depuis un moment. Les conseillers bancaires proposent des produits d’investissement boursier aux épargnants depuis des décennies… . Notamment via la fameuse “assurance vie”. Alors c’est quoi la stratégie de Trade Republic pour disrupter le marché ?

M – Et ben c’est tout bêtement d’aller chercher les épargnants avant qu’ils ne le deviennent réellement. Là où les banquiers classiques attendent de voir les comptes épargnes se remplir avant de proposer leur produits financiers… Les appli boursières vont chercher les jeunes avant même qu’ils n’aient acquis une situation professionnelle qui permette d’épargner de manière régulière et significative. Comme ça, ils coupent l’herbe sous le pieds des banquiers traditionnels. 

G – Donc le coeur de cible des Trade Republic et cie ce sont les jeunes encore en étude ou en train de commencer à bosser. Et les jeunes en ce moment : ils sont anxieux.

M – Ah bah forcément ! On nous répète partout que le système social français est voué à s’effondrer… La dette publique serait insoutenable, les retraités sont de plus en plus nombreux, le taux de natalité qui chute, les logements qui coûtent une blinde, la pauvreté chez les jeunes est au plus haut… Et puis vous avez en plus la crise climatique… Comment voulez vous vous projeter de manière sereine dans un tel contexte ?

G – Et c’est là que Trade Republic propose aux jeunes de prendre le contrôle de leur argent. La bourse va vous sauvez ! Vous allez voir, c’est pas si compliqué. Soyez maître de votre destin. Tout le monde peut y arriver. Mais attention ! Contrairement à leur discours, ils ne s’agit pas de résoudre un problème de pauvreté. Parce que non, tout le monde ne peut pas y arriver. Si la bourse était une solution miracle à la pauvreté, on s’en serait p’tet déjà rendu compte. Parce que la bourse c’est pas tout jeune quand même. 

M – Si quelques pauvres veulent télécharger l’appli, essayer de se serrer la ceinture et se rendre compte que ça ne marche pas, libre à eux. Le produit n’est pas fait pour eux. Il est fait pour attirer les futurs “épargnants”, ceux qui eux pourront épargner – non pas parce qu’ils seront vertueux – mais parce que leur revenu le leur permettra de toute manière.

G – Mais la stratégie marketing est redoutable ! Tu cibles les jeunes en général. Un peu comme les applications de paris sportif en promettant l’impossible avec un interface soigné et gamifié.

M- Déjà 10 millions d’utilisateur d’après Bfm  t’imagine ? https://www.bfmtv.com/tech/bons-plans/banque-en-ligne/10-millions-de-clients-chez-trade-republic-en-ferez-vous-partie-en-2026_AB-202602120010.html#:~:text=Gr%C3%A2ce%20%C3%A0%20une%20notori%C3%A9t%C3%A9%20qui,d’euros%20d’actifs.

G-  bon c’est un publi reportage … mais oui clairement trade republic a un succès important, beaucoup test, tente leurs chance, en espérant la richesse grâce au bon placement, mais

Ceux qui ne font pas carrière finissent par dégager naturellement – on l’a vu, l’épargne à long terme les pauvres n’y arrivent pas par manque de revenu – et il te reste tous les autres. Comme tu les as persuadé qu’ils le sont devenus “riches” – non pas grâce à leur salaire – mais grâce à tes conseil d’épargne et ben, ils t’adorent. Ils ont l’impression de t’être redevable. Donc ils restent chez toi. Sauf que, ça provoque quoi ce genre de discours ?

M – Ben ça provoque est une masse de gens qui ont été convaincu qu’ils sont vertueux, que eux savent épargner alors que les autres non, que finalement, les plus pauvres méritent bien leur pauvreté, eux qui n’ont pas su “regarder leur argent en face”. Allez là, tout le monde peut s’en sortir ! Il suffit d’un peu de discipline ! 

G – Alors… On va remettre un peu d’humilité dans le discours de Trade Republic : si vous pouvez épargner, tant mieux pour vous, mais c’est pas parce que vous êtes vertueux, c’est juste parce que vous avez un bon salaire. Ce salaire, vous avez surement bossé pour l’obtenir, les études tout ça… Mais la sociologie est unanime, la variable la plus explicative c’est pas le travail – la grande majorité des gens travaille dur – la vraie explication c’est : le milieu social d’origine et la chance.

“Comme le montre cet article qui m’a donné envie d’écrire cette vidéo. Si le mérite existait en démocratie on aurait une redistribution des richesses similaire à celle de la redistribution des tests QI, ou encore des heures passées au boulot, en courbe de gauss donc. Or la répartition de la richesse dans un pays ne répond pas à cette courbe. Et il se trouve qu’on n’a pas non plus de corrélation entre le fait d’être dans les plus riches et plus talentueux, l’un n’impliquant pas l’autre.”

“Un enfant de couvreur zingueur ne part pas avec les mêmes chances  qu’un enfant de prof qui l’emmène au musée tous les weekend et qu’un enfant d’avocate qui lui paie des cours d’anglais dès la maternelle. Comme le défend bien ce papier, la méritocratie est avant tout aujourd’hui une parentocratie c’est à dire un système où la reproduction sociale est très largement conditionnée et décidée par vos parents.”

G – Ensuite, rappelez vous qu’en achetant des ETF comme vous le conseille Trade Republic et beaucoup d’autres, vous ne prennez aucune décision réelle d’investissement. Vous pariez bêtement sur la hausse moyenne de la bourse. Donc voilà… Ca fait de vous des bons gros moutons, mais certainement pas des génies de la finance.

Partie 4 : les contradictions du discours de Trade Republic (la vraie idéologie de la bourse)

La bourse n’a plus de sens, tout le monde parie sur la moyenne, alors que le but c’est l’inverse. En plus de ça, si la bourse augmente plus vite que le PIB, alors les travailleurs perdront par rapport au travailleur. augmentation des inégalités ! A partir du moment où on donne du pouvoir à la finance, alors on détruit les revenus du travail. Une institution, maximiser les profits. 

Une bourse qui n’a plus de sens 

M – Maintenant que tout ça c’est dit, on va pouvoir se poser une question un peu théorique mais, vous allez voir, c’est intéressant. Toute l’idée de Trade Republic c’est de démocratiser “l’investissement boursier”. Et même plus particulièrement “l’investissement passif”. Mais, est-ce que vous vous êtes déjà demandé à quoi pourrait ressembler une société “d’épargnants investisseurs passifs” qui comptent sur les rendements de la bourse pour leur retraite ?

G – On parle d’investisseurs “passifs” parce que le but n’est pas de sélectionner certaines entreprises qu’on estimerait plus performantes que d’autres, mais simplement d’acheter un peu des actions de toutes les entreprises. Les investisseurs passifs misent sur la hausse de “la bourse” en générale plutôt que sur la hausse de la valeur de certaines actions en particulier.

M – Sauf que… L’enjeu sociétal de la bourse, c’est la sélection. Sans investisseurs qui sélectionnent, qui donnent leur avis, la bourse perd tout son sens.

G – Eh oui ! La valeur d’une action en bourse est supposée refléter la valeur de l’entreprise. Nombre d’actions multiplié par prix de l’action = valeur de l’entreprise. A la grande question : “quelle doit être la valeur des entreprises”, la réponse de nos sociétés financiarisées c’est “on n’en sait rien, mais on vous propose de faire un marché où chacun peut donner son avis en fonction de la taille de son portefeuille”. On laisse tout le monde libre d’acheter ou de vendre les actions des entreprises. Les gens qui décident d’acheter une action votent pour dire que sa valeur est trop faible, tandis que ceux qui vendent votent pour dire l’inverse. Le résultat des “votes” nous donne : les prix des actions qui fluctuent en bourse.

M – Mais vous voyez bien que si les acheteurs achètent “toutes les actions existantes” et que les vendeurs vendent “toutes les actions existantes”, plus personne ne donne son avis sur la valeur de telle entreprise par rapport à telle autre. Et donc le système n’a plus aucun sens ! On se retrouve dans un monde où aucune entreprise ne s’en sort mieux qu’une autre. Soit tous les cours montent (quand y a plus de gens qui épargnent que de retraités qui veulent consommer) soit tous les cours baissent (quand c’est l’inverse, les retraités veulent consommer plus que ce que les travailleurs arrivent à épargner).

Une inégalité entre travail et retraite et entre retraités

G – Bon mais, ce n’est pas le seul problème. L’indicateur qui mesure la quantité de richesses – biens et services – que fabrique une économie chaque année c’est le PIB. Il mesure en quelque sorte la taille du gateau qui sort du four et qu’il va falloir se partager en tous. Le taux de croissance du PIB des pays de l’OCDE (donc en gros, les pays riches) a été de  +1.8% par an, en moyenne, sur les 20 dernières années

M – Donc le gateau à se partager grossit à la vitesse de 1.8% par an. Mais à quelle vitesse grossit l’épargne placée en bourse ? Eh bien la performance moyenne de l’indice MSCI World sur les 20 dernières années c’est +8% par an. Est-ce que vous voyez le problème ?

G – Les salaires des travailleurs sont plus ou moins indexés sur la croissance réelle, sur celle sur gateau qui sort du four, sur le PIB. Donc en 20 ans, en moyenne, leur pouvoir d’achat a augmenté de 40%. Mais pour les retraités, puisqu’on imagine un monde où leur retraite dépendrait de l’épargne qu’ils ont placé en bourse, on constate que leur pouvoir d’achat à eux, il aurait augmenté de 217%.  

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M – Ca peut paraître étrange, mais la bourse n’a aucune raison de suivre les performances de l’économie réelle. Parce qu’en cherchant à valoriser les entreprises cotées, la bourse cherche à répondre à la question “combien de PIB vont créer dans le futur, même pas toutes les entreprises, juste celles qui sont côtées en bourse” ? 

G – Et puis il y a la spéculation. Les investisseurs sont trop optimistes, ils veulent tellement s’enrichir qu’ils imaginent monts et merveilles sans que ça ne se réalise. Robert Schiller a obtenu le prix Nobel d’économie en 2013 pour ses travaux sur les prix en bourse. Il a montré que, si on regarde le PIB créé par les entreprises cotées aujourd’hui et qu’on le compare avec ce que la bourse imaginait qu’elles allaient créer 10 ans plus tôt, la bourse est systématiquement trop optimiste, les prix sont trop hauts.

M – Bon mais vous comprenez que c’est une source majeure d’inégalités : les salaires sont connectés à l’économie réelle, à la taille du gâteau qui sort du four. Mais si les retraites sont connectées à un indicateur qui augmente plus vite que le PIB, donc que les salaires, et ben les retraités se retrouvent à gagner en pouvoir d’achat aux dépend des travailleurs ! Avec un tel système, la part du gateau qui leur reviendrait serait de plus en plus importante. 

G – Aujourd’hui en France, les retraites sont payées via les cotisations prélevées sur les salaires. Donc les retraites sont par essence connectées aux salaires. In fine, les retraités “obtiennent” 14% du gateau national. Les dépenses de retraites représentent 14% du PIB. Cette dépense est stable et le COR prédit qu’elle va continuer d’être stable. Notre système, en tout cas au niveau des dépenses, est plutôt stable.

M – Mais si on connecte les retraites à la bourse, la quantité d’argent que les retraités auront à leur disposition – si la bourse continue de grimper plus vite que les salaires – risque bien de largement dépasser ces 14%. Ce qui va mécaniquement créer de la pauvreté chez les travailleurs. Parce que si les retraités mangent une plus grosse part du gateau chaque année, et ben il en reste moins pour les autres.

G – Sans compter que chaque retraité obtiendra une part de gateau proportionnelle à la quantité de revenu qu’il aura su mettre de côté. Ceux qui auront mis 50€ de côté tous les mois vivront dans l’extrême pauvreté tandis que ceux qui auront mis des milliers d’€ seront multi-millionaires. La bourse est un accélérateur à inégalités. Les plus riches sont toujours favorisés par rapport aux plus pauvres.

M – Alors que notre système de retraite actuel fait l’inverse. Il réduit beaucoup plus les pensions des plus riches pour pouvoir se permettre de moins réduire celle des plus pauvres. Les plus hauts revenus partent en retraite avec une pension qui réduit leur revenu – par rapport au dernier salaire – de 40%. Tandis que c’est 20% pour les plus bas revenus.

G – Vous préférez quoi ? Un système ultra individualiste qui favorise les vieux déjà riches aux dépend de tous les autres. Ou un système solidaire qui cherche à ne laisser personne derrière ? 

M – Et puis en plus, avec notre système de retraites par répartition, on a la main sur les différents leviers : les niveaux des cotisations, les niveaux des pensions, les âges de départ à la retraites… Tout ça peut être modifié. Alors qu’avec la bourse… Personne n’est aux commande de qui obtiendra quoi…

Des salaires toujours plus bas, les services publics toujours moins présents

G – Bon, mais on n’a pas encore fini. L’immense majorité de la population vit grâce à un salaire. L’idée d’une plateforme comme Trade Republic c’est de faire de la bourse “une source” – voire “LA source” – de vos revenus mais… pour vos vieux jours uniquement. Toute votre vie professionnelle, il faudra bien aller travailler tous les matins et compter sur votre salaire pour vivre et épargner.

M – Sauf que, que faites vous quand tous les mois, vous vous serrez la ceinture pour achetez des ETF ? Vous donnez plus de pouvoir à des financiers qui n’ont qu’un objectif : réduire les salaires et les dépenses publiques pour augmenter les dividendes. 

G – Eh oui ! Quand vous achetez un ETF, vous achetez la performance d’un indice. Et c’est le financier qui vous vend cette performance qui lui, achète les actions correspondantes. Donc c’est bien lui qui se retrouve propriétaire des actions. C’est lui qui va aller voter au conseil d’administration pour valider la stratégie de développement de l’entreprise. Vous n’avez aucunement votre mot à dire. 

D’une certaine manière c’est aussi pour ça qu’il n’y a pas de frais pour les ETF. Parce que vous vendez le droit de vote de votre épargne. Si vous avez 10 000€ de Total, oui, il faut payer des frais de gestion mais vous avez accès à des documents d’actionnaire et un droit de vote équivalent à votre nombre d’actions ! Si vous détenez 10000€ d’ETF, vous devenez passif. Vous regardez le monde bouger en étant assis sur le banc de touche.  

M – Mais du coup, que veulent les financiers qui achètent des actions en votre nom ? Ils veulent maximiser votre retour sur investissement. Il faut toujours plus de bénéfices pour que le prix de l’action monte et que l’entreprise verse des dividendes. Et c’est quoi la stratégie qui permet de faire ça ? Ben c’est de réduire les coûts, donc de licencier le plus de monde possible et/ou de réduire les salaires. Et puis aussi de faire du lobbying pour obtenir des baisses d’impôts. Donc réduction de la fiscalité sur les entreprises et mais augmentation de celle sur les revenus du travail pour compenser….

G – Ou carrément, réduction des services publics ! Parce que, où est-ce qu’on pourrait aller chercher toujours plus de bénéfices ? Dans la privatisation. Si l’éducation, la santé et les retraites devenaient privés, il y aurait des milliards à gagner. Les plus pauvres auraient de moins en moins accès au service mais on pourrait leur vendre des crédits et gagner de l’argent avec les intérêts. Et puis on pourrait presser les classes moyennes supérieures comme des citron en leur vendant toujours plus de cliniques et d’écoles plus ou moins luxueuses. Pour les retraites, on prélèverait des frais financiers – indépendants des performances boursières évidemment – pour payer les bonus mirobolants des financiers qui gèrent le système. C’est ce qui se passe aux états-unis.

M – Autrement dit, les financiers cherchent à maximiser les revenus du capital en réduisant : les revenus du travail et les services publics. Donc les financiers travaillent pour les multi-millionaires et les milliardaires. Ceux qui n’ont pas besoin des revenus du travail (leurs seuls revenus sont leurs dividendes) et qui n’ont pas besoin de services publics non plus.

G – A moins de faire partie des 1% voire des 0,1% les plus riches, donner toujours plus de pouvoir à la bourse c’est se tirer une balle dans le pieds ! Le meilleur moyen d’augmenter le pouvoir d’achat et le niveau de vie de l’immense majorité de la population c’est de pousser pour des hausses de salaires (donc moins de dividendes) et pour plus de services publics (donc moins de services privées et plus d’impôts sur les bénéfices des grandes entreprises et sur les hauts revenus).

M – Vouloir devenir rentier grâce à la bourse c’est vrai que ça fait envie mais c’est un souhait totalement égoïste. Parce que sans travailleurs, la société ne peut pas fonctionner. Ceux qui peuvent s’abstenir de travail, ce sont les ultra riches, qui vivent avec les revenus de leur argent uniquement. Mais par définition, cette classe ne peut compter que quelques privilégiés qui se reposent sur le travail des autres. Parce qu’il faut bien des travailleurs pour construire les maisons, designer les technologie, les fabriquer dans les usines, transporter les colis, servir les repas, soigner les malades etc…

G – Le rêve d’être rentier n’est par définition possible que pour une extrême minorité. La bourse peut vous donner l’impression que ce rêve est à portée de main mais ça ne peut pas être autre chose qu’un mirage pour l’immense majorité. Une société de rentier n’est possible QUE si elle exclu une classe laborieuse qui se tappe tout le boulot. En science fiction, la solution passe souvent par des Robots comme dans les nouvelles d’Isaac Asimov mais si on regarde vers le passé… C’était plutôt des esclaves que des robots. 

M – Est-ce que vous voulez vraiment devenir des esclaves au service de quelques nanti ? Non ? Alors arrêter d’acheter des ETF et syndiquez vous. C’est même pas une blague. Le seul moment de l’histoire où les actionnaires ont été obligés de faire de vrais compromis avec les travailleurs, de partager la richesse, c’est quand les syndicats étaient puissants.

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