Électricité : la VRAIE méthode pour payer moins ! [ARGENT MAGIQUE]


Vous trouvez le marché de l’électricité trop compliqué ? C’est normal, c’est foutu n’importe comment ! Comment le marché de l’électricité fonctionne ? Pourquoi sa privation n’a pas fait baisser les prix ni encouragé l’innovation ? Et surtout : comment faire pour RÉELLEMENT baisser nos factures d’électricité ? Les réponses dans ce nouvel Argent Magique !

SCRIPT

Intro

M – Roooh vous avez vu il a neigé un peu partout !… C’était beau

G – Ouais c’était beau… C’était surtout froid… J’sais pas ce que j’ai chopé mais ça m’a couté ma voix

M – Ah chiant… Moi ça m’a a surtout coûté une blinde en chauffage ! 

G – Oui c’est vrai que l’électricité, ça commence à faire quelques hiver que c’est pas donné… Mais t’inquiete pas là le gouvernement prend la question très au sérieux regarde !

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques/questions-politiques-du-dimanche-04-janvier-2026-1702785

France Inter – Questions politiques (04/01/2026)

Roland Lescure – Ministre de l’économie

14:17 : 

Journaliste : “Vous avez annoncé que les factures d’électricité vont baisser, à partir du 1er février. C’est ce que vous avait demandé le premier ministre. […] Est ce que vous pouvez nous préciser l’ampleur, ce sera combien, ce sera pour quand, et est ce que ce sera surtout suffisant…?

Lescure : “Alors déjà c’est un bon début ! Alors ce que j’annonce c’est la baisse de la contribution tarifaire d’acheminement. Quand vous regardez votre facture il y a une ligne qui s’appelle contribution tarifaire d’acheminement, qui est un prélèvement obligatoire sur les factures sur l’abonnement. Donc sur ce que vous payez quand vous souscrivez à l’abonnement. Ensuite, il y a la facture qui poursuit selon la consommation. et sur cet abonnement, on va mettre en place une baisse de 5%. 

M – Ça représente combien d’économies ça ?

G – C’est 10 euros !

M – Mmmh 10€ par mois, c’est pas si mal ça

G – Ah non, 10 euros par an !

M – Quoi ??

(a la suite) : Donc c’est quelques euros, mais c’est quelques euros bienvenus, ça va d’une dizaine d’euros par an pour un ménage de base, jusqu’à plusieurs centaines d’euros pour un boulanger qui consomme beaucoup d’électricité.

Journaliste : “est ce que c’est suffisant pour les français ? 

Lescure : “Non mais c’est un bon début je veux bien….”

G – Non mais tu vois : c’est juste un début. Ça a l’air de rien comme ca mais je suis sur que la prochaine étape c’est la sortie du marché de l’électricité, retour d’un monopole de service public… Un monopole européen même qui sait ? 

M – T’as raison ouais, ils sont en train de privatiser les barrages mais leur plan final c’est un grand monopole public européen

G – Ils privatisent les barrages !?

M – Ouais ils font ça un peu en douce on n’en parle pas trop… Mais nous on va en parler

[Générique]

L’électricité : privatisation ça n’a pas l’air de marcher sur les prix

M – En 1988, la Direction Générale des Communication devient France Télécom. C’est le début, en France de la privatisation dans le domaine des communications. Pourquoi on a fait ça ? Pour booster l’innovation et faire baisser les prix. Est-ce que ça a marché ?

G – Bah en un graph de l’INSEE on peut dire que oui ! En moyenne depuis 2000, les prix de la  “communication” ont baissé de 48% ! 

source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2418131 

Ici comment afficher les bonnes courbes + outils zoom pour la blague après :

M – On vous montre ce graphique parce que le succès de la privatisation des télécoms est souvent utilisé pour justifier le fait que l’Europe – et en fait le monde entier – ait fait la même chose avec l’électricité. Elle aussi, devait bénéficier de l’efficacité du marché et de la concurrence.

M – Et alors à votre avis, succès ou pas succès ?

G – Roulement de tambour….

source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2418131

G – Bam ! +100% de hausse… Le prix de l’électricité a été multiplié par 2 en 25 ans. 

M – Oula mais il est cassé ton graph là ça dépasse, t’as mal fait ta capture d’écran !

[Extrait Retour vers le futur (1985)  : https://youtu.be/EC_h-0iTm7o?si=j_bkiht2aOqAOIiV&t=97]

“C’est un mauvais montage photographique, il manque le haut des cheveux de votre frère”

G – Nan nan, c’est comme ça qu’il est présenté sur l’INSEE ! Bon après t’as les petites loupes pour dézoomer, mais oui ca monte haut ! Alors, vous allez nous dire que c’est sûrement un problème de production : à cause de la guerre en Ukraine, des éoliennes qui coûtent une blinde, de notre parc nucléaire vieillissant… Et p’tet aussi la consommation : avec toutes vos trottinettes électriques à recharger… Qui sont ultra dangereuses d’ailleurs ! Parce que moi l’autre fois… J’étais pénard dans mon hummer…

M – Eh non Gilles, Gilles, non, c’est pas à cause des trottinettes. Bon t’as certains scénarios comme ceux produits par RTE qui anticipent bien une hausse de la consommation d’électricité parce que lutte contre le changement climatique et électrification des usages, mais pour l’instant c’est pas encore le cas. Regarde la courbe de consommation française d’électricité depuis 2000, elle est relativement stable et tend même à diminuer légèrement depuis 2008, notamment parce qu’on a un contexte économique un peu nul et des hivers doux. Et puis ce n’est pas non plus un problème de production, le coût de la production d’électricité en France est assez stable.

Source : RTE ( https://rte-futursenergetiques2050.com/trajectoires/trajectoire-de-reference )

G – Bon du coup si c’est ni la production ni la consommation, il vient d’où le souci ? Pourquoi les prix grimpent ?

M – Le principal coupable c’est : le fonctionnement tout nul du marché de l’électricité. Et si jusque-là, vous n’y compreniez rien, ne vous en faites pas, ensemble aujourd’hui, on va décomplexer un grand coup. Parce c’est normal de pas comprendre, c’est un sujet compliqué, même pour des gens qui on fait un master d’économie, qui parlent d’économie toute la journée, ou même qui présentent une émission d’économie… Donc là on va pouvoir respirer un grand coup et se dire tous ensemble :  .

G – Évidemment c’est pas toi le problème Marino, c’est le marché… 

(tu fais semblant de pleurer et la caméra coupe, quand ça reprend on est tous les deux en train de pleurer)

M – …Et tout le monde me demandait “Alors toi qui est économiste, explique nous comment fonctionne le marché de l’électricité… Et moi je savais pas quoi dire…”

G – Toi au moins t’as pas été obligée de retirer une vidéo pleine d’erreurs sur le fonctionnement du marché… J’ai reçu un mail des ingénieurs d’EDF, ils m’ont dit “c’est gentil d’avoir essayé mais c’est complètement faux c’que t’as dit…” La honte…

(on revient à la vidéo)

L’électricité : comment marche le marché

M – Allez on range les mouchoirs et on branche les cerveaux : let’s go

G – Pour pouvoir parler d’électricité un peu sérieusement, il faut qu’on vous explique un minimum comment le système est organisé. D’un côté, on a la physique. Il faut : produire de l’électricité (les centrales) ; la transporter (les lignes à hautes tensions) ; puis la distribuer (les lignes à moyenne et basse tensions) ; avant de pouvoir la consommer (votre frigo, chauffage et autres trottinettes…)

Afficher que le haut (pas encore montrer ce qui est derrière le bleu)

M – En France, le transport c’est RTE qui s’en occupe et la distribution c’est Enedis. Ce sont des monopoles. Et c’est le cas un peu partout dans le monde parce qu’on est dans un cas classique de monopole naturel, dans le sens où ce serait trop coûteux si chaque entreprise devait construire ses propres lignes. Par contre, au niveau des centrales, au niveau de la production, là c’est en concurrence. Les plus gros acteurs chez nous sont des entreprises françaises : EDF, Engie et Total Energie.

source : https://analysesetdonnees.rte-france.com/bilan-electrique-2024/production#Vuedensemble

G – Bon ça c’est pour la physique. Nous allumons nos lumières, nos fours et nos chauffages d’un côté. Et de l’autre, vous avez les centrales qui démarrent pour répondre à la demande. Mais il faut aussi un système comptable pour que chacun paie ce qu’il a consommé. C’est la partie “fourniture”.

M – Enedis compte – en kWh, en MWh voire en GWh si vous êtes un gros industriel – l’électricité que vous avez consommée. Et ce sont ensuite les fournisseurs qui récupèrent l’info et vous envoient la facture.

G – MAIS le souci… C’est que la grande majorité des fournisseurs d’électricité n’ont pas de centrales ! Les Ekwateur, Ilek, Mint energie, Ohm energie… Tout ça ce sont juste des intermédiaires financiers. Ils vendent une électricité qu’ils n’ont pas produite. Ce qui signifie qu’avant de vous vendre de l’électricité, il faut d’abord qu’ils l’achètent.

M – Et c’est là qu’on trouve la fameuse “bourse de l’électricité européenne”. On l’appelle aussi le “marché de gros”. Si vous allez sur la plateforme “eco2mix” de RTE, vous pouvez voir les prix sur ce marché. Y a un prix par pays et par quart d’heure de la journée. 

source : https://www.rte-france.com/donnees-publications/eco2mix-donnees-temps-reel/donnees-marche

G – Alors… On pourrait perdre beaucoup de temps à expliquer en détail le fonctionnement de ce marché de gros mais c’est pas l’objectif. J’ai déjà fait ça sur ma chaîne : pas loin de 4h de contenu, faites vous plaisir !

M – La question ici c’est plutôt : pourquoi on a une bourse de l’électricité ? Et est-ce que c’est un système efficace ? On l’a vu ça n’a pas aidé à faire baisser les factures, déjà comment ça se fait, mais est-ce que à la limite ça va nous aider à faire la transition énergétique, à faire face à l’électrification nécessaire pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles ?  

Histoire : Pourquoi on a un marché privé de l’électricité ?

G – Refaisons un p’tit peu d’histoire : la technologie électrique a d’abord été développée par des entreprises privées. Des centrales privées, des réseaux privés, des standards techniques privés et différents. C’était à la fin du 19ème siècle, c’était le bordel.

M – Bon, on va vite mais en gros, c’est à partir des années 1910 mais surtout après la seconde guerre mondiale que tous les états nations ont compris que l’électricité allait devenir une infrastructure essentielle pour les particuliers et les entreprises. Après analyse, les économistes de l’époque sont tombés d’accord pour dire qu’il s’agissait d’une situation de “monopole naturel”. Autrement dit : la concurrence ne semblait pas adaptée pour la gestion de l’électricité. Pourquoi ?

G – Ben, déjà, on l’a déjà dit, ce serait beaucoup trop cher d’avoir plusieurs réseaux électriques. Imaginez 5 lignes électriques concurrentes allant jusqu’à chez vous alors que vous n’en utilisez qu’une seule. Ensuite, pour la production d’électricité, le souci c’est la coordination des centrales. Pour qu’il n’y ait pas de blackout il faut que les centrales produisent pile poil la bonne quantité d’électricité en temps réel. 

M – Si on en produit pas assez, bon bah blackout, ou en bon francais « il va faire tout noir », mais si on produit trop bah… eh bah « il va faire tout noir » aussi… Parce que comme ça abîme les centrales, elles se déconnectent du réseau. 

G – Donc il faut pouvoir répondre précisément à une demande qui change en permanence. Et ça c’est très très difficile !

M – Du coup, c’est beaucoup plus logique d’avoir un chef d’orchestre qui centralise toutes les infos. Il surveille la demande – y a tout un travail de prédiction notamment en fonction de la météo –

Valentin – il va faire tout gris

M et G – TA GUEULE non mais on tourne c’est fou ca

M – Donc le chef d’orchestre connaît aussi toutes les contraintes techniques et économiques des centrales, ce qui lui permet de leur dire à quel moment s’allumer ou s’éteindre, accélérer ou ralentir, dans le but de répondre à la demande la manière la moins couteuse possible. Parce qu’on ne va pas allumer une centrale nucléaire à plusieurs millions pour la lumière de vos toilettes quand vous vous levez la nuit… 

G – Autrement dit, pour que ça marche, les centrales doivent travailler ensemble, se parler, se coordonner, jouer dans la même équipe. C’est pour ça qu’on a vu des monopoles électriques pousser dans tous les pays. Soit ils étaient publics comme en France, soit ils étaient privés mais lourdement régulés comme aux états-unis. 

M – Mais… Dans les années 80 – 90s. Ronald Regan, Margareth Thatcher, le néolibéralisme, la dérégulation financière… Vous connaissez la chanson, la mode n’était plus aux services publics et aux fonctionnaires mais aux entreprises privées et à la concurrence.

G – Les économistes néolibéraux ont commencé à remettre en question le statut de certains “monopoles naturels”. On en a parlé en début de vidéo, ça a démarré avec les télécoms. Comme on était face à des énormes entreprises d’état très bureaucratiques, on a commencé à entendre que l’absence de concurrence ne permettait pas l’innovation. Innovation sans laquelle : 1- les services ne s’améliorent pas et 2 – les prix ne baissent pas.

M – Le compromis qui a été trouvé est le suivant : les câbles de communication sont restés dans des monopoles. Par contre, tout le reste est devenu privé et en concurrence. Et ça a plutôt super bien marché. Au niveau des prix comme on vous l’a montré en début d’épisode, mais aussi de l’innovation. Offres mobiles multiples et compétitives, la 5G de partout… C’est l’ouverture à la concurrence qui a permis tout ça.

G – Qui a permis – en partie… Tout ça. On rappelle au passage que quel que soit le secteur, télécoms inclus, le public joue toujours un rôle très important quand il s’agit d’innovation. C’est le thème du livre “The entrepreneurial state” de Mariana Mazzucato 

M – Quoiiii tu veux dire que le secteur privé n’as pas inventé tout seul le GPS genre ?? Disruptif comme il est ?? 

G – Chut si si Marino t’inquiète pas… Le marché a tout inventé tout seul….

M – Aaaaah

G – Donc… Suite à la réussite incontestable de la privatisation dans les Télécoms, les politiques en Europe se sont dit : est-ce qu’il n’y aurait pas un truc à faire avec l’électricité ? On garde la même recette : les câbles restent dans un monopole, mais tout le reste : fourniture et production d’électricité, on privatise et on laisse la concurrence faire le boulot. Et là… Et ben… 

M – Échec de la méthode. Les factures n’ont pas baissé, et du côté de l’innovation… bah c’est pas évident non plus ! Les centrales nucléaires et les barrages qui produisent la majorité de l’électricité française ont plus de 40 ans… Et pour les énergies renouvelables, l’innovation est venue de multiples subventions et autres prix garantis pour justement protéger les entreprises du marché.

0:12 : “Je ne prendrais pas ce chiffre pour dire c’est un échec. Ça n’a pas marché”

G – On n’invente rien. Vous avez par exemple la commission d’enquête du Sénat sur les prix l’électricité de 2024 qui a conclu que: 

M – “Les marchés de gros […] ne rémunèrent pas suffisamment les moyens de pointes […] ils ne donnent pas les signaux de long terme nécessaires aux investissements […] ils fluctuent de façon erratiques”. Et également que : “Les dispositifs qui ont été mis en oeuvre en France pour remédier à ces défaillances […] ont donné lieu à des phénomènes de fraudes inacceptables”.

Pourquoi le privé électrique ne marche pas ?

M – Alors, pourquoi ça a capoté cette histoire ? C’est le moment de comprendre comment est fixé le prix de l’électricité.

G – OK, ça c’est la demande en électricité qui fluctue en permanence. Et ça ce sont les différentes centrales électriques à notre disposition. Certaines peuvent produire beaucoup d’électricité, d’autres moins. Et leurs coûts de production ne sont pas les mêmes. Pour répondre à la demande en dépensant le moins d’argent possible, il faut commencer par trier nos centrales en fonction de ce coût de fonctionnement.

M – Par exemple, pendant un mois d’avril plutôt doux, la demande en électricité est assez faible, on n’a pas besoin d’allumer notre centrale hyper chère.

G – Par contre, en plein mois de janvier quand on se pèle les meules… Là, on va avoir besoin d’elle. Souvent il s’agit d’une centrale à gaz conçue pour s’allumer rapidement.

M – Maintenant, combien coûte notre production d’électricité quand on se caille là ? Pour le savoir, il suffit de faire la moyenne des coûts. Pour notre exemple ça donne du 40€ du MWh.

G – Sauf que, si le marché envoyait ce prix là aux centrales. Seule la première s’allumerait. Les deux autres ne le feraient pas parce qu’elles perdraient de l’argent.

M – C’est une des contraintes du marché : il doit envoyer un prix unique qui permette à toutes les centrales – en faisant leurs petits calculs économiques dans leur coin – de se coordonner pour répondre à la demande. Dans notre cas, le prix minimal qui permette de faire ça c’est 200€ le MWh. 

G – Parce qu’en dessous de ce prix, la centrale à gaz dont on a besoin refusera toujours de s’allumer. Autrement dit, le prix de marché correspond toujours au coût de fonctionnement de la centrale la plus chère dont on a besoin pour répondre à la demande.

M – Donc, première info : le prix de l’électricité en bourse ne correspond pas au coût de fonctionnement moyen des centrales. Mais, malins que vous êtes, vous aurez remarquez que la moyenne des coûts de fonctionnement, nos 40€ du MWh là, ne correspond pas aux véritables coûts totaux. Il manque quelque chose. Parce que nos centrales, il a bien fallu les construire. Et donc le prix de l’électricité à facturer au consommateur final devrait aussi permettre de rembourser ça.

G – Sur notre schéma, on peut représenter les coûts de construction en dessous des coûts de fonctionnement. Pour notre exemple, on tombe sur une moyenne de 34€ du MWh. Autrement dit, le vrai coût de production de l’électricité ici c’est 40€ + 30€ = 70€ du MWh.

M – Sauf qu’encore une fois, le marché lui, il fixe le prix à 200€, ce qui n’a rien à voir avec les coûts réels… Mais c’est normal parce que de toute manière, le marché ne s’intéresse jamais aux coûts de construction, son seul enjeu à lui ce sont les coûts de fonctionnement.

G – Eh oui… La première fonction du marché – c’est le minimum syndical pour un système énergétique – c’est d’indiquer aux centrales comment répondre à la demande en temps réel, et ce, pour le moins cher possible. Comme les coûts de construction ont déjà été dépensés, il ne s’y intéresse pas. Il ne regarde que les “coûts” à très court terme, ceux de demain matin quand il faudra allumer les centrales.

M – Sauf que du coup, c’est bordel. Parce que OK, le marché envoie le bon signal aux centrales pour répondre à la demande, mais on se retrouve avec un prix de l’électricité qui ne correspond pas aux coûts réels. Donc qu’est-ce qu’on fait ?

G – Eh ben, on ne fait pas de marché et on garde le monopole.

M – T’es bête ! Non… On prévoit des mécanismes annexes, des rustines, pour corriger le prix. On va en parler. Mais avant ça… Revenons à notre schéma. Regardez notre centrale à gaz là. Vous trouvez pas qu’elle a l’air triste toute seule à l’extrême droite… du schéma ?

G – Eh oui elle est triste ! Parce que pour elle, quel que soit le niveau de la demande, le prix de l’électricité ne dépassera jamais son coût de fonctionnement à elle : 200€. Si bien qu’elle n’a aucun espoir de réaliser les marges nécessaires pour rembourser ses coûts de construction. C’est terrible, elle risque de faire faillite !

M – Bon on a problème de plus : le prix de marché ne permet pas de garantir l’équilibre financier des centrales dites “de pointes”, qui ne s’allument qu’une fois de temps en temps quand la demande est maximale. On a donc besoin d’une rustine spécifique pour ces centrales.

G – Cette rustine a pris la forme d’un autre marché, le marché de capacité, qui rémunère les centrales en fonction de leur puissance plutôt que de leur production. Le souci c’est que ça rémunère TOUTES les centrales… Pas que celles de pointes… Donc c’est pas une rustine hyper précise… Elle manque un peu sa cible.

M – Ce qui veut dire qu’il faut encore d’autres rustines par-dessus pour corriger ça.

G – L’état se retrouve à devoir subventionner certaines centrales, voire à leur proposer des prix garantis pour qu’elles n’aient pas besoin de vendre leur électricité sur le marché. Sinon les investisseurs trouvent que le risque de ne pas rentrer dans leurs frais est trop important.

M – Mais les investisseurs ils sont pas censés gagner des dividendes PARCE QU’ils prennent des risques ??

G – Oui bah ça c’est la théorie… En vrai les investisseurs ce qu’ils veulent avant tout c’est les dividendes ET la garantie publique !….

M – Bon, mais on a encore un problème ! Parce que dans notre exemple, cette centrale là, elle se fait 190€ de marge alors qu’elle n’en a besoin que de 40 pour rembourser ses coûts de construction. Du coup il nous faut une rustine de plus pour corriger cet excès de profit ! 

G – Alors celle-là elle est récente, elle a pris la forme d’une taxe exceptionnelle en 2022, quand on parlait de superprofits ! 

M – Mais cette taxe à rapporter 20 fois moins que les prévisions selon l’IPP pour des raisons de magouilles comptables… Parce que pour esquiver l’impôt, t’inquiète pas qu’ils sont malins dans le privé

0:12 : “Je ne prendrais pas ce chiffre pour dire que c’est un échec. Ça n’a pas marché”

M – Attends… on vient pas de l’utiliser lui déjà ? 

G – Donc petit recap de mi parcours : Le prix de l’électricité en bourse est en réalité un signal qui permet la coordination des centrales dans le seul but d’équilibrer : offre et demande. Pour faire ça, le prix de marché ne peut que correspondre aux coûts de fonctionnement de la centrale la plus chère qu’on a besoin d’allumer pour répondre à la demande. Mais du coup, ça pose plein de problèmes.

M – Les centrales de pointes ne sont pas rentables, certaines autres centrales peuvent potentiellement générer des profits disproportionnés et bien-entendu, le prix de l’électricité n’est pas fait pour s’aligner avec son “coût réel moyen”. Pour corriger ces problèmes on a besoin de multiples rustines – qui parfois interagissent entre elles – et qui rendent l’ensemble complètement incompréhensible.

Illustration de pkoi ça ne marche pas : rien correspond à rien

G – Incompréhensible certes ! Mais peut-être efficace ? Parce que finalement, c’est quand même ça l’enjeu principal : Les rustines font-elles correctement leur boulot ? Nouveau graphique !

M – On commence par la courbe bleue qui est une estimation du coût réel moyen de notre électricité. En ce moment on tourne autour de 80€ du MWh. Cette estimation nous vient des travaux de Anne Debregeas. Ingénieur économiste chez EDF et porte parole de la fédération Sud Energie.

G – On affiche maintenant la courbe jaune qui correspond au prix du marché (celui qui allume ou éteint les centrales et qui les rémunèrent en partie) sauf qu’on l’a lissé sur 12 mois. Parce qu’en vrai y a un prix toutes les 15 minutes. Vous voyez que ça n’a rien à voir avec la courbe bleue.

M – Oui mais ça on le savait ! C’est pour ça qu’on a mis des rustines de partout ! On affiche donc désormais la courbe noire qui prend en compte les multiples rustines à destination des fournisseurs. Ca nous donne une estimation – réalisée par nos soins – du prix que les fournisseurs paient réellement les centrales pour acheter de l’électricité. Alors, est-ce que ça vous semble aligné sur la courbe bleue ? Mmmm… A vu de nez, pas trop quand même !

G – Maintenant, dernière courbe, celle qui nous concerne nous. Voilà une estimation – toujours réalisée par nos soins – du prix qu’un consommateur moyen paie pour la production d’électricité sur sa facture. C’est à peu près aligné avec ce que les fournisseurs paient… Mais on n’est pas du tout aligné avec les véritables coûts du parc électrique.

M – Conclusion : l’efficacité des rustines est carrément douteuse. Regardez au pic de la crise énergétique, le consommateur moyen payait 150€ du MWh, pendant que le fournisseur lui, payait 200€. Et tout ça alors que la centrale moyenne elle, ne coûtait que 70€ à faire fonctionner. C’est N’IMPORTE QUOI ! Puis c’était n’importe quoi même avant la crise. Regardez avant 2021, les fournisseurs payaient bien moins que ce que ça coûtait à produire !

G – Et puis il y a une telle opacité sur toutes ces informations ! Là moi je me suis cassé le cul a faire ce graphique, je vous le donne comme ca il a l’air tout joli et simple à lire, mais c’était une galère de compiler tout ça. Personne ne fait ce travail… Ou si c’est le cas c’est pas accessible publiquement. Sources en description évidemment…

Petit tacle aux fournisseurs alternatifs

M – Tien mais je pense à un truc là… Finalement ça veut dire que pendant la crise énergétique ce sont surtout les fournisseurs d’électricité qui ont pris cher ! Ils se retrouvaient à vendre à 150€ une électricité qu’ils achetaient 200€… Les pauvres…

“on s’est retrouvé en position de sur couverture à la fin de l’année, la ou structurellement on etait en sous couverture, ce qui nous a poussé à revendre cette électricité excédentaire alors que les prix de marché étaient encore très élevés”

Boursorama – Mint présente ses résultats 2022 (27/04/2023)

Gaël Joly – directeur général délégué de Mint

4:39 : “on s’est retrouvé dans une position de surcouverture à la fin de l’année là où structurellement on était en sous couverture pendant toute l’année ce qui a provoqué la fonte de notre base client et les augmentations tarifaires donc le fait d’être en surcouverture nous a poussé à revendre ses tristes excédentaire […] et donc dans un marché qui était encore élevé, en fait finalement ça reconstitué une marge brute de l’ordre de 200 millions d’euros sur la revente d’électricité qui nous permet de payer ,nos frais fixes et de garder des capacités de rebond pour l’année à venir et les deux années à venir”

M – Bon, c’est un peu du jargon financier mais ce qu’il explique là, c’est qu’il se sont fait plein de thune.

G – Le truc c’est que les multiples rustines sont autant de failles qui peuvent être exploitées pour se faire de l’argent. Une des rustines dont on a pas parlé c’est le marché à terme. Quand vous êtes un fournisseur, il est possible d’acheter de l’électricité à l’avance pour couvrir la future consommation de vos clients. Mais, en 2022, Poutine, l’Ukraine toussa, le prix du gaz a été multiplié par 10, les coûts de production des centrales électriques à gaz se sont envolés .

source : https://tradingeconomics.com/commodity/eu-natural-gas

M – Et maintenant vous connaissez bien la mécanique, ça a fait monter en flèche le prix de l’électricité en bourse.

G – Les fournisseurs alternatifs comme Mint, Ohm Energie se sont retrouvés avec une électricité achetée à l’avance à 50€ – quand le gaz était pas cher – alors qu’elle en valait jusqu’à 20 fois plus au pic de la crise. Ils n’avaient donc qu’une envie, vendre cette électricité sur le marché et empocher le pactole ! Mais pas possible de faire ça tant qu’il y a des clients à livrer. Donc… Ils ont simplement incité leurs clients – en les menaçant de hausse de prix injustifiées – à résilier leurs contrats pour aller chez EDF.

M – Ah oui parce que… en fait il y a une autre rustine qui dit que EDF n’a pas le droit de refuser des clients, et il doit leur proposer un tarif réglementé fixé par la loi.

G – Donc, les fournisseurs ont dégagé leurs clients à coup de menace et l’électricité achetée 50€ à l’avance a pu être revendue plusieurs fois le prix à… EDF… Qui s’est retrouvé à devoir servir de nouveaux clients. Si vous voulez en savoir plus j’ai aussi fait une vidéo là-dessus sur ma chaîne… 

M – Eh oui hein les fournisseurs alternatifs ce sont en majorité de vrais petits traders qui savent exploiter les failles des marchés. Eux ils les connaissent bien les rustines ! 

G – Bon… On refait le point : la bourse de l’électricité ne sait faire qu’une chose. Proposer une rémunération aux centrales leur permettant de se coordonner pour répondre à la demande d’électricité en temps réel. Sauf que cette rémunération n’a rien à voir avec les coûts réels du parc électrique. Sachant ça, l’état est intervenu de partout via différente rustines : on a un marché à terme, des contrat OTC, un marché de capacité, un marché à prix fixe pour un morceau du nucléaire (l’ARENH, qui est remplacé par le VNU en 2026 là). On a aussi des subventions et des prix garantis… Et puis pendant la crise il a fallu rajouter un bouclier tarifaire et une taxation des superprofits. Et malgré tout… Échec des rustines. Les courbes restent décorrélées.

M – Bref, une vraie usine à gaz !… Tu l’as ?

G – Bah non c’est une usine électrique. Pis tu sais en France on fait très peu d’élec avec du gaz, à peine 3% de la production !

M – Bon tu l’as pas, c’est dommage.

Quelles solutions : toujours plus de rustines et de la planification

M – Alors, quelles solutions pour améliorer les choses ?

G – Le retour du monopole public de l’électricité

M – Arrête de dire des bêtises ! Il faut continuer de foutre des rustines de partout on va bien finir par y arriver ! 

G – Finalement toutes les rustines elles essayent de faire quoi ? Facturer les clients les vrais coûts, rémunérer les centrales au vrai prix et aussi – ça on n’en a pas encore parlé – orienter les investissements aux bons endroits. Parce que rappelez-vous, c’était ça aussi la promesse du marché. De l’innovation et de la baisse des coûts grâce à la concurrence. Mais la bourse de l’électricité ne sait pas faire ça non plus.

M – L’état se retrouve à devoir établir une feuille de route de ce dont le pays a besoin pour répondre aux enjeux de la transition énergétique : Combien de renouvelables ? De nucléaire ? Où ça ? Quelles technologies ? Etc… Mais avec cette rustine là de quoi on parle ? Ben de planification.

G – Mais… Vous comprenez l’entourloupe ou pas ? Si on admet que le marché a besoin de panification… Pourquoi on ne s’en débarasse pas ? Est-ce que ce serait pas plus simple et plus transparent pour tout le monde d’avoir un bon vieux monopole régulé à la place d’un marché ultra complexe blindé de rustines dont on n’est même pas sûr qu’elles rempliront leurs rôle quand on se retrouvera en face de la prochaine crise énergétique ou géopolitique ?

Un monopole public coûterait moins cher

M – Le monopole, en plus d’avoir l’avantage de pouvoir tout orchestrer de manière centralisée : il peut fixer le prix sur les coûts moyens; il n’a pas besoin d’un signal tout nul indexé sur la centrale la plus chère; il peut gérer la fourniture tout seul sans traders qui exploitent les rustines… En plus de tout ça, on sait qu’un monopole serait moins cher pour le consommateur.

G – Eh oui parce qu’une centrale électrique ça coûte beaucoup moins chère à construire quand il s’agit d’une infrastructure publique ! En reprenant les hypothèses d’un rapport spécialisé de Lazard, on obtient des éoliennes et des centrales nucléaire respectivement 37% et 51% moins chères quand elles sont publiques plutôt que privées.

M – Parce que payer des dividendes à 12%, et des intérêts autour de 8% pendant les 20 à 40 ans de fonctionnement d’une éolienne ou d’une centrale nucléaire, et ben ça fini par peser hyper lourd dans la facture totale, alors que l’Etat lui peut obtenir des conditions de financement bien plus avantageuses, autour de 3%. 

source : https://youtu.be/B8fQyuB0ytE?si=hoprNhOFyKLtY8YO&t=4524

G – Mais alors, qu’est-ce qui justifie de payer ce coût supplémentaire du privé par rapport au public ? Eh bien c’est la promesse de la meilleure efficacité de “l’initiative individuelle” permise par la concurrence. On accepte de payer pour les dividendes parce que c’est supposé être in fine moins cher que la planification.

M – Sauf qu’on vient de dire que le marché de l’électricité ne savait faire qu’une seule chose : équilibrer offre et demande. Et que pour tout le reste, il fallait faire de la planification.

G – Donc… On continue de payer les dividendes… Mais sans initiative privée ? Qu’est-ce que c’est que cette connerie ?!

M – Comprennez bien qu’on ne vous parle pas de communisme non plus là ! L’idée c’est simplement de dire que – en laissant soumise à la concurrence : la construction, la gestion et la maintenance des centrales – c’est leur simple propriété publique – plutôt que privée – qui les rendrait moins chères. 

G – Parce qu’aujourd’hui vous avez des centrales – notamment des renouvelables – qui sont en partie détenues par des entreprises financières comme BlackRock. Donc, dans vos factures, il faut payer pour la construction, la maintenance et la gestion de ces centrales. Normal. Mais rien de tout ça n’est assuré par BlackRock. Par contre, avec eux, il faut payer en plus leur 12% de dividende. Et tout ça pour quoi ? Puisque de toute façon c’est l’État qui planifie tout ? Aucune prise de risque privée, aucune initiative, rien du tout… 

Les barrages

M – Bon le monopole c’est pas forcément la tendance aujourd’hui. Par contre, il existe une solution qui pourrait effectivement être mise en place ! Vous ne le savez peut-être pas mais, les barrages hydroélectriques français sont aujourd’hui exploités par des entreprises privées : essentiellement EDF et ENGIE.

G – C’est le même système que les autoroutes. L’état est propriétaire des barrages – parce qu’ils ont été construits avant le marché – mais il en a confié la gestion via des concessions à EDF et ENGIE. Or, ces concessions arrivent à maturité. Et donc logiquement, parce que le marché, la concurrence toussa, Bruxelles dit que les concessions doivent être remises aux enchères. Et potentiellement n’importe quelle entreprise privée compétente, quelle que soit sa nationalité, pourrait se retrouver à exploiter nos barrages.

M – Y a forcément un enjeu stratégique… On ne va pas laisser une boite étrangère gérer nos barrages… Surtout en ce moment où les impérialismes sont en train de redevenir guerriers.

G – Enfin… Avec Macron on sait jamais… Il serait bien capable de confier ça à un milliardaire américain

M – Han mais t’es dur il ferais pas ca

G – Tu te souviens quand il a vendu une partie d’Alstom à General Electrics ? Il était ministre de l’économie donc bon…

M – Ah bah on va espérer que ça se reproduise pas oui. 

G – Mais y a aussi un enjeu financier pour EDF et ENGIE. Parce qu’autant vous dire que des barrages déjà payés par l’État, où il suffit d’ouvrir les vannes pour produire de l’élec, c’est ultra rentable ! Du coup, pour éviter de mettre les contrats de concession d’EDF et d’ENGIE aux enchères avec le risque qu’ils les perdent, le gouvernement a trouvé un compromis. Bruxelles est d’accord pour que ENGIE et EDF conservent l’exploitation des barrages à condition qu’ils en deviennent propriétaires pour 70 ans. Juridiquement il s’agit de passer d’un régime de concession à un régime d’autorisation.

M – Le truc, c’est qu’il existe une autre option dont presque personne ne parle. On pourrait passer dans un régime de quasi-régie. Là comme ça, forcément, ça vous dit rien, mais vous allez voir c’est intéressant : ça veut dire qu’on pourrait créer une entreprise publique qui aurait le monopole de la production hydroélectrique. L’état garderait la propriété des barrages et l’électricité produite serait sortie des marchés et de la concurrence. Si vous voulez creuser on vous met une vidéo en source.

G – Premier avantage : les barrages sont vieillissants et il faut les rénover. Qu’il s’agisse d’EDF ou Engie, comme on parle d’entreprises qui cherchent le profit, ça va couter les 12% de dividendes notre exemple précédent ! Alors que si on passe par une régie ça peut descendre à 3% ! Donc ça promet de l’élec moins chère pour le futur !

M – Deuxième avantage ça voudrait dire que 15% de notre électricité n’aurait plus besoin d’être attachée aux prix de marchés. On pourrait revenir à la bonne vieille méthode du “on facture en fonction des coûts réels”. Bruxelles est d’accord. C’est parfaitement légal et possible.

G – Et d’après nos petits calculs ça représenterait autour de 50€ d’économie sur la facture annuelle d’un ménage moyen. C’est déjà 5 fois mieux que les 10€ du ministre ! Et pour les entreprises ou les communes ce serait encore plus important !

CONCLUSION : 

M – Bref, agir sur le prix de l’électricité, c’est possible mais par contre ça demande de remettre en question l’idéologie de marché pour tout et partout, même là où il n’est visiblement pas le plus pertinent. 

G – Parce que notre marché de l’électricité, sans les rustines et sauf l’équilibre “offre-demande”, il fait tout mal, et avec les rustines c’est plus vraiment un marché… C’est de la planification économique très chère et inefficace !

M – Mais aujourd’hui en plus, nous avons un enjeu majeur de rénovation des centrales vieillissantes et de modification de notre système énergétique pour répondre au changement climatique. Ce sont des choses que l’on peut prédire. On sait que c’est en train d’arriver. Et du coup ca se serait cool de le planifier… bah efficacement 

G – Peut-on se permettre de forcer l’existence d’un marché aussi artificiel, bourré de rustines et d’une complexité sans fin. Parce que c’est déjà ultra compliqué de gérer un système électrique, c’est une infrastructure stratégique et essentielle à la vie économique mais aussi juste… la vie tout court quoi ! 

M – En fait, cette concurrence artificielle, imposée de force à un secteur qui n’en a pas besoin, donne un peu une impression d’URSS inversée. 

G – L’URSS à ses débuts était une expérience politique qui cherchait à rejeter le marché partout. La production de biens marchands comme les chaussures, les clous ou autre devait être planifiée. Le résultat était d’une complexité sans fin, une bureaucratie immense pour gérer la production de marchandises relativement simples. 

M – L’UE est en train de faire l’inverse ! Alors que le secteur de l’électricité se prête plutôt à la planification, et bien pour des raisons idéologiques, on va y forcer un marché, qui du coup devient inefficace et d’une complexité sans fin. 

G – En URSS ils avaient une armée de bureaucrates, nous on a une armée de traders…  

0:12 : “Je ne prendrais pas ce chiffre pour dire c’est un échec. Ça n’a pas marché”

M – Merci d’avoir regardé cet épisode ! N’oubliez pas si vous voulez plus de détails sur le marché de l’électricité, comment les rustines fonctionnent en détail, il y a la chaîne de Gilles avec 4 vidéos sur le sujet ! 

G – Merci à Anne Debregeas pour les informations et sa relecture, merci à vous pour votre soutien (les dons sur le Ulule, le partage des vidéos autour de vous), ça aide beaucoup. Et nous on se retrouve le mois prochain !

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