Dans une société que l’on dit de plus en plus individualiste, le rôle de la famille dans le destin économique des personnes n’a jamais pris autant d’importance. Est-ce que nous ne serions pas en train de devenir, de plus en plus, une “société d’héritiers” ? Plus que ça, au vu des empires économiques qui grandissent et qui se transmettent au sein de quelques familles, ne serions nous pas en train de devenir une “société de dynasties” ? Dans ce nouvel épisode de Argent Magique avec @StupidEco et @Heu7reka nous expliquent quelles sont les implications de cette nouvelle répartition des richesses sur notre société et sur nos institutions.
Enquête du monde sur les successions d’industries françaises : https://www.lemonde.fr/les-heritiers/
M – Vous savez quel est le problème aujourd’hui ?
Europe 1 – La Question qui fâche (29/07/2014)
1:14 : “le véritable problème c’est effectivement une montée en puissance de l’individualisme”
G – Ah oui quelle plaie ça l’individualisme… Mais c’est pas un problème depuis toujours ?
M – Nan c’est un truc de jeune, enfin de vieux jeune !
KTO TV – Le Travail dans tous les sens (10/01/2019)
Priscilia de Selve – Journaliste
0:26 : “vous connaissez sans doute le terme génération Y inventé il y a quelques années pour décrire ces jeunes nés entre les années 80 et 2000 une génération connectée habitué au numérique, individualistes, avec un rapport différent à l’autorité bref il ne ressemble pas vraiment à leurs aînés”
M – Ce terme d’individualisme est utilisé pour dire que les jeunes sont solitaires, préfèrent travailler pour eux même, “être leur propres patrons”, évidemment, qu’ils sont égoïstes et qu’ils ne s’intéressent qu’aux likes et aux toktok sur leurs téléphones.
G – Ah bon ? Parce que dernièrement j’ai surtout vu que les jeunes vivent de plus en plus longtemps chez leurs parents, qu’ils ont besoin d’eux pour louer ou acheter un logement ! Y aurait pas un paradoxe là ?
M – Et bah si justement ! Aujourd’hui on va parler des familles françaises, et surtout de leur argent !
GENERIQUE
M – Depuis plusieurs décennies maintenant, avoir des parents riches, ou même avec un minimum de patrimoine, c’est un coup de pouce de plus en plus utile dans la vie. Comme on l’a dit, les enfants doivent vivre de plus en plus longtemps chez leurs parents faute de logements abordables et d’offres d’emploi décentes. A titre personnel, vous ou peut être des proches a vous ont reçu de l’aide de leurs parents qui pouvaient le faire : que ce soit pour aider à payer le premier logement loin de la maison pendant les études, ou les études elles-mêmes, d’autres encore ont réussi à acheter leur premier logement grâce à un don de leurs parents.
G – Ça ne sonne pas très “individualiste” cette affaire
M – Et oui. D’ailleurs sur Stupid Economics on avait publié une vidéo sur la question de la famille et des héritages dans laquelle on mentionnait une étude de 2017. Cette étude se demandait s’il était possible d’éviter de finir dans une “société d’héritiers”.
G – Et alors, 8 ans plus tard, on a réussi à changer les choses ?
Tete en mode “bif bof” :/
- Société d’héritiers
Nous ne sommes plus dans les années 80
C à vous – La France, une société d’héritiers ? Avec Clément Dherbecourt (27/01/2022)
Clément Dherbecourt – économiste et co-auteur du rapport du conseil d’analyse économique sur l’héritage.
1:05 : “donc il va y avoir et c’est déjà documenté par plein d’études, vraiment le risque d’une société à deux vitesses finalement une où certains vont bénéficier des ressources de leur famille, alors ça sera le travail de leurs parents mais aussi du travail sur plusieurs générations, des biens qui ont été hérités alors Patrick Cohen parlait des biens immobiliers dans Paris ça peut être plein de choses des entreprises des assurances vie et cetera, et donc c’est cette partie de la société va vivre va continuer de bien vivre finalement parce que il y a de plus en plus de patrimoine et c’est très bien d’ailleurs que en France il y a plus de patrimoine en général, ça permet de faire plus de choses, mais il restera une deuxième partie de la société qui elle n’aura que son travail et qui aura beaucoup plus de difficultés à créer des entreprises à accéder à la propriété immobilière”
M – On pourrait penser que ça a toujours été comme ça ! Bah oui hein, c’est pas nouveau qu’être né dans une famille riche plutôt que fauché c’est un bon plan. Même dans la France des Trente Glorieuses, la fameuse période où le petit ouvrier pouvait devenir grand patron et où la croissance était infinie, bah on voyait déjà que certains étaient plus avantagés que d’autres.
1959 : Bienvenue dans le 16ème ! | Archive INA
0:38 : “Oui je suis née dans le 16e, pourquoi ?”
1965 : C’était mieux avant ? | Archive INA
1:42 : “alors là moi j’aime le concours quand je pars en vacances il me faut une villa jamais avoir à j’aime pas la plage avec tout le monde j’ai ma absolument mon confort avant tout “
G – La différence en fait, c’est que dans les années 60 à 80 la plupart des français allaient dans la même direction, vers l’enrichissement. C’est la grande époque où la population accède à des équipements qui changent la vie : salles de bains, la télé, frigo, machine à lavée et voiture.
M – Mais depuis, ce qui est le plus notable c’est la différence de vitesse d’enrichissement. Une accélération d’une partie de la France qui s’explique principalement par la solidarité familiale.
G – C’est ce que l’on trouve dans l’évolution des sommes transmises par succession et donations. En 1980, ça représentait autour de 8% du revenu des ménages, dans les années 2020 c’est passer à 19% et en l’état on peut s’attend re à ce que ça aille jusqu’ à 32% à l’horizon 2050.
M – C’est là que ça devient dur de parler de l’individualisme de toute une génération quand un quart, et bientôt peut-être un tiers, de la richesse des foyers français dépend de la famille !
G – Et ce que ça veut dire concrètement, c’est que le statut économique d’un français est de moins en moins lié à son travail qu’à sa naissance. Donc dans les années 80, si vous aviez un collègue avec le même boulot, que vous bossiez un peu plus de trente ans chacun avec un salaire similaire, vous aviez à peu près le même train de vie, à 8% près.
M – En 2025 ou pire en 2050, dans les mêmes conditions de travail, il est probable que vous n’ayez pas du tout la même réalité économique !
Faut qu’on comprenne qu’on fait un petit sketch, ambiance sonore de bureau
G – Tu sais même avec l’augmentation qu’on a eu l’année dernière moi le marché du logement c’est vraiment galère, les deux petits doivent se partager une chambre et on peut pas se payer plus grand ! On va abandonner le projet du troisième
M – Nan mais ta raison le marché du logement… c’est n’importe quoi, depuis que j’ai hérité de l’appartement de Bordeaux on s’est dit super un pied à terre pour les vacances avec les petits, mais tu verrais les taxes foncières, on a dû le mettre à la location. Un scandale.
Le pourquoi de la chose ?
G – Cette différence entre les destins s’explique de plusieurs manières : D’abord c’est l’absence de guerre sur le territoire français métropolitains depuis 1945, pas de pillages, de bombardements de villes, donc pas de destruction massive de richesse ! Logiquement le patrimoine à pû se cumuler et donc se transmettre.
M – La deuxième raison qui explique ces inégalités c’est la construction d’une sorte de bloc politico-économique très puissant : « la France des propriétaires ». Une partie conséquente de la population à pu profiter d’une situation économique et de politiques propices à l’accession à la propriété avant les années 2010, et même d’une plus value très importante de leur valeur. Depuis, les politiques chouchoutent ces propriétaires fonciers, ce qui tend à favoriser les mesures qui protègent leurs droits à la propriété, leurs capitaux immobiliers et leur transmission.
G – Ouais, la défense des propriétaires est omniprésente. On peut citer : une taxe foncière qui n’a pas été révisée depuis 50 ans malgrés sa tendance à favoriser les propriétaires aisés des centres villes, des subventions de toutes sortes pour réaliser des travaux qui préserve la valeur des biens, une panoplie de dispositif pour défiscaliser une résidence principale, un investissement locatif ou même, une résidence secondaire ! Bref, l’État aime les proprios et c’est pas un secret !
https://www.dailymotion.com/video/xzhng (qualité pas top…)
Discours de Nicolas Sarkozy au congrès de l’UMP (14/01/2007)
40:44 “ Je propose que l’on fasse de la France un pays de propriétaires parce que lorsque l’on a accédé à la propriété on respecte son immeuble, son quartier, son environnement… et donc les autres. Parce que lorsque l’on a accédé à la propriété on est moins vulnérable aux accidents de la vie.
M – Cette protection de la propriété on pourrait même l’inscrire dans le guinessbook puisque les Français détiennent le record du monde du plus grand nombre de maison secondaire.
G – He… c’est pas rien ça ! Finalement en France on n’a pas de pétrole, on n’a pas forcément d’idée non plus, mais ce qui est sûr… c’est qui en a qui ont un paquet de maisons secondaires !
M – Et après quelques décennies d’augmentation de la valeur immobilières et de protection politique, on arrive à une situation d’inégalité générationnelle : le patrimoine médian des 60-69 ans a augmenté fortement jusqu’à arriver à 214 300€ en 2021, soit quatre fois plus que celui des 30-39 ans qui se limite à 49 400 euros.
G – C’est vrai que c’est pas bien riche un trentenaire français
M – Et surtout, le gouffre de patrimoine n’a pas toujours été aussi fort ! Ce graphique tiré de l’étude de 2017 montre l’évolution des patrimoines selon les âges. Alors qu’en 1986, les trentenaires avaient un patrimoine médian presque 2 fois supérieur aux septuagénaires, et bah en 2021, la situation est plus que inversée ! En ajoutant les données de 2021 on voit que le patrimoine du ménage de plus de soixante dix ans médian est 4 fois plus élevé que celui du trentenaire !
[Ici le lien avec les calculs pour arriver à la base 100]
G – Et forcément, puisque ce sont les vieux qui votent, et que ce sont eux qui ont le patrimoine, et bah derrière, les politiques défendent ce patrimoine ! Logique !
M – Cette France des propriétaires, majoritairement satisfaits de leur logement, ont vécu et construit leur vision du monde dans une société ou l’héritage était juste un bonus, c’était juste le petit 8% en plus quoi. Alors beaucoup mettent du temps à se rendre compte des problématiques de logement des années 2020, de l’absurdité d’avoir des jeunes familles aussi mal logées et du fossé qui se creuse dans les jeunes générations entre ceux qui vont hériter et ceux qui n’auront pas cette chance.
La france des propriétaires
M – Et voilà comment on se retrouve dans un société à deux vitesses ! L’accumulation du patrimoine qui à eu lieu pendant cette longue période de paix et qui à été aidé par des politiques accommodantes, font que la succession des séniors français est aujourd’hui un véritable trésor !
G- Après ça veut pas dire que tous les séniors sont riches pareil, y a de grosses disparités, par exemple les 10% des soixantenaires les plus riches ont un patrimoine médian de 677 000€, tandis que les 10% les plus pauvres sont à 3 800€. Forcément les héritages ne vont pas être les mêmes.
M – Et ensuite ça vient nous parler valeur travail et méritocratie.
L’impôt sur les successions n’est pas censé limiter ça ?
G – Sauf que là vous allez nous dire que y a forcément un souci quelque part dans notre analyse. Parce que c’est bien connu, notre système français de redistribution est ultra confiscatoire et quasi-communiste. Tout est taxé, voire doublement taxé ! Il y a comme un paradoxe là..
M – En fait, il y a une mauvaise compréhension du fonctionnement du système redistributif français qui vient de l’absence d’astérisque sur notre devise républicaine.
Liberté , égalité, fraternité.
A l’écran, écrire “Liberté, égalité*, fraternité” sans l’astérisque, puis l’astérisque qui apparaît avec un [sudden suspense – Instant Sound Effect Button | Myinstants]
G – l’égalité en droit sous réserve de la complexité des lois qui ne vous permet pas de les connaîtres, de les comprendres ou de les mobiliser et donc d’anticiper, d’optimiser et d’éviter l’application de l’esprit de la loi
M – La taxe à la française en fait c’est comme notre orthographe toute pété, un amas de règles qui comprennent toutes des exceptions.
G – « bijoux, cailloux, choux, genoux, hiboux, joujoux, poux » ça prend X au pluriel pas un S, faut le savoir !
Boursorama – Donations : voici comment éviter de vous faire matraquer fiscalement (10/05/2019)
Christian Fontaine – Journaliste au Revenu
0:21 : “on peut optimiser il faut optimiser sa donation ?
– bien sûr qu’il faut optimiser cette donation. C’est vrai que les droits de succession en France sont très élevés puisque on grimpe vite dans la tranche des 45%, mais il existe un certain nombre d’astuces qui permettent de réduire considérablement la facture.
G – Donc en fait, l’impôt sur la succession à la française, déjà il est pas si élevé que ça
M – Bah si quand même 45% t’as entendu
G – Alors oui, mais crois moi ca concerne pas la majorité des gens, regarde :
Boursorama – Donations : voici comment éviter de vous faire matraquer fiscalement (10/05/2019)
– 45% c’est à partir de quel niveau qu’on est à 45% ?
– alors l’assurance vie (???), ça dépend si vous êtes en ligne directe pas en ligne directe
– en ligne directe oui
– en ligne direct, alors je voudrais pas vous raconter de bétises donc c’est de mémoire on doit être environ environ autour de 1 million 500 000 par part
– ah oui quand même !
– c’est vrai c’est vrai
– on est pas tous aussi riches que vous
G – Parce qu’en fait c’est un impôt qui est plein d’exceptions : avec 3 ou 4 enfants, en cumulant les abattements de 100 000€ par parents et par enfants, en ajoutant des donations du vivant tous les 15 ans de parents et de grands parents qui vivent de plus en plus longtemps, avec une assurance vie largement défiscalisée, une SCI pour le transfert immobilier et pour les entreprises, vous pouvez regarder du côté du pacte Dutreil… si avec tout ça si vous arrivez à payer des impôts sur la succession, alors il est temps, vraiment temps de changer de gestionnaire de patrimoine.
Boursorama – Donations : voici comment éviter de vous faire matraquer fiscalement (10/05/2019)
2:26 : “c’est un peu compliqué là la fiscalité en france et particulièrement le régime des donations il faut choisir la bonne case c’est pour ça il faut être bien conseillé “
M – Bah oui tu parles que c’est compliqué ! Et du coup en fait les seuls qui se retrouvent à payer un montant conséquent, c’est les français assez riches pour être taxés mais pas assez pour se payer un conseiller, ou alors celles et ceux qui sont malheureusement concernés par une mort prématurée ou accidentelle !
G – Effectivement, il est possible que les héritiers se retrouvent avec un héritage non optimisé, et dans ce cas là l’impôt sur la succession d’une maison à 300 000€ transmise à un enfant unique peut monter à 38000€. A ça il faut ajouter des frais de notaire qui peuvent atteindre les 10 000€. Au final, on arrive à 16% de la succession totale.
Afficher :
M – Mais là on parle d’un truc vraiment pas optimisé ! Parce que ce que montre notamment Oxfam c’est que dans les faits les plus riches, en anticipant, peuvent descendre à 10% de droits de succession grâce à …
Boursorama – Donations : voici comment éviter de vous faire matraquer fiscalement (10/05/2019)
0:33 : “[il existe] un certain nombre d’astuces qui permettent de réduire considérablement la facture “
G – Par contre, les quelques français un peu riches mais pas trop qui n’ont pas su ou qui n’ont pas pû optimiser, alors eux ça les fout en rogne de payer cet impôt ! Et les médias de droite n’hésitent pas à s’appuyer sur cette colère pour dénoncer un impôt “confiscatoire”, à supprimer ça oui, mais certainement pas à améliorer !
Europe 1 – Taxation de l’héritage : l’égalitarisme contre la transmission (18/10/2024)
Eugénie Bastié – Éditorialiste
0: 20 : “et oui c’est l’éternel débat sur la taxation des successions une obsession bien française qui revient à l’Assemblée puisque apparemment il est impossible de faire des économies on cherche à imposer tout ce qui bouge et même ce qui ne bouge plus la taxup nation turbine à plein régime non contente de taxer les riches vivants la gauche veut aussi taxer les riches morts
M – Mais si la taxation sur l’héritage était vraiment confiscatoire alors cet épisode n’existerait pas !
Ya paradoxe !
G – Enfin je veux dire, on peut pas, à la fois, constater que clairement le patrimoine hérité représente une part de plus en plus importante de la richesse des ménages, et en même temps dire qu’on à un impôt confiscatoire sur l’héritage.
G – Parce okay on est sur Blast, média de gauche toussa toussa, mais c’est pas nous qui les avons sorties de notre chapeau ces chiffres là ! Ils viennent même d’un site .gouv.fr. C’est complètement officiel.
2 ou 3 vitesses ?
M – Après, on va avoir tout un tas de gens qui vont nous dire que, bon certe l’héritage c’est pas ultra-égalitaire, y a des gens qui sont nés riches, d’autre pas, mais, c’est des histoires de familles ça, et puis il faut pas être jaloux. De toute façon, « Chacun doit se concentrer sur sa carrière et sa vie, son chemin, et puis surtout le plus important c’est de croire en soi, d’y aller à fond, de se donner, de pas compter ses heures, que ce qui compte c’est la passion, travailler sur une ligne de production, c’est pas une punition. C’est pour ton pays, c’est pour la magie.” — Attendez j’ai un post linkedin à faire.
G – Mais non, ce n’est pas comme ça que ça marche la vie. Parce que l’argent c’est du pouvoir !
M – Le pouvoir d’achat généralement on en parle que pour acheter des œufs, du pain ou faire un plein d’essence. Mais, c’est aussi le pouvoir d’acheter le terrain du voisin, de se payer des avocats en cas de contrariété, des gros-bras, un média
G – et même des lois quand on a beaucoup de pouvoir (signe argent avec les doigts)!
M – Et c’est pour ça que la question de l’héritage, c’est pas qu’une histoire de famille ou de jalousie, c’est – fondamentalement – une question – de pouvoir.
G – Ce graphique montre comment le patrimoine net est réparti dans la population française. 50% des français les moins riches avaient 4,8% du patrimoine total en 2009. Les 40% du-dessus avaient 42,5% du patrimoine, les 10% au sommet avaient tout le reste : 52,7%. Et ben en 2023, les 10% les plus riches se partagent désormais 54.2% du gâteau. Ils ont gagné en pouvoir économique.
M – Eh oui parce que le pouvoir de l’argent c’est un pouvoir relatif. Si je veux acheter une maison en bord mer, le plus important c’est pas tant le prix annoncé, c’est surtout la situation de l’autre personne qui est intéressée. Si elle est plus riche que moi c’est mort je l’aurai pas.
G – Et quand on revient sur notre graph, on voit bien que ceux dont le pouvoir augmentent le plus rapidement, c’est les 10% les plus riches. Même les 40% qui détiennent une grosse partie du patrimoine, ils sont en train de perdre du pouvoir au fil des années. Donc ça veut dire qu’entre 2009 et 2023, 90% des français ont cédé du pouvoir aux 10% les plus riches.
M – Donc non seulement la France est devenue un pays d’héritiers avec une différence importante entre ceux qui héritent et ceux qui n’héritent pas, c’est les 2 vitesses dont on parlait plus tôt. Mais en plus de ça, sur notre graph là, on voit qu’il existe une troisième vitesse, celle de ceux qui s’enrichissent plus vite que les deux autres ! Ce sont les 10% qui ont le plus haut niveau de patrimoine, et qui s’accaparent toujours plus de pouvoir économique et donc politique.
G- Bon vous connaissez la chanson, dans les 10% en fait il faut décomposer et on se rend compte que l’enrichissement est d’autant plus fort dans le 5%, et même le 1% ! En tout cas, il y a une petite partie de la population qui avance à une vitesse bien plus rapide que le reste, une petite partie de la population qui détient un pouvoir d’achat très, très important et qui se transmet de génération en génération. Si on devait leur donner un petit nom ça pourrait être….
M – Des dynasties
France Inter – Rapport Oxfam : la France est-elle une société d’héritiers ? (17/09/2024)
Cécile Duflot – Directrice générale d’Oxfam France
9:48 : “(ce qui nous nous importe à Oxfam c’est qu’on fasse craquer les coutures de ce débat sur les Français sont contre les impôts sur les successions, parce que en fait on crée un écran de fumée pour éviter de regarder en face la réalité qui sont que) les super héritage sont totalement sous-taxés et vont créer des sortes de dynastie et recréer une forme d’aristocratie financière qui ensuite a un agenda démocratique qui est celui qui fragilise notre pays”
- Société de dynasties
G – OK, quelques chiffres : On a 50 milliardaires en France. Dans son rapport sur l’héritage de septembre 2024, Oxfam estime que 25 d’entre eux, qui ont plus de 70 ans, vont transmettre un patrimoine dont la valeur cumulée tourne autour de 460 milliards d’€. En 2024 on a vu poper 9 nouveaux milliardaires dont 7 sont des héritiers. Et puis aussi un un quart des milliardaires français est issu d’une de ces ces trois familles… Seras-tu deviner lesquelles?
M – Hummm… Arnault, Pinault… Bolloré
G – Perdu ! C’était Dassault, Besnier et Saadé… Surtout Dassault en fait, ils sont 6 !
M – Ah ouais… C’est qui les Besnier ?
G – Ceux qui possèdent Lactalis
M – Ahh les produits laitiers, des sensations pures
G – Bon, des milliardaires chez nous, même si on est pas le pays européen qui en compte le plus, on en manque pas. Et ils sont plutôt bien au chaud puisque d’après l’économiste Gabriel Zucman, la France est un véritable paradis fiscal pour milliardaire. En effet, grâce à un petit montage qui consiste faire tomber leurs dividendes dans une holding plutôt que directement sur leur compte, ils ne sont taxés qu’à hauteur de 1,8% de leurs revenus réels.
M – Une holding c’est une entreprise écran qui vient se placer entre la famille et la grosse boîte qui crache des dividendes… Son but c’est de récupérer le cash et le réinvestir dans des produits financiers pour étendre l’empire mais aussi dans des yachts, des jets privés, des véhicules et des résidences… Bref des joujoux dont la famille pourra profiter à loisir mais qui officiellement ne leur appartient pas directement donc… Pas d’impôts.
G – Bon, on a des milliardaires chez nous, ils héritent ou vont bientôt hériter de la fortune de papa (oui parce que c’est pas un environnement qui à l’air de laisser beaucoup de place aux femmes l’héritage des milliardaires… Allez lire l’enquête du monde sur les grandes successions françaises… C’est quasi que des histoires de patriarches pseudo dictateurs macho et mégalo… Je te raconte pas le diagnostic psychologique des enfants qui grandissent là-dedans…)
M – Ah si raconte !
G – Bon d’accord mais juste un peu :
Ben genre y a Bolloré, ses cadres dirigeant le compare à un pirate… et alors que deux de ses fils, qu’il qualifie lui même de ses “deux fils utiles” – genre l’autre ne l’est pas… ambiance… ses deux filstons donc ont des postes importants à la tête de la holding familiale. Bon, le fils “pas utile” est beaucoup plus bas dans la hiérarchie, mais regardez ce que l’article du Monde raconte au sujet de sa fille :
“Sa sœur, Marie, celle dont Vincent Bolloré parle semble-t-il si peu à ses proches, s’est, pour sa part, retrouvée propulsée au cœur de l’un des dossiers les plus compliqués : Autolib. Pas un cadeau, de l’avis général, pour une jeune femme timide, qui n’a pas le bagage pour gérer un bras de fer avec la Mairie de Paris après l’arrêt du service d’autopartage. « Je la laisse faire, commente alors Vincent Bolloré, jamais en reste d’une saillie misogyne, parce qu’avec les femmes, si on leur confie le volant en leur disant à tout moment “accélère” ou “freine”, ça finit mal. »
M – Ah oui t’as raison : l’ambiance !
G – T’as aussi Bernard Arnault qui prépare sa succession comme s’il s’agissait de la passation du trône de fer. A tel point qu’un de ses fils dit : « Il est notre père, bien sûr, mais aussi notre patron. » Ça doit être sympa les dimanches en famille style meeting brainstorm pour la prochaine stratégie de fusion acquisition du groupe. Et puis c’est incroyable, on perçoit à travers tous ces articles que le champ lexical de la dynastie est utilisé de partout par les cadres des différents groupes. Le plus parlant, c’est un cadre du groupe LVMH qui compare la succession du fils prodigue à la première chasse à courre du Dauphin. Il dit : « L’échec est impossible, il y a des cavaliers à droite et à gauche, le piqueux et les chiens qui rabattent le cerf vers lui, et pour finir, le Dauphin pose pour la postérité avec le tableau de chasse. »
M – Bref… Les ultra riches refilent leurs entreprises à leurs enfants. Des dynasties capitalistes se créent… Et alors, c’est quoi les conséquences pour nous ?
G – Et ben on a un champ d’étude en économie politique qui s’appelle : “démocratie inégalitaire” qui étudie la manière dont les inégalités affectent les décisions législatives. Ce que ce champ trouve, et notamment ce papier de 2018, c’est que le creusement des inégalités ne semble pas encourager les politiques à lutter contre ce phénomène. Pourtant dans les sondages, les gens disent bien que les inégalités sont un problème pour eux. Mais malgré tout, les politiques ne s’emparent pas du sujet. Pourquoi ?
M – Alors là vous nous voyez venir, c’est forcément à cause de Bernard Arnault qui quand il a dîné avec Macron l’été dernier exigeait “qu’il [falla it] à tout pris éviter un premier ministre de gauche”
G – Toi tu dînes souvent avec Macron pour lui faire des recommandations de ministres ?
M – Hummm… C’est pas arrivé souvent
G – Ah c’est dommage ça aurait été sympa de lui toucher deux mots à propos de la taxe foncière trop élevée de ta maison de Bordeaux là
M – Bon alors en réalité c’est vrai que ce manque de “motivation” des politiques concernant l’intérêt du plus grand nombre peut s’expliquer par des éléments moins directs que la simple influence des plus riches. Par exemple, on peut mentionner l’omniprésence du logiciel néolibéral pour raisonner.
G – Et ben oui ! Mettez vous à la place d’un politique qui cherche du financement pour une action quelconque. Si vous raisonnez dans un “cadre de pensée” qui vous dit que : “les marchés fonctionnent parfaitement, le privé c’est mieux que le public, il ne faut surtout pas faire de déficit”. Ben ça réduit vos options.
M – C’est une forme d’auto-censure. Option 1/ pour trouver de l’argent : on pourrait augmenter les impôts des plus riches ?
G – Surtout pas parce que ce sont des entrepreneurs ou investisseurs bien plus efficaces que l’état, donc ils savent mieux que nous quoi faire de leur sous. Leurs investissements vont certainement ruisseler vers les plus pauvres. Ce qui est complètement faux hein… Ça a été démontré maintes maintes fois. Les économistes parlent d’une “idée zombie” qui refuse de mourir…
M – Sinon, option 2/ pour trouver de l’argent
G – On pourrait faire du déficit public et s’endetter ? Surtout pas non plus ! L’état est tellement nul en investissement, mieux vaut laisser le privé s’en occuper.
M- Bon… Qu’est-ce qui nous reste comme option ?
G – Et ben on pourrait faire l’aumône auprès des grands patrimoines et des grandes entreprises. On demande gentiment s’ils veulent bien aider à financer ci ou ça. Et en contrepartie, on écoute leurs doléances.
M – Mais, dans leur logique d’accumulation, ils ne savent réclamer qu’une chose : ils veulent payer moins d’impôts pour enrichir leurs actionnaires déjà riches. Du coup, on aboutit à un mécanisme idéologique qui agit de manière automatique tellement on ne se pose plus la question.
G – Autre mécanisme indirect auquel on peut penser : le découragement des plus pauvres. A force de ne rien voir changer, toute une partie de la population ne croit plus en la politique, ne s’y intéresse plus ou ne va carrément plus voter. Les promesses de réduction des inégalités ne sont plus porteuses car les gens n’y croient pas. Ils ont intégré l’idée – pourtant totalement fausse – qu’on ne peut rien y faire. Que les riches sont intouchables et que donc il faut aller chercher des coupables ailleurs…
M – C’est la faute des wokes et des arabes ! Surtout ceux qui mettent des bonnets à la télé !
Montreux Comedy – Merwane Benlazar – Islam & Vikings (11/01/2023)
1:55 : “C’est le résultat de l’islamisme dont on t’a parlé, c’est exactement ça.”
G – Ces mécanismes indirects, s’ils étaient les seules explications à l’inaction des politiques pour réduire les inégalités, ça ne nous feraient pas dire qu’on a un problème de dynastie. Si ce n’était qu’un problème d’éducation des politiques et des gens alors il suffirait de faire des vidéos sur YouTube…
M – Le truc c’est que les chercheurs ne s’arrêtent pas à ses mécanismes indirects. Bien au contraire. Ils pointent aussi les nombreuses influences “directes” entre supers-riches et politiques.
G – Eh oui parce qu’il n’y a pas simplement eu 1 dîner entre un milliardaire et le président. Cette proximité, on la retrouve dans leur mode de vie, dans leur quotidien. ’ils fréquentent très souvent les mêmes cercles : ils vivent dans les mêmes quartiers de Paris, leurs enfants sont scolarisés dans les mêmes écoles, ils vont en vacances aux mêmes endroits…
Y a de quoi développer de sacré théorie du complot quand on regarde sur wikipedia les collèges et lycées des enfants des grandes fortunes, des personnalités politiques, des éditorialistes et des présentateurs télé !
M – Adam Smith avait déjà remarqué cette proximité il y a plus de deux siècles : il expliquait que les plus riches avaient l’oreille du pouvoir par défaut. Alors que les “simples travailleurs” eux, parce qu’il n’avaient pas le droit de s’organiser, n’étaient ni consultés, ni entendus. Ca ne faisait pas de Smith un syndicaliste pour autant. En revanche, il a clairement écrit qu’il était du devoir des politiques de trancher les débats entre travailleurs et patrons dans le sens des premiers, les travailleurs, pour rétablir la justice. Attention, citation de Smith pour faire classe : “Toutes les fois que la législature essaye de trancher les démêlés entre les maîtres et leurs ouvriers, ce sont toujours les maîtres qu’elle consulte ; aussi quand le règlement est en faveur des ouvriers, il est toujours juste et raisonnable.”
G – Bon, le politique qui tranche en faveur des “travailleurs”… Ca me semble pas hyper réaliste sans des syndicats puissants. Et des syndicats puissants… Ben ça a été le cas au milieu du XXème siècle mais bon aujourd’hui à l’ère de l’auto entreprise et de l’uberisation, on en est loin
M – Autre explication : le pantouflage ! Il y a des allers-retours permanents entre le monde des affaires à haut niveau et le monde politique. Macron lui-même était un banquier d’affaires. Et pas un banquier d’affaires en mode stagiaire en bas de la pyramide, proche des intérêts des cols blancs en général… Non, un banquier d’affaires proche des hautes sphères et de leurs intérêts à eux.
G – Et puis les milliardaires achètent des médias, financent des think-tank… Ils positionnent leurs pions. Ça leur permet de nier d’intervenir directement alors qu’en réalité c’est quasiment ce qui se passe. Et en effet, un Bolloré ne dit certainement pas à un Hanouna ce qu’il doit raconter à l’antenne… Mais en même temps pas besoin, puisque le second à parfaitement compris les intérêts du premier. Et si jamais le subordonné devait dévier de la ligne voulue par le maître, il serait immédiatement remplacé.
M – Ça marche un peu pareil avec les think tank. On finance des gens qui écrivent des trucs qui vont dans notre sens. Si vous voulez savoir comment ça marche, allez demander aux industriels du tabac ou du pétrole.
G – Et pour finir il y a le financement des campagnes politiques. Alors, chez nous c’est pas le pire, mais aux US, un petit chiffre : 80% du financement des campagnes est privé et assuré par seulement 30,000 individus. Donc c’est les 0,01% qui financent les campagnes quoi ! Avec ça tu m’étonnes que les élus évitent de parler de redistribution.
M – Tout ça pour dire que oui malheureusement. Plus les inégalités augmentent, plus les politiques semblent s’en foutre. On le voit parce que les inégalités en hausse ne provoquent ni l’adoption, ni même la discussion sérieuse de lois qui permettraient de réduire ce phénomène. Et parmi les raisons qui expliquent ça, les liens entre pouvoir politique et grands capitaines d’industrie y sont pour beaucoup
G – D’ailleurs plutôt que de parler de “capitaine” d’industrie, on pourrait dire “autocrate” ou “dictateur” parce que le monde l’entreprise c’est quand même carrément pas la démocratie. Et puis quand on constate que ces “autocrates” font hériter leurs enfants… Ben là ça ressemble carrément à de l’aristocratie quoi…
M – Les grands barons du capitalismes font hériter leurs enfants et décident des lois… Est-ce que c’est vraiment le monde dans lequel on veut vivre ?
Conclusion
G – Bon, clairement les craintes de 2017 sur la transformation de la France vers une société d’héritier se sont révélées correctes. La part de l’héritage dans les revenus des ménages continue de progresser et avec elle les inégalités de patrimoines.
M – Donc il faut pouvoir faire ce constat aujourd’hui : nous vivons dans une société d’héritier, où les coups de pouce de la famille, s’il n’ont jamais été négligeables, sont redevenus centraux.
G – Que ce soit pour aider à payer les 600€ de loyer pendant les études, jusqu’à la transmission d’empires économiques qui vont permettre d’influencer la vie politique de notre pays entier
M – Cette société d’héritiers, c’est une réalité nouvelle pour beaucoup de français, une réalité qui n’est pas encore tout à fait comprise, notamment par les seniors de la France des propriétaires. Ceux là même qui sont, pour beaucoup protégés par leur capital immobilier et qui ne mesurent pas tout à fait, comment la valeur du travail à pû tant s’éroder ces dernières décennies. C’est aussi présent chez les plus jeunes, qui peuvent avoir du mal à mesurer comment le coup de pouce financier des parents à 20 ans permet de changer radicalement la trajectoire économique d’une vie.
G – Et la prise de conscience est d’autant plus ralentie, que les discours médiatiques et politiques dissimulent sans arrêt cette réalité en mobilisant la valeur travail, en se focalisant sur l’individualisme des jeunes, leurs flemmes légendaires qui les empêche même de traverser la rue pour se créer un avenir.
M – Si vous suivez nos chaines, Blast, ou d’autres médias qui tentent de présenter la France telle qu’elle est, vous comprenez que le marché immobilier est en train d’étouffer l’économie française, que l’héritage transforme en profondeur notre société et qu’il va falloir un changement radicale pour accompagner le vieillissement profond qui à et va se poursuivre dans les prochaines décennies.
G – Mais en plus d’avoir à gérer cette société d’hériter, comme si ce n’était pas suffisant, il va aussi falloir trouver comment éviter la prise de contrôle par les dynasties capitalistes !
M – C’est comme ça que l’on peut, en partie, comprendre les crises démocratiques qui secouent beaucoup de pays; 80 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale. Partout des familles se sont enrichies à un tel point que la mobilisation de leur pouvoir politique pour défendre leurs intérêts est à l’opposé de l’intérêt général.
G – Et oui, parce que en plus de s’être promis la liberté et l’égalité, et malgré les astérisques, notre république invite les français à se considérer frère et sœur.
M – Elle nous invite à agrandir notre vision de la famille, d’y inclure toutes les personnes avec qui nous partageons la gouvernance de ce morceau de territoire. D’une certaine manière, elle nous invite à partager notre héritage avec celles et ceux dont nous partageons le destin, y compris dans ses heures les plus sombres.
G – Parce que c’est justement dans ces moments là que l’on découvre que « Ceux qui avaient à choisir entre les biens matériels et l’âme de la France, les biens matériels ont choisi à leur place. Les possédants sont possédés par ce qu’ils possèdent. » Une petite citation qui nous vient de la plus haute figure de la droite française depuis la libération, Charles de Gaulle.
M – Alors que nos droites actuelles semblent s’évertuer à donner la France aux dynasties et que les tensions internationales s’affirment : Notre histoire doit servir d’avertissement, la valeur d’un citoyen français ne se mesure pas à l’épaisseur de son porte monnaie !
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G – Bon et en vrai c’est là même chose pour un média ! Parce qu’en fait ce qui compte, c’est surtout son indépendance. Donc si vous voulez user du pouvoir politique que vous confèrent vos euros, n’hésitez pas à faire un don à Blast, un média garanti sans dynastie !
M – N’hésitez pas non plus à suivre nos chaînes pour plus de sujets économiques, et nous on se retrouve le mois prochain !
POUBELLE
Quelques propositions d’individualisme en plus !
“6:50 : les gens les gens sont préoccupés par leur petites personnes par leur centre par tac et c’est compréhensible aussi façon on entretenu cet individualisme qui fait que là bah d’un seul coup on a normalisé ces gens là quoi”
Ajouter le graph dans la partie avec l’idée – on avance vers le passé – On tente de revivre les années 30 ?
1:58 : “forte proportion de notabilité c’est là qu’on trouve le plus d’académiciens et d’ambassadeur c’est aussi là qu’on trouve le maximum de prénom est le plus de particules”
2:15 : “des établissements spécialisés et privés s’occupent de leur donner une éducation de choix qui trouve son prolongement naturel entre les murs du lycée janson de sailly. Et l’on peut dire pour conclure qu’il n’est pas un habitant du 16e que l’idée d’exil puis ce même effleuré. Il n’est pas concevoir qu’on puisse vivre ailleurs qu’ici “
G – Si on reprend notre graphique, on peut le présenter sous forme d’un escalier. Bon on l’a vu il y a les 50% qui sont au pied de l’escalier, ce sont ceux qui n’ont pas ou pas beaucoup de patrimoine.
Puis, on a les 40%, sur l’escalier avec un patrimoine conséquent et qui sont réparties sur les premières marches de notre escalier. Enfin, on a nos 10%, qui sont au-dessus. Mais il y a un truc !
- Y a un truc ? C’est quoi le truc ?
- C’est que ces première marche et bah en faite c’est un escalator qui fonctionne à l’envers !
- Ah ouais, donc nos héritiers là, ils montent les marches, ont l’impression d’avancer avec les héritages qui les attendent mais en fait ils reculent tout doucement ?
- C’est ça, les héritiers du milieu grimpent les marchent, ils touchent un héritage, mais ils s’éloigne du « pouvoir économique » parce que les 10% du dessus touchent TELLEMENT plus !
- Et du coup on trouve trois vitesses. Il y a les déshérités du bas, la société d’héritiers qui va de l’avant en reculant et tout en haut… la dynastie ? Ceux qui ont un pouvoir économique qui se transmet dans la famille !
- C’est ça, parce que pour donner un ordre de grandeur, 1 personne sur 10 de plus de 60 ans à un patrimoine de plus 600 000€, soit l’équivalent de 20 ans de travail du salarié moyen !
- Et comme on l’a dit, l’argent est un pouvoir relatif, quand les salaires augmentent moins vite que les successions, alors on voit réapparaître les classes avec d’autant plus de force qu’elle s’impose à nous.
- Il reste encore quelques naïfs qui pensent que l’on peut devenir milliardaires en ayant une bonne idée et en travaillant dur. Mais encore une fois Linkedin c’est pas
- c’est que le pouvoir économique change de main avec des conséquences dramatiques pour les travailleurs.
- Ce ph
https://youtu.be/9sg4uf37krc?si=qjn4tGE5QL9zxRK4 )
Fondation Jean Jaures – La France des héritiers : comment en sortir ? (27/10/2024)
Guillaume Allègre – économiste à l’OFCE
1:00:24 : “ le phénomène Arnaud Lagardère nous montre comment hériter d’une manière massive d’un empire économique sans avoir les qualités pour le gérer conduit à la destruction de cet empire économique donc je veux dire l’idée de dire que les héritiers parce qu’ils sont les fils d’eux ont des prédispositions naturelles à la conduite des affaires de la société est quand même un petit peu douteuse enfin je dire c’est quand même une idée qu’on croyait avoir vaincu il y a pas mal de temps”
-> Montrer que il ya plein de dynasties, personnalités fortes, mission de transmission, leur dynasties sont un empire dans notre démocratie [Bernard Arnault qui va à l’investiture de Trump avec sa fille, fille mariée à Xavier Niel] [Rapport Oxfam sur les super-succession]
-> Leur influence sur la politique (leur but c’est bien de faire un escalator qui descend pour nous, ils accaparent les richesses) [Bernard Arnault et le PDG de Total qui se plaint de la taxation des riches]
– les médias
– financement de partis,
– l’influence sur la politique directement
– l’Etat au service des milliardaires
-> Pas de problème sur l’aspect transmission de boîte en tant que tel, concentration de pouvoir politique qui pose problème.
– quand la transmission de boîte ressemble
BFM Business – Doze d’économie : Héritage, la nouvelle cible fiscale (17/09/2024)
1:49 : “quand on cite 25 personnes qui vont transmettre 460 milliards d’euros ce sont 25 personnes qui vont transmettre des empires familiaux qui créent des emplois qui ont une base taxable qui crée de la croissance et qui voilà il s’agit pas d’aller c’est c’est c’est pas des gens qui vont transmettre des lingots d’or”
France Inter – Rapport Oxfam : la France est-elle une société d’héritiers ? (17 sept. 2024)
Cecile Duflot – Directrice générale d’Oxfam France
9:48 : “ce qui nous nous importe à Oxfam c’est qu’on fasse craquer les coutures de ce débat sur les Français sont contre les impôts sur les successions, parce que en fait on crée un écran de fumée pour éviter de regarder en face la réalité qui sont que les super héritage sont totalement sous-taxés et vont créer des sortes de dynastie et recréer une forme d’aristocratie financière qui ensuite a un agenda démocratique qui est celui qui fragilise notre pays”
Trouver Extrait macron “rentes” et “inégalités”
https://www.dailymotion.com/video/xzhng (qualité pas top…)
Sarkozy
29:56 : “Le but de la République c’est la reconnaissance du travail comme source de la propriété et la propriété comme représentation du travail. Les mots propriété et travail ne me font pas peur, parec que c’est grave au travail que les société progressent, et c’est grace a la propriété que l’on peut assurer la sécurité de sa propre famille. Je veux défendre le travail, et je veux défendre la propriété”
Bolloré :
« Sa sœur, Marie, celle dont Vincent Bolloré parle semble-t-il si peu à ses proches, s’est, pour sa part, retrouvée propulsée au cœur de l’un des dossiers les plus compliqués : Autolib. Pas un cadeau, de l’avis général, pour une jeune femme timide, qui n’a pas le bagage pour gérer un bras de fer avec la Mairie de Paris après l’arrêt du service d’autopartage. « Je la laisse faire, commente alors Vincent Bolloré, jamais en reste d’une saillie misogyne, parce qu’avec les femmes, si on leur confie le volant en leur disant à tout moment “accélère” ou “freine”, ça finit mal. » »
« Mais c’est un jeu gagnant-gagnant auquel se livrent père et fils, celui de la complémentarité. A Yannick le rôle du gars cool, chemise blanche et bracelets aux poignets, copain de Cyril Hanouna, avec lequel il joue au tennis, et discutant avec les journalistes quand son père les vomit. Il apporte son aisance relationnelle et son réseau à Cyrille, plus renfermé, qui en manque. A Vincent le rôle de l’industriel agressif et cynique. Quand ses proches s’étonnent de voir le patriarche « se comporter en pirate du lundi au samedi et en grenouille de bénitier le dimanche », courbé sur son prie-Dieu aux messes, qu’il ne manque jamais, Bolloré père répond sans fard : « La religion catholique est formidable : je pèche, je me confesse, je recommence. » »
Aux salariés de canal+
« Il y a un psychopathe qui est arrivé dans une pension de famille… Le psychopathe, c’est moi, la pension de famille, c’est vous. Et le psychopathe, sans savoir exactement pourquoi ni qui, tue régulièrement et brutalement un certain nombre de gens. »
Arnault :
Alexandre, ce « numéro trois », qui a du mal à masquer son appétit de conquête, résume en une phrase ce drôle de mélange entre liens du sang et business : « Il est notre père, bien sûr, mais aussi notre patron. »
Dilemme : en même temps que l’Ecole normale supérieure, le jeune Frédéric a aussi été admis à… Polytechnique. Le patriarche appelle quatre ou cinq de ses proches dont l’influent conseiller Alain Minc pour convaincre son fils de choisir l’X – ce qu’il fera. « Normale-Sup, c’est magnifique, mais cela prépare à la recherche ou à l’enseignement, pas à la direction d’entreprise… », justifie le père. Comment mieux dire ce qu’il attend de ses poulains ?
Il ne sait pas encore tout à fait quel département du groupe intégrer, puisqu’il est entendu qu’il ne peut qu’y travailler. Une série de visites d’usines lui ont été organisées pour juillet, et il n’y coupera pas. « Déjà que mon père pense que je suis au chômage parce que j’ai pris deux semaines de vacances… », sourit-il.
C’est peu dire que tout a été mis en place pour former la nouvelle génération des Arnault. « C’est un peu comme la première chasse à courre du Dauphin sous la royauté, l’échec est impossible, remarque un cadre maison. Il y a des cavaliers à droite et à gauche, le piqueux et les chiens qui rabattent le cerf vers lui, et pour finir, le Dauphin pose pour la postérité avec le tableau de chasse. »
Les Leclerc :
Son combat, il le mène tout autant sur le terrain que devant les tribunaux. Il totalisera quatre mille procès au cours de sa vie, essentiellement contre des entreprises qui refusent de lui vendre leurs produits. Il en gagne, il en perd, peu importe. Sa devise : « Marche ou crève. » « Mon père se sentait mal aimé par ses parents, il avait un grand besoin de reconnaissance, analyse son fils. C’était un homme blessé qui avait besoin de bouger dans tous les sens pour se faire remarquer. »
Pendant près de vingt ans, le père et le fils travaillent ensemble. En public, ils sont toujours sur la même ligne. En privé, les relations sont beaucoup plus compliquées. « Avec lui, c’était je t’aime, moi non plus, se souvient « MEL ». Il était content de nos victoires, mais il aurait voulu les remporter seul. Fier que j’aie le même côté canaille que lui, mais sans jamais le dire. » Le père a vite compris que la gourmandise du fils pour les micros et les caméras allait le pousser à la retraite. « Au début, j’étais son remplaçant. A un moment donné, par effet de caste, les ministres et les journalistes ont préféré me parler à moi qui suis universitaire, raconte le fils. Mon père ne l’a pas bien pris. Ça lui a fait tout drôle aussi que je prenne son nom, il disait que je voulais le lui voler ! » Le nom, encore et toujours ! Que de disputes, d’incompréhensions et de souffrances autour d’un nom et de prénoms pourtant si communs…
Journalistes : Marino et Heu?reka
Co-auteur : Arnaud Gantier (Stupid Economics)
Réalisation : Valentin Levetti
Montage : Ace Modey
Production : Stup.media
Son : Baptiste Veilhan
Graphisme : Morgane Sabouret
Directeur des programmes : Mathias Enthoven
Rédaction en chef : Soumaya Benaïssa
Directeur de la publication : Denis Robert