Dans un monde où les crises environnementales et climatiques deviennent de plus en plus pressantes, certains journalistes s’engagent avec passion pour informer et éveiller les consciences. Camille Crosnier, chroniqueuse à « La Terre au Carré » sur France Inter, est l’une de ces voix engagées qui apportent un éclairage unique sur les questions écologiques. Lors d’une interview avec Léa Bello pour STUP.MEDIA, Camille nous partage son parcours, ses motivations et sa vision du journalisme environnemental.
Transcription Condensée : Interview de Camille Crosnier par Léa Bello
Léa Bello : Comment en es-tu arrivée à faire ta chronique « Camille passe au vert » à « La Terre au Carré » ?
Camille Crosnier : C’était un peu par hasard. Au printemps 2019, j’étais en contact avec France Inter pour d’éventuels projets. Le directeur des programmes m’a proposé de rejoindre une émission quotidienne sur l’environnement qui allait remplacer « La Tête au Carré ». J’ai rencontré Mathieu Vidard, le présentateur, et on s’est très bien entendus. J’ai vite compris que mon rôle serait de pointer ce qui ne va pas, là où c’est incohérent, et de bousculer un peu les choses. Ça s’est fait comme ça, et depuis, je suis dans cette émission que j’adore.
Léa Bello : Qu’est-ce qui te motive dans le traitement des sujets environnementaux ?
Camille Crosnier : C’est vraiment motivant parce que je vis ces changements en même temps que tout le monde. J’observe, je relaie, je ressens aussi ces changements moi-même. C’est hyper intéressant de pouvoir faire partie de ce mouvement et d’informer les gens tout en étant au milieu de ces transformations.
Léa Bello : Quels changements as-tu observés depuis que tu as commencé à traiter ces sujets ?
Camille Crosnier : La prise de conscience est partout, même si tout le monde ne comprend pas encore bien tous les enjeux. Il y a un mouvement en place, avec des tâtonnements et des incohérences, mais aussi une vraie volonté de changement de la part des citoyens, des politiques, et des industriels. Notre émission, je l’espère, contribue un peu à informer et à faire partie de ce mouvement.
Léa Bello : Comment construis-tu tes sujets pour l’émission ?
Camille Crosnier : Je fais une chronique qui peut ou non avoir un lien direct avec la thématique de l’émission du jour. Je suis beaucoup portée par l’actualité, mais aussi par mon propre regard. Je lis, j’écoute, et quand quelque chose fait écho, je me lance dans une analyse ou un décryptage. J’essaie de poser des questions que je pense que d’autres se posent aussi.
Léa Bello : Est-ce que vous arrivez à court de sujets après quatre saisons d’émission ?
Camille Crosnier : Oui et non. Les sujets sont infinis parce que le changement climatique, la biodiversité, la justice sociale sont des thèmes vastes. Même si certains thèmes reviennent souvent, il y a toujours de nouvelles choses à apprendre et de nouveaux angles à explorer. On fait la radio pour les auditeurs, et leur intérêt est toujours là.
Léa Bello : Comment gères-tu l’éco-anxiété qui peut découler de ce travail ?
Camille Crosnier : L’éco-anxiété est bien réelle. Parfois, j’en parle ouvertement à l’antenne, et les auditeurs nous envoient des messages de soutien. Cela montre que notre travail est utile. Mais il faut aussi être honnête et montrer que nous sommes aussi touchés par ces sujets, que nous ne sommes pas au-dessus des autres.
Léa Bello : Quel impact ont les retours des auditeurs sur ton travail ?
Camille Crosnier : Les retours des auditeurs sont très importants. Ils montrent que nous sommes écoutés et que notre travail a un effet. Parfois, les questions qu’ils posent nous rappellent que nous ne savons pas tout et qu’ils apportent de nouvelles perspectives, ce qui est enrichissant.
Léa Bello : As-tu des projets pour aller plus loin dans ton engagement ?
Camille Crosnier : Oui, nous voulons continuer à mettre en avant des luttes et des combats légitimes. Nous réfléchissons à faire des émissions sur le terrain pour être plus proches des réalités des luttes environnementales et sociales. C’est ce qui se passe et nous voulons être connectés à ce mouvement.
La suite ici : https://www.youtube.com/watch?v=PSE2hdi-v9s