Ok — Et si les inégalités étaient utiles ?
Un article sous forme de liste pour comprendre comment les inégalités économiques sont justifiées ou expliquées dans nos sociétés.
1 — Éviter les profiteurs
Pour voir un des intérêts de l’inégalité, il suffit d’avoir fait un travail de groupe au collège où 4 élèves se partagent un travail et une note.
C’est connu comme le problème du profiteur. Un problème qui se retrouve potentiellement dans tout groupe humain qui partage un même objectif.
Dans de petites communautés où un individu vit sous le regard et dépend largement de ses parents, ses enfants, ses amis et de ses partenaires sexuels passés ou futurs. Ne pas contribuer est visible de tous et a des conséquences directes, ce qui doit inciter à participer à l’effort collectif autant que nécessaire.
Cette question de réputation semble moins efficace dans des sociétés plus larges, où les gens ne se connaissent pas autant les uns les autres et où les personnes peuvent voyager en laissant leur réputation derrière eux. Dans ces sociétés, on trouve parfois un autre moyen de réguler les comportements ; l’argent. Les personnes qui contribuent, qui produisent quelque chose d’utile pour les autres sont récompensées pour les inciter à coopérer, et plutôt que d’être mal vu, d’avoir une mauvaise réputation, la personne qui ne coopère pas ne gagne pas d’argent.
On peut voir ça comme une première justification de l’inégalité économique, permettre d’éviter que certains profitent sans coopérer. Par contre, cette justification n’explique pas de très grosses différences de richesse. En fait, ça ne justifie même pas une rémunération horaire différente selon les individus.
2- Pour corriger la loterie de la nature.
On va partir du principe que le “travail”, c’est ce qui est essentiel à la survie et à l’épanouissement d’un groupe humain. Il devient rapidement évident que tous, les humains ne peuvent pas contribuer de la même manière. Que ce soit à cause d’une situation de handicap, une maladie chronique ou autre chose…
Beaucoup de sociétés modernes ont choisi de prendre en compte ces inégalités et de corriger cette “loterie naturelle”.
Par rapport à notre situation précédente d’inégalité, cette correction, peut-être considérée comme une inégalité économique supplémentaire puisque certaines personnes reçoivent du groupe sans contribuer autant, ou de la même manière que les autres. Après vu que la justification de cette inégalité, c’est la correction d’une autre, on arrive dans une société moins inégalitaire en termes de revenu par habitant.
Aujourd’hui cela passe notamment par des aides monétaires comme l’allocation adulte handicapé qui vise à corriger en partie l’inégalité naturelle. En partie seulement puisque les personnes reconnues comme en situation de handicaps en France sont en moyenne plus pauvres que la population générale.
3 — Pour récompenser l’innovation

Pour continuer dans les justifications à l’inégalité, on peut s’intéresser à Philippe Aghion, un économiste français qui dans son cours au collège de France explique qu’il y a deux sortes de raisons aux inégalités.
Il y a plusieurs sources d’augmentation du top 1 %, il y a des bonnes raisons et il y a les mauvaises, l’innovation est un facteur d’augmentation, parce que quelqu’un qui innove réalise des rentes de l’innovation.
Pour comprendre la différence entre les bonnes et les mauvaises raisons, il faut partir du principe que l’économie est un équilibre. À un moment précis, des gens produisent et consomment d’une certaine manière.
En 1900, il y avait des fabricants de charrettes, des tenanciers d’écuries et des gens qui voulaient voyager à cheval. Les objectifs et besoins de ces personnes formaient une sorte d’équilibre. Un équilibre qui a été perturbé par l’innovation qui a remplacé le cheval par un moyen de transport a priori supérieur.
C’est la destruction créatrice décrite par Joseph Schumpeter. Les personnes innovent, en ce faisant ces entrepreneurs changent le monde et génèrent de la croissance économique.
En théorie, cela profite à tout le monde, ou presque. L’automobile est utilisée d’une manière ou d’une autre par des milliards d’humains, l’électricité est utilisée quotidiennement par plus de six milliards d’humains et les téléphones portables par plus de 4,5 milliards.
Parce que ces innovations et la croissance qu’elles génèrent profitent à tout le monde, pour les économistes comme Philippe Aghion, il faut en avoir le plus possible. Il faut que celles et ceux qui innovent soient incités à le faire, peu importe si cela génère de l’inégalité. Si tout le monde bénéficie de l’innovation, personne ne perd dans l’histoire. Ces inégalités aident à ce que les pauvres soient moins pauvres.
Pour résumer, la bonne inégalité, c’est celle qui conduit à l’innovation, donc à l’amélioration des conditions de vie de l’humanité, la mauvaise inégalité, c’est celle qui n’est pas causée par de l’innovation, mais qui sert à capter des ressources aux détriments des autres.
Après, il reste à savoir si les innovations permettent vraiment d’améliorer la vie de l’humanité, parce que parfois, cette amélioration peut être très subjective. Le moteur à essence a sans doute contribuer à l’amélioration des conditions humaines, mais si son invention accélère un changement climatique ce progrès sera peut-être jugé très différemment dans quelques décennies.
4 — Pour qu’elle ruisselle
Après l’idée de justifier des inégalités par le bien commun rappellera peut-être à certains la fameuse théorie du ruissellement.
La théorie du ruissellement c’est que les personnes les plus fortunées sont plus à même de savoir comment dépenser et n’investir que la majorité des gens ou que l’état. Donc, il vaut mieux diminuer leur taux d’imposition pour que ces personnes puissent créer de l’activité économique et de l’emploi. En-tout-cas, il vaut mieux ça que de taxer pour financer des projets publics ou organiser une redistribution économique.
Cette idée se heurte d’abord à une notion financière de base, la diversification.
Passer un certain niveau d’épargne, patriote ou non, il est logique d’épargner et d’investir pas mal à l’étranger au cas où l’économie française s’effondrerait ou que les impôts augmentent l’année suivante.
Reste que, les politiques qui cherchent à ruisseler ne fonctionnent pas. Elles n’ont pas d’effet sur l’emploi ou la croissance. Les effets sont d’abord l’enrichissement des foyers les plus aisés et généralement une perte de revenus fiscaux pour les États. Cette diminution réduit les biens publics que celui-ci peut offrir ou la redistribution qu’il peut effectuer.
5 — Pour la transmettre
La transmission de patrimoine dans les familles est aussi une idée qui touche aux inégalités économiques. On en a parlé plus longuement dans une vidéo sur l’héritage. Ces flux d’argents prennent de plus en plus de place dans nos sociétés tout en étant très inégalement répartie. Suite à notre critique de cette pratique, la réponse qui revient sans arrêt, c’est que la transmission de patrimoine au sein d’une famille serait une forme d’altruisme.
“Mes parents ont travaillé, se sont sacrifiés pour que je sois dans cette position économique, je me dois donc d’honorer ce sacrifice et prendre ce qu’ils me donnent.”
Ce courant de pensée est d’autant plus intéressant que ses conséquences vont être de plus en plus visibles dans un pays comme la France. Une part de plus en plus importante de la richesse va venir de ces transferts économiques. Il est prévu que, sans changement, l’héritage représente de 25 à 32 % des revenus des ménages français. C’était moins de 8 % dans les années 80.
La majorité du patrimoine des Français est constituée d’immobiliers. Il est compliqué d’expliquer qu’hériter d’une maison sur 4 générations est vraiment bon pour la société dans son ensemble, ça semble surtout être bon pour la personne qui hérite en oubliant les conséquences pour les personnes qui elles n’hériteront jamais de rien.
À ce moment-là, on retrouve une justification des inégalités basée sur l’appartenance à un groupe, à une caste. Il y a les héritiers et les autres, deux groupes qui en suivant les tendances actuelles vont vivre des vies de plus en plus différentes.
6 — Pour la compétitivité

“Chaque fois que je me présente devant les actionnaires, je commence par répondre à des questions sur ma rémunération. Nous suivons une analyse systématique. Nissan ne peut pas être considéré uniquement comme une entreprise japonaise. C’est une entreprise basée au Japon, mais qui suit une tendance mondiale. Il se trouve que la semaine dernière, un élément clé nous a quittés pour aller chez Cadillac. Il y a une compétition pour les talents mondiaux. L’argent ne doit pas être un handicap.”
Voici l’extrait d’une conférence de presse de Carlos Ghosn, l’ex-patron de Renault-Nissan aujourd’hui recherché par Interpole.
Il explique qu’il évolue dans un marché mondialisé où des centaines de milliards d’euros peuvent être générés par une entreprise. Alors quelle est la valeur d’un patron ou d’un employé qui serait 1 pour-cent plus performant qu’un autre.
Si les entreprises paient leurs dirigeants aussi chers, c’est en partie parce que les actionnaires des entreprises veulent avoir la personne la plus compétente au monde et l’inciter à ramener le plus de thune possible. Un principe qui se voit également dans les sports médiatiques. Le PSG, le réal Madrid ou le FC Barcelone paient des dizaines de millions d’euros pour constituer leurs équipes.
Dans l’absolu, la différence de performance entre un joueur à 1 ou 100 000 millions d’euros n’est pas énorme. Le plus cher n’est pas 100 fois meilleurs que l’autre, les deux font facilement partie du 1 % des meilleurs joueurs pro de la planète. La différence s’explique plutôt parce que la moindre amélioration de performance rapporte des milliards, des milliards qui suffisent largement à justifier ce salaire.
Cette justification ne fonctionne pas seulement pour les plus hauts salaires, elle fonctionne à toutes les échelles. Être caissier, c’est manipuler quotidiennement des milliers d’euros tout en étant payé au salaire minimum. L’une des explications, c’est que même l’individu le plus performant à ce poste impact très peu le chiffre d’affaires du magasin.
Cette justification de l’inégalité, on la retrouve chez les économistes comme Hayek qui explique qu’en :
“ Récompensant la valeur plutôt que le mérite, on est assuré que les individus gagnent de l’argent en offrant quelque chose que les autres désirent. Tout le monde agit dans son propre intérêt, mais le marché assure que ces intérêts s’alignent sur l’intérêt des autres.”
Donc la justification des inégalités, c’est qu’elle optimise la production puisque chacun est encouragé à faire ce qui rend le plus service aux autres. Il existe de nombreuses critiques de ce courant de pensée, notamment parce que le marché produit beaucoup de situation paradoxale et loin d’être optimal pour la société dans son ensemble.
Ce qui peut surprendre aujourd’hui, c’est que dans ce courant de pensée, la capacité à produire ce qui est attendu par les autres est dictée par le hasard selon Hayek. Le même hasard qui fait que vos compétences, vos capacités sont demandées ou non dans votre société.
Peut-être qu’ailleurs, à un autre moment, vos aptitudes ne seraient pas reconnues de la même manière. Peut-être que votre capacité à arnaquer des petits vieux, votre petite taille, votre facilité avec les chiffres ou votre capacité à reconnaître un mouton d’un autre serait plus ou moins avantagé. Peut-être même que vous avez une capacité à tuer de sang-froid qui serait très valorisé dans une autre société. Ça, je nous souhaite de ne jamais le savoir.
7 — Pour récompenser le mérite
À l’inverse du hasard mentionné par Hayek se trouve l’idée que l’on peut mériter son statut, sa richesse et son pouvoir. Quand on pousse cette idée plus loin, on arrive à un concept dont vous avez sans doute déjà entendu parler, la méritocratie.
Pour résumer l’idée très rapidement, c’est le principe que les positions sociales doivent être conditionné par le mérite des personnes.
Si vous connaissez cette idée, c’est parce qu’elle prend de plus en plus de place dans nos sociétés comme le montre l’évolution des discours politiques de ces 50 dernières années.
Julien, un abonné à passé un long moment à nous montrer comment programmer un outil qui mesure l’utilisation des mots et leur contexte.
En travaillant sur une base de données de 140 000 discours prononcés par les principaux acteurs de la vie publique française. On a pu tracer un graphique de l’utilisation des mots méritocratie et méritocratique. Le terme méritocratie apparaît dans les discours dans les années 2000. Ce n’est pas que le mérite n’était pas une valeur importante avant, mais ce n’était pas une valeur qui devait primer dans l’organisation de la société.
La première utilisation du terme remonte à 1994 dans un discours du ministre de l’Éducation de l’époque, un Centriste nommé François Bayrou. La méritocratie y est mentionnée d’une manière presque péjorative.
L’aspect désirable de la méritocratie arrive plus tard avec la présidence de Macron et c’est aujourd’hui un thème de campagne.
Michael Sandels, est une philosophe américain qui est déjà apparue dans un épisode à propos de ce que l’argent ne peut pas acheter. Aujourd’hui, il tente d’expliquer les inconvénients du mérite quand il est utilisé pour justifier les inégalités.
“L’orgueil méritocratique reflète la tendance des gagnants à respirer trop profondément leur succès, à oublier la chance et la bonne fortune qui les ont aidés sur leur chemin. C’est la conviction suffisante de ceux qui arrivent en haut de l’échelle qu’ils méritent leur destin.”
Cet orgueil des gagnants s’oppose à la profonde humiliation des perdants.
“Si dans une société féodale, vous étiez née comme serf, votre vie serait difficile, mais vous ne seriez pas accablé par l’idée que vous êtes responsable de votre position inférieure. Pas plus que vous n’aurez l’idée que le maître pour qui vous travaillez est plus capable que vous. Vous sauriez qu’il n’est pas plus méritant, seulement plus chanceux. “
Il ne dit pas qu’il est meilleur d’être serf qu’être un travailleur moderne, ce qu’il veut montrer ici, c’est qu’il est relativement nouveau de se sentir comme étant seul responsable de son sort. Et que cette responsabilité fait porter un poids supplémentaire.
Cette critique n’est pas nouvelle, en fait, critiquer la méritocratie, ça commence même à être un truc à la mode.
Une vraie méritocratie
Plutôt que de nous précipiter dans cette critique, je vous propose de prendre l’idée de la méritocratie au sérieux. L’idée que le mérite joue un rôle dans une société n’est pas absurde.
Nous sommes nombreux à ne pas apprécier ou accepter de voir des gens pistonnés dans des postes prestigieux surtout liés à leur situation familiale.
Pour réaliser une bonne méritocratie, il faut donc réussir à faire du mérite une valeur centrale. Pour ça le plus simple, c’est de concevoir une société comme une compétition sportive, pour ça, il faut que tout le monde parte sur la même ligne de départ.
Cette équité de départ, c’est la fameuse égalité des chances. Tout le monde doit disposer de la même — chance — de réussir, donc d’une même position initiale. Sans ça, la course n’est plus sportive, si les participants d’un marathon peuvent partir avant tout le monde ou prendre un taxi jusqu’à la ligne d’arrivée ce n’est pas un sport.
Pour un marathon, il est plutôt facile de tracer un trait sur le sol et de déclarer que tout le monde part donc à égalité. D’un part parce que tracer une ligne, c’est facile et de l’autre parce qu’en vrai, désolé, mais… un marathon, c’est marrant, mais c’est rarement ce qui conditionne les conditions de vie de millions de personnes.
La question de tracer la ligne de départ de la méritocratie semble quand même plus compliquée ?
Est-ce qu’il faut garantir un budget d’éducation strictement similaire par élève ? Une méritocratie, peut-elle laisser des enfants faire des séjours linguistiques si tous les autres n’en profitent pas ? Une méritocratie, peut-elle permettre la transmission de patrimoine dans une famille ? À quel âge commence la différenciation par le mérite ? À 10, 15, 18 ou 30 ans ? Mais au fait, est-ce qu’une méritocratie peut permettre que des enfants grandissent dans la pauvreté ?
Vu que la pauvreté à un impact sur le développement des enfants, peut-être que la méritocratie pour fonctionner doit éliminer la pauvreté des familles même quand celle-ci ne le “mérite pas” ?
On arrive là au paradoxe du mérite identifié par le sociologue François Dubet.
“C’est très troublant que quand vous dîtes dans un débat public, égalité, les gens pensent égalités des chances. On passe à l’idée que la justice sociale, c’est que chacun est le droit d’accéder à toutes les positions sociales, aussi inégales soit-elle. En fonction de son mérite.”
Face à cette égalité des chances qui focalise l’attention, François Dubet oppose l’égalité des places.
Plutôt que d’organiser une compétition, il s’agit de revenir à la notion de l’égalité ou ce qui compte ce n’est pas juste ce qu’il se passe en début de course, mais tout au long du tracé. L’égalité des places pour lui, c’est de faire en sorte qu’un maximum de personnes puissent courir ensemble, ce qui compte, c’est de créer un large peloton, que tout le monde partage une expérience assez similaire.
Pour rendre ça concret, je vois dans ce discours la volonté de faire en sorte que la majorité de la population ait un niveau de vie relativement similaire. Disons que les revenus de tout le monde seraient entre 1 500 € à 3 000 € par mois. Très peu de personnes au-dessus ou en dessous de ces montants. Il peut y avoir des différences de revenu, mais celles-ci sont contenues. L’avantage, c’est que cette égalité est plutôt concrète, il suffit de comparer des revenus.
Le problème est plus compliqué dans une méritocratie. Comme l’indique Hayek… Comment mesurer le mérite ?
L’économiste Stefanie Stantcheva produit des études qui explorent entre autres la différence de perception du mérite entre les États-Unis et l’Europe.
Si on exerce de l’effort, est ce que l’on va être récompensé ou pas ? Contrairement aux États-Unis ou l’idée de ce rêve américain, est très prévalente aux USA, alors qu’en Europe les gens sont très pessimistes.

Stefanie Stantcheva
Ces différentes attitudes n’ont rien à voir avec les situations réelles. Les États-Unis qui se veulent méritocratiques se retrouvent à avoir une société plus immobile que les sociétés européennes. Ça veut dire que leur tentative de récompenser le mérite revient surtout trouver que les enfants des personnes riches méritent et que les enfants des familles pauvres ne méritent pas.
Il est là le paradoxe observé par François Dubet, plus on veut récompenser le mérite, plus on s’en éloigne !
Maintenant, il ne s’agit pas de complètement disqualifier le mérite, mais il est évident pour François Dubet, que la question de l’égalité des places est fondamentale. D’une manière assez ironique, ce n’est que lorsque l’on vit dans une société où tout le monde à un niveau de vie relativement similaire qu’il est possible de reconnaître le mérite individuel.
Dans une société inégalitaire, il devient impossible de discerner ce qui relève du mérite et ce qui relève du privilège.
À moins que vous ayez une solution pour mesurer le mérite… Dans ce cas, je veux bien lire votre commentaire.
Conclusion
Il existe sans doute plus de raisons pour justifier les inégalités que celles qui sont listées dans cet épisode.
Mais ce dont on a peu parlé dans cette vidéo, c’est que l’inégalité économique a des conséquences. Les sociétés les plus inégales sont des sociétés souvent violentes, les études économiques montrent également l’impact négatif qu’elle peut avoir sur le bonheur des populations, la croissance économique, et même la stabilité politique. Les inégalités économiques créent des divisions au sein des sociétés, il y a ceux qui ont et ceux qui n’ont pas.
C’est pour cela qu’il est intéressant de s’arrêter sur les justifications aux inégalités. Quelles sont celles qui vous paraît utile ? Celles qui cherchent à éviter les profiteurs, les inégalités qui visent à récompenser l’innovation, les inégalités qui pourraient ruisseler ou être transmises ? Les inégalités du marché ou celle créer par une course au mérite ?
Ces justifications, vous allez les retrouver dans de nombreux discours autour de vous. La campagne présidentielle s’annonce assez riche sur ce thème. Les mots méritocraties ruissellements et compétitivité, vous allez en entendre parler.
Ces justifications sont importantes parce que croire en certaines justifications, comme les Américains qui croient encore dans le mythe du self-made-man, sont opposés à des mesures qui pourraient atténuer les inégalités extrêmes de ce pays.
C’est pour cela qu’il me semble intéressant de se poser la question, calmement. Quelles sont les inégalités que vous, vous considérez vraiment comme utiles ? Quelles sont les inégalités que vous garderez dans votre société idéale ?
Sources :
- Chaîne YouTube Stupid Economics : https://www.youtube.com/watch?v=VIDEO_ID
- Conférence débat François DUBET Egalité des chances, égalité des places : https://youtu.be/xMhzwyDnZGw
- Croissance et inégalités – Philippe Aghion : https://www.youtube.com/watch?v=Kl4-qUTp8gM&t=61s
- Inégalité de revenu par pays (GINI) : https://data.oecd.org/inequality/income-inequality.htm
- FMI – Causes and Consequences of Income Inequality : https://www.imf.org/en/Publications/Staff-Discussion-Notes/Issues/2016/12/31/Causes-and-Consequences-of-Income-Inequality-A-Global-Perspective-42986
- Nissan CEO Carlos Ghosn defends his own salary : https://www.youtube.com/watch?v=RvJY9yOJqig&ab_channel=SesameTube%EC%B0%B8%EA%B9%A8%EB%B0%A9%EC%86%A1
- La Tyrannie du mérite – Michael Sandel : https://www.albin-michel.fr/la-tyrannie-du-merite-9782226445599
- QUELLE FISCALITÉ FACE AUX CRISES ET INÉGALITÉS ? Avec Stefanie Stantcheva : https://www.youtube.com/watch?v=xyFUqwkIB98