#COVID19 : L'Impact Économique

Quels sont les impacts économiques du COVID-19 ? Comme dans l’épisode précédent, je remplace Arnaud pendant ce confinement. Cette vidéo a été écrite le 29 mars et les chiffres que nous allons citer évoluent chaque jour. Aujourd’hui, plus de 3 milliards de personnes sont confinées en plus de la fermeture des commerces et des frontières. Il y a à la fois un choc d’offre (des usines et des bureaux sont fermés) et un choc de demande (les gens sont confinés et ne consomment plus). Ces deux chocs expliquent l’annonce du 27 mars de la directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI) : « Nous prévoyons maintenant une récession aussi mauvaise ou pire que celle de 2009″ ». L’OCDE a revu sa prévision de croissance mondiale pour 2020 à la baisse, de 3% à 2,4%, et l’Organisation Internationale du Travail estime que le coronavirus pourrait détruire entre 5,3 et 24,7 millions d’emplois dans le monde. »


Une question qu’on nous a beaucoup posé : quels sont les impacts économiques du COVID-19 ? Comme dans l’épisode précédent, je remplace Arnaud pendant ce confinement. Cette vidéo a été écrite le 29 mars et les chiffres que nous allons citer évoluent chaque jour. Aujourd’hui, plus de 3 milliards de personnes sont confinées en plus de la fermeture des commerces et des frontières. Il y a à la fois un choc d’offre (des usines et des bureaux sont fermés) et un choc de demande (les gens sont confinés et ne consomment plus). Ces deux chocs expliquent l’annonce du 27 mars de la directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI) : « Nous prévoyons maintenant une récession aussi mauvaise ou pire que celle de 2009″ ». L’OCDE a revu sa prévision de croissance mondiale pour 2020 à la baisse, de 3% à 2,4%, et l’Organisation Internationale du Travail estime que le coronavirus pourrait détruire entre 5,3 et 24,7 millions d’emplois dans le monde. »

Impacts actuels

Avant même de se demander quels seront les impacts futurs, on peut commencer par regarder ce qui se passe déjà aujourd’hui. L’INSEE a publié une note le 26 mars détaillant les secteurs les plus impactés par la situation actuelle en France. Les transports, l’hôtellerie, la restauration ou les loisirs sont des secteurs particulièrement touchés puisque leur activité est directement liée aux mouvements des gens. On peut facilement imaginer que cette liste s’applique à tous les pays qui mettent en place des mesures de confinement. Les importantes pertes de revenus des entreprises ont un impact direct sur les salariés. En France, selon la ministre du Travail, les embauches ont chuté de 70% et il y a 20 000 inscriptions de plus au chômage qu’en mars de l’année dernière. Une évolution assez forte qui est cependant atténuée par les recours au chômage partiel de 2,2 millions de personnes. Le chômage partiel permet à l’employé de garder son contrat de travail et d’avoir un dédommagement qui correspond à 70% de son salaire brut, et qui est en partie financé par l’État. Tous ces chiffres ne représentent pourtant qu’une partie seulement de l’effet réel du confinement en France. On ne connaît pas les chiffres exacts des licenciements ni le nombre d’auto-entrepreneurs, d’intermittents du spectacle et d’autres statuts particuliers qui ont vu leurs revenus diminuer, leurs activités reportées ou annulées. Dans les différents pays d’Europe, les taux de chômage augmentent fortement. En Norvège, il est passé de 2% à 10%, en Autriche le nombre d’inscrits au service de l’emploi a augmenté de 40% en dix jours, et en Suède, 14 000 salariés ont reçu un préavis de licenciement en une semaine, soit quatre fois plus que la moyenne.

Impacts mondiaux

Cette crise s’est répandue en même temps que la crise sanitaire, voire même parfois plus vite. Dans une économie mondiale interconnectée, les difficultés économiques d’un pays peuvent empirer la situation des autres. La santé économique de la Chine a des impacts sur l’économie mondiale. Sa population nombreuse qui gagne en pouvoir d’achat et ses industries de plus en plus haut de gamme et gourmandes en matières premières en font l’un des moteurs du commerce et de la demande mondiale. Beaucoup de pays en voie de développement ont un revenu qui dépend fortement de leurs exportations de matières premières vers la Chine. Pour le Pérou, 28% des exportations vont vers la Chine, pour la Gambie c’est 46%. C’est le cas pour une majorité des pays d’Afrique et d’Amérique Latine. La Chine a été le premier pays touché par la crise sanitaire, le premier à fermer ses commerces et à mettre en place des mesures de confinement. Toutes ces mesures ont ralenti l’économie chinoise qui a donc réduit ses importations. Cette réduction des importations chinoises implique forcément une réduction des exportations pour d’autres pays, ce qui est surtout problématique pour les pays en voie de développement, dont les exportations de matières premières représentent une part importante de leur PIB. De plus, la baisse du prix de ces matières, justement à cause de la diminution de la demande mondiale, signifie que ce qu’ils continuent d’exporter, ils l’exportent pour moins cher. Certains pays d’Afrique ont par exemple senti un ralentissement de leur activité avant même les premières mesures de distanciation sociale. En plus de cela, il faut ajouter la chute du tourisme, inévitablement liée à la fermeture des frontières. Toutes ces répercussions économiques de la crise sanitaire créent beaucoup d’instabilité dans quasiment tous les pays du monde. Il est impossible de stopper la crise économique avant la fin de la crise sanitaire puisque les mesures de confinement qui ralentissent l’activité sont essentielles pour contenir la pandémie. Ce que cherchent à faire les États et les organisations internationales, c’est limiter l’impact économique pour que les dégâts ne soient pas trop permanents et que la reprise puisse être plus rapide.

Impacts sur les entreprises et les consommateurs

En ce qui concerne les entreprises, plusieurs semaines sans activité peuvent mener à la faillite. Un arrêt prolongé et une faillite pourraient désorganiser les chaînes de production à plusieurs niveaux et ralentir la reprise économique attendue par les gouvernements. Les mesures prises visent donc à alléger les dépenses des entreprises et à leur donner plus de ressources pendant cette période. En France, l’État prévoit une aide forfaitaire de 1 500 euros ainsi que le report des charges salariales, mais aussi des loyers, des factures d’eau, d’électricité et de gaz, et plusieurs autres mesures pour accompagner les entreprises les plus fragiles pendant l’arrêt de leur activité. Le gouvernement promet aussi une garantie de 300 milliards d’euros aux banques pour les inciter à faire des prêts aux entreprises. Du côté des consommateurs, il faut éviter que les gens se retrouvent au chômage et n’aient plus de ressources pour payer leur nourriture et leurs factures. En Grande-Bretagne, le gouvernement prévoit de prendre en charge 80% des salaires pour limiter les licenciements. En Espagne, les licenciements pour cause économique, technique, d’organisation ou de baisse de la production sont interdits pendant la durée de l’épidémie, et l’État encourage le chômage partiel pour permettre aux salariés de ne pas avoir à chercher un nouvel emploi lorsque l’activité reprendra. La France aussi incite le chômage partiel, ce qui coûterait 8,5 milliards d’euros à l’État et à l’Assurance chômage. D’autres mesures sont prises, comme le prolongement du chômage, des aides sociales et de la trêve hivernale. Cependant, certaines mesures font débat et sont jugées contre-productives. Le gouvernement français a fait passer des ordonnances applicables jusqu’au 31 décembre 2020 pour permettre aux entreprises de disposer plus librement de leurs salariés dans les secteurs sollicités et nécessaires. Un point de ces ordonnances permet de faire passer le nombre d’heures maximum hebdomadaire de 48 à 60 et autorise le travail le dimanche. Ces mesures sont très critiquées par certains syndicats, qui craignent la perte d’acquis sociaux et reprochent le manque de clarté sur les secteurs concernés. Ils estiment aussi que ces mesures sont inutiles, arguant que les salariés se mobilisent de même pour répondre aux besoins de la crise. Pour eux, ces mesures risquent de mettre encore plus en danger certains travailleurs, surtout dans la grande distribution où certains groupes avaient plutôt choisi de réduire les heures d’ouverture pour protéger leurs salariés.

Impacts mondiaux et coopération internationale

Aux États-Unis, les mesures prises visent à créer temporairement un nouveau droit au chômage fédéral qui permet de compléter les revenus des personnes sans emploi. Une autre mesure cherche à aider les Américains le plus directement possible : 1 200 dollars devraient être envoyés à chaque citoyen adulte touchant moins de 75 000 dollars par an. La question, par contre, c’est de savoir quand les virements vont être envoyés, car cela pourrait prendre plusieurs semaines. Après ces deux mesures, le chômage fédéral et les aides directes, si elles répondent directement aux particularités économiques des États-Unis, elles demandent un budget massif et font partie d’un plan de plus de 2000 milliards de dollars adopté par le Sénat le 25 mars. Tandis que certains pays peuvent renforcer leur système de chômage et d’aides, et que d’autres ont les capacités financières pour créer de nouveaux systèmes de sécurité, certains pays se retrouvent plus démunis. Les pays en développement n’ont souvent pas les ressources nécessaires pour mettre en place de telles mesures. Le FMI et la Banque Mondiale mettent plusieurs opérations en place pour alléger le poids de la dette publique pour les pays les plus fragiles. D’autres organisations, comme l’OMS, appellent à plus de coopération internationale à long terme pour faire face aux besoins matériels et humains des pays en développement. L’urgence actuelle contraignent de nombreux États à freiner leur activité économique, mais c’est aussi cette capacité à ralentir économiquement qui va déterminer l’impact de la crise sanitaire. Si certains pays ont les moyens ou la volonté de le faire, d’autres ont besoin d’une aide internationale. Comme pour toutes les crises, l’impact et la vitesse de récupération des pays sont presque impossibles à prévoir. La seule chose qui paraît plutôt sûre aujourd’hui, c’est que l’impact de la crise économique va dépendre, entre autres, du temps que va durer la crise sanitaire et des différentes mesures mises en place entretemps pour limiter les dégâts.

     

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